Dossier : Serge Brussolo / Un écrivain au fil du temps

Auteur de plus d’une centaine de romans, vieux routard de la littérature interlope à l’imagination démoniaque, Serge Brussolo occupe une place très particulière dans le champ littéraire français. Si vous avez peut-être lu sa série de littérature jeunesse, Peggy Sue, avez-vous déjà regardé sa production antérieure ? Brussolo est-il un écrivain prolixe ou prolifique ? 

Son œuvre décapante compte plus d’une centaine de titres. Un rapide coup d’œil à sa production littéraire suffit à faire éclater la traditionnelle classification en genre : fiction historique, thriller d’anticipation, space opera,  policier, roman d’horreur, littérature jeunesse…il est difficile de trouver une catégorie marginale, un sous-genre obscur, que Brussolo n’aurait pas exploré. D’aucuns diront que le seul exercice auquel il ne se soit pas plié est celui de la littérature. Pourtant, si l’on observe de plus près sa production , on pourrait remarquer qu’elle se structure toujours autour des mêmes obsessions. C’est donc à travers elles que je compte vous faire (re)découvrir l’univers fort peu recommandable de Brussolo.

L’amour de la marge

Si on ne devait retenir qu’une seule caractéristique des innombrables romans de Brussolo, ce serait une fascination pour l’étrange et le pathologique. Quel que soit le genre dans lequel il officie, le personnage central sera systématiquement frappé d’anathème et mis à l’index de la société. Parfois, ce choix de la bordure contre la norme est volontaire, voire même déterminant. Cependant, dans certains cas, c’est une posture forcée. Pour prendre un exemple extrême, l’un des avatars du héros chez Brussolo est Conan Lord, un aviateur défiguré contraint à cambrioler pour subvenir à ses besoins.

Pour autant, si on devait définir une topique du personnage, on pourrait proposer la figure suivante : David Sarella, jeune thésard en histoire travaillant sur un sujet oublié, bien souvent forcé à accepter un emploi pour gagner un peu d’argent, généralement une tâche monotone et propice à l’exclusion sociale. A cela, il faut ajouter des relations conflictuelles avec son entourage, des histoires d’amours inachevées, une tendance naturelle à la paranoïa doublée d’un courage hors-norme et d’un don pour la rêverie.  Or dans bien des récits de Brussolo, c’est justement cet attrait pour l’imagination qui entraîne peu à peu le personnage au bord de la société. De façon schématique, une imagination débridée est le premier pas vers la folie dans les romans de Brussolo.

Par ailleurs, la marge ne se manifeste pas uniquement à travers le milieu socio-culturel du personnage brussolien  mais se rapporte également dans les cercles dans lesquels évolue le personnage.  En somme, le héros marginalisé fréquente des groupes eux-mêmes marginalisés. De cette façon, les tentatives de socialisation du personnage le font pénétrer dans d’inquiétants microcosmes. Ces sociétés en vase clos permettent à Brussolo d’étudier les rapports de domination entre individus ainsi que de désigner les symboles de pouvoir. Bien souvent, ces micro-sociétés sont religieuses, s’apparentant parfois à des sectes mais il peut également s’agir d’un lieu confiné ne pouvant interagir avec le monde extérieur.  Il ne faut pas pour autant se méprendre : les analyses de Brussolo sur ces groupes restreints détachés de la société ne peuvent en aucun cas prétendre à une quelconque pertinence sociologique, l’intérêt de ses ouvrages est ailleurs.

L’esthétique du Grand-Guignol

Si la marge est le thème récurrent par excellence des romans de Brussolo, le Grand-Guignol est la principale composante stylistique de ses romans.  Les détails macabres parsèment ses romans de manière si intensive qu’on peut soupçonner l’auteur d’en faire un usage parodique. Le ton volontairement cynique, parfois même badin, contraste avec l’extrême violence des situations et provoque un effet comique, proche de l’humour noir. L’une des meilleures illustrations de ce principe serait la première phrase de La Fille de la nuit :

« Certaines personnes ont un trou de mémoire…un trou dans leur emploi du temps…elle, elle avait tout cela à la fois puisqu’elle avait un trou dans la tête. »

Par ailleurs, l’un de ses romans, Les écorcheurs, fait directement référence au théâtre du  Grand-Guignol et, dans un renversement grotesque, les acteurs de ce théâtre ont réellement étripé, mutilé et torturé des gens sur scène en faisant passer ces crimes pour une représentation particulièrement réaliste. Il semblerait que la multiplication de situations mortifères et d’intrigues sanglantes soient un prétexte sur lequel se greffe l’imagination délirante de Brussolo. Par exemple, voici le motif récurrent de L’enfer, c’est à quel étage ? roman dont le titre nous aiguillonne déjà sur la piste de la surenchèr.

Traditionnellement, l’appât du gain justifie toutes les exactions des personnages de Brussolo et leur permet toutes les excentricités. Notez également la situation particulièrement grotesque dans laquelle se retrouve l’héroïne de L’homme sur la banquise .

Le folklore traditionnel et certaines mythologies orientales servent de point d’appui à Brussolo pour déployer les ressorts de son imagination. Les artefacts perdus, les histoires racontées au coin du feu et les croyances ancestrales de population reculées sont souvent exploitées afin d’en faire ressortir la part la plus sombre et la plus violente. Les mythes apportent un semblant d’authenticité au récit, un pseudo contexte historique qui tend à amplifier l’horreur du récit. Par exemple, si Brussolo développe une intrigue se déroulant dans l’Antiquité, elle prendra nécessairement place sous le règne d’un empereur romain décadent torturant les chrétiens. De même, le Moyen-Âge est systématiquement décrit comme une ère obscurantiste où les superstitions se mêlent au christianisme dans un syncrétisme douteux. Evidemment, autant dire que ses romans n’ont pas la moindre valeur historique et perpétuent sans cesse des clichés. Mais la fin justifie les moyens. Brussolo n’est pas historien, il est romancier et cherche à susciter la terreur et la pitié en utilisant tous les artifices imaginables.

Pour clore ces réflexions éparses sur l’usage immodéré du gore, on pourrait justifier son emploi de plusieurs manières. Tout d’abord parce que c’est un moyen très efficace pour retenir l’attention du lecteur. Rien de telle qu’une mutilation du héros pour le mettre en éveil et le faire tourner les pages de manière fébrile. L’abondance d’hémoglobine peut aussi être envisagée comme un ressort du comique, ce qui ferait basculer certains des romans les plus macabres de Brussolo dans la parodie. Ici, je pense notamment à la série en deux volumes des Croix de Sang où nous suivons les aventures malheureuses d’un infirmier de guerre sur une planète lointaine et dangereuse.  Cependant, lorsque l’horreur est distillée de manière plus subtile, ce qui est le cas dans la majorité des romans de Brussolo, elle provoque un sentiment d’angoisse, parfois redoutablement efficace.

L’inquiétante étrangeté

L’esthétique macabre de ses récits permet de créer un climat délétère dans lequel le personnage principal doit se frayer un chemin. Tous les moyens sont bons pour susciter la terreur. L’inquiétante étrangeté qui se dégage de son univers romanesque se traduit par une défiguration du quotidien. Par exemple, l’action de Ceux qui dorment en ces murs se déroule dans un Brésil fantasmé, faisant écho à une vision grossière de l’Amérique du Sud. Les rapports de domination semblent bien exploités mais l’intrigue bascule assez rapidement dans un capharnaüm d’images grotesques. De même, pour prendre un roman plus réussi, Les chiens de minuit nous plonge au cœur de la jungle urbaine et met en lumière la dangerosité du sentiment d’appartenance à un gang. Or cette situation n’est pas sans rappeler certaines tensions sociales inhérentes aux grandes villes. Voir dans les romans de Brussolo une dégradation soudaine d’un univers familier provoque un sentiment de malaise, qui peut se prolonger jusqu’à l’angoisse, cette sensation diffuse d’étranglement.

Pour accréditer davantage cette présence d’une inquiétante étrangeté, on peut remarquer que les romans historiques de Brussolo comportent très souvent des notes à l’intention du lecteur signalant l’authenticité de certaines anecdotes du récit. Ce paratexte contribue à forger un effet de réel qui tend à bousculer la sérénité du lecteur. Ce principe est parfois renforcé par l’avertissement de l’auteur qui semble se prémunir d’éventuelles ressemblances avec le réel, tout en adoptant un ton goguenard et malicieux.

Par ailleurs, les héros de Brussolo ne méritent jamais ce qualificatif. Ils sont souvent entraînés malgré eux dans un conflit qui les dépassent. Ils sont passifs face à l’évènement et réagissent toujours de manière très humaine – trop humaine. Comme n’importe lequel d’entre nous en situation de crise, ils sont terrifiés et semblent souvent dépassés par ce qui arrive. Évidemment, il est difficile de généraliser sur plus d’une centaine de livres, et Peggy Meetchum se comporte véritablement en héroïne, mais cette caractéristique renforce cette impression de vulnérabilité du personnage principal. Les romans de Serge Brussolo sont un miroir déformant de notre propre quotidien. Par anamorphose, ils nous font basculer dans un univers violent et dégradé, qui n’est pourtant pas si étranger du nôtre. Dans le monde romanesque de Serge Brussolo, tout peut arriver et personne n’est en sécurité, pas même le personnage que vous suivez depuis 300 pages.

Répétition ou réécriture ?

Si tout peut arriver dans un roman de Brussolo, il faut tout de même reconnaître que certains scénarios sont plus prévisibles que d’autres. L’imagination de Brussolo est certes délirante, elle n’est pas sans limite. Lorsqu’on écrit plus d’une centaine de livres, il est évident que les mêmes ficelles se répètent encore et encore. Certaines facilités oscillent entre le clin d’œil un peu lourd et la redite grossière. Pour s’en rendre compte, il suffit de regarder l’emploi des noms propres chez Brussolo. Pas moins d’une trentaine de ses héros se nomment David Sarella et partagent les mêmes caractéristiques alors même qu’ils ne sont pas identiques. Lorsque Brussolo veut évoquer un lieu mystérieux, il portera toujours le nom d’Almoha, et c’est une constante qui dure depuis son premier roman. Que ce soit une île battue par les flots, une oasis perdue, un monde inconnu, le nom reste le même. En revanche, si c’est une ville coloniale perdue dans l’Amazone, elle aura pour toponyme San-Carmino. De même, l’héroïne a fréquemment Peggy pour prénom, et son nom hésite entre Meetchum ou Sue. Même les personnages secondaires ne sont pas épargnés par ce fléau patronymique et Candarec joue souvent le même rôle. Pis encore, c’est parfois les intrigues qui se font directement échos. Pour reprendre un exemple bien connu, toute sa série jeunesse Peggy Sue n’est qu’une version édulcorée de ses romans pour adultes. De même, Brussolo glisse dans ses romans de nombreuses allusions à ses œuvres antérieures, que ce soit à travers des personnages récurrents ou des figures mythiques de ses romans, comme le mystérieux Docteur Squelette.

Pourtant, cette répétition permanente de certains motifs permet d’instaurer un rapport de familiarité inédit avec son lecteur. Une sorte de jeu se met en place et l’on se surprend à jouer au chat et à la souris avec l’auteur. Il ne s’agit plus de se laisser surprendre par une intrigue convenue mais de déchiffrer la mécanique du livre avant son dénouement. A ce titre, quelques ouvrages sont fascinants puisqu’ils tiennent plus du collage et à la juxtaposition de thèmes brussoliens plutôt qu’à une création originale. Le lecteur se fait donc enquêteur en reconstituant l’histoire à partir d’indices textuels.

L’univers de Serge Brussolo est foisonnant, insolite, avec parfois des idées incongrues et étranges, mais c’est ce qui fait le charme de l’auteur. D’un roman à l’autre, certaines de ses idées sont abordées de manière différente.

Qu’il s’agisse de récupérer un trésor dans une pyramide truffée de pièges et de faux-semblant, qui plus est enfouie dans les sables mouvants ; de percer à jour le secret d’un chevalier qui ne quitte jamais son armure sans céder aux superstitions locales ; de déjouer le mystère d’un faux pèlerinage et de puissances « démoniaques »… Brussolo ne lâche jamais son lecteur qu’il tient en haleine d’un bout à l’autre. « Pèlerins des ténèbres », « Le labyrinthe de Pharaon », « La Captive de l’hiver » : autant de titres qui semblent avoir été écrits pour des insomniaques chroniques.

Impossible ici d’évoquer chacun des fleurons d’une production pléthorique, dans laquelle la qualité est toujours au rendez-vous. Il existe cependant des Brussolo « mineurs », des Brusssolo paresseux, dans lesquels l’intrigue se déroule sans accrocs, sans surprises. Mais même ceux-là témoignent d’un tel savoir-faire qu’ils dépassent de plusieurs coudées la plupart des thrillers basiques : on y décèle malgré tout la griffe inimitable du maître.

Les thrillers de Brussolo, qu’ils fussent historiques ou contemporains, peuvent selon moi, se diviser en deux catégories : ceux dont l’intrigue rebondit pratiquement à chaque page (« Le labyrinthe de pharaon », « La main froide », « La fille de la nuit » par exemple) et ceux où l’atmosphère prévaut. Souvent oppressante, anxiogène. Si l’action finit quand même par avoir le dernier mot, les réflexions et hypothèses des héros et des héroïnes, leurs découvertes progressives y sont prédominantes. Là, Brussolo peut donner totalement libre cours à son imaginaire débridé. C’est le cas de « Armés et dangereux », « Le murmure des loups »  « Dortoir interdit ».Des romans fascinants à plus d’un titre, qui suscitent chez leurs lecteurs une irrémédiable addiction.

 

Les Amants de la rivière rouge (24 janvier 2019) de Marie-France DESMARAY

Un matin d’octobre 1921, Louis, quinze ans, quitte sa Vendée natale le coeur lourd… et le ventre rond. La jeune fille-mère se réfugie en Charente, où elle est accueillie par des Vendéens du bocage établis sur ces terres. En échange de l’entretien de leur maison, elle trouve chez eux la douceur d’un foyer pour élever sa petite Rose.

Chronique : Condensé de cette œuvre de génie : Traité avec justesse, l’ouvrage est d’une qualité littéraire remarquable. Marie-France DESMARAY nous livre ici un condensé d’émotion et de tendresse avec le lien indéfectible entre sa terre adoptive et le nouveau monde. C’est un peut notre Outlader francais, dans un esprit de rédemption, Louise va déployer tout son savoir-faire avec l’énergie qu’il lui reste pour ce voyage Marie-France DESMARAY raconte une histoire simple, banale, qui pourrait concerner n’importe lequel d’entre nous, ce qui fait qu’on s’y identifie facilement avec un sentiment d’abandon, maltraitance et culpabilité sont les thèmes abordés qui portent en nous l’immense présence d’un être fort qui nous a appris la vie et nous transmet des valeurs et que l’on croyait invincible où le lecteur se replonge quelques décennies en arrière. Des moments beaux et touchants, un amour et une complicité, l’histoire d’une complicité intergénérationnelle.  Un très beau moment de lecture..

Note : 9,5/10

 

  • Broché: 640 pages
  • Editeur : Presses de la Cité (24 janvier 2019)
  • Collection : Terres de France
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2258152674

41JeJFAcnlL._SX309_BO1,204,203,200_.jpg

 

La Troisième Hemingway (24 janvier 2019) de Paula MCLAIN

Fin 1936. La jeune romancière Martha Gellhorn a vingt-sept ans mais déjà une solide réputation de globe-trotteuse. De neuf ans son aîné, Ernest Hemingway est en passe de devenir le monstre sacré de la littérature américaine. Elle est célibataire mais connaît les hommes, il en est à son deuxième mariage. Entre eux, la complicité est d’abord intellectuelle. Mais la guerre a le pouvoir d’attiser les passions… Du New York bohème à l’Espagne ravagée par le franquisme, les amis deviennent amants. Et les voilà repartis sur les routes, entre l’Amérique, l’Europe et Cuba.

Chronique :La Troisième Hemingway  est exactement le genre de fiction historique dans laquelle les personnages et  l’écriture sont impeccable et  l’histoire d’amour tumultueuse entre Martha Gellhorn et Ernest Hemingway est très bien écrite.Martha Gellhorn, journaliste et correspondante de guerre primée arrêtée pour s’être rendue « sur le terrain » dans des endroits où elle n’était pas autorisée, est à la fois fascinante et inspirante pour moi. Ce qui se passe dans son mariage et ce qui en résulte m’a stupéfait. Gellhorn et Hemingway se font concurrence pour les emplois, se disputant l’attention et l’acceptation. À ce stade, la vie d’Hemingway devient de plus en plus détendue et instable. L’amour et l’obsession entre Martha et Ernest étaient palpables et électrisants, et comme c’est le cas avec beaucoup de mariages et d’aventures, parfois du plus grand des hauts, le plus grand des bas se trouve à la fin. Cette Histoire est raconté du point de vue de Gellhorn. Vous la suivez depuis ses racines de Saint-Louis jusqu’en Espagne, en Finlande, en Tchécoslovaquie, à Paris, etc…sur fond de guerre. Contrairement aux deux précédentes épouses d’Hemingway, elle ne fait pas de fausses promesses sur lui. Gellhorn a le cran de conserver et de se battre pour son sens de soi et de poursuivre son travail indépendamment du grand homme. Ce n’est pas facile et la plupart du temps, c’est douloureux. Un beau roman à découvrir.

Note : 9,5/10

 

  • Broché: 480 pages
  • Editeur : Presses de la Cité (24 janvier 2019)
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2258152666

41GSUa29JrL._SX309_BO1,204,203,200_.jpg

 

Le Zéro et le Un (24 janvier 2019) de Ryan RUBY

Owen, jeune boursier timide et solitaire, détonne à Oxford, parmi les étudiants bien nés qui en peuplent les couloirs séculaires. Lors d’un tutorat de philosophie, il fait la connaissance d’un autre outsider : Zach, riche, charismatique, américain. Zach prend Owen sous son aile et l’entraîne dans des expériences dont le jeune Anglais n’avait eu connaissance que par les livres – la première d’entre toutes, l’amour. Avec Claire et Victoria, ils forment un quatuor inséparable.

Chronique :C’est une histoire très profonde. Puissant, étrange, bizarre et totalement addictif. C’est comme entrer dans des endroits auxquels vous n’osez même pas penser consciemment, mais lire ce livre le rend acceptable parce que c’est quelqu’un d’autre.
Le meilleur ami d’Owen s’était suicidé, ce qui n’était pas une surprise pour lui, car il était censé faire la même chose. Un pacte qu’il n’avait pas respecté. Maintenant, il était en route pour les Etats-Unis et ses funérailles.
L’histoire danse entre les lignes du temps et les personnages révélant l’innocence perdue, la jalousie et la manipulation ultime. Ce qui contrôle littéralement les contraires, l’amour et l’abstinence, la vie et la mort. Zach est un type riche et confiant qui se lie d’amitié avec Owen le solitaire à l’université. Zach repousse des limites auxquelles Owen ne penserait même pas normalement. L’histoire est beaucoup plus profonde que l’amitié entre eux deux. Plus j’avançais dans l’histoire, plus je comprenais Zach.
Zach était un personnage à double tranchant avec un passé sombre qui se révèle. L’histoire est devenue de plus en plus fascinante et choquante au cours du dernier trimestre. C’est de la poudre aux yeux, c’est le moins qu’on puisse dire. Complexe au départ, mais tout cela a un sens en fin de compte.
Un premier roman audacieux que l’on aime ou que l’on déteste, qui s’oppose à nouveau complètement. Je suis du côté de l’amour, une histoire merveilleusement brillante.

Note : 9,5/10

 

  • Broché: 304 pages
  • Editeur : Presses de la Cité (24 janvier 2019)
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2258147670

41jF3kzN0hL._SX310_BO1,204,203,200_.jpg

 

Le Facteur humain (24 janvier 2019) de Graham GREENE

Une fuite est découverte dans un sous-département des services secrets britanniques, entraînant une opération de contrôle. Dans l’atmosphère lourde de suspicion qui en découle, les personnages sortent peu à peu de l’ombre… Graham Greene retourne ici à ce monde du renseignement qu’il a bien connu et pour lequel il a gardé une fascination ironique. Mais l’espionnage et ses péripéties illustrent aussi de façon aiguë et parfois tragique que la rigidité obtuse des raisons d’État est trop souvent oublieuse du facteur humain.

Chronique : Le facteur humain est un livre d’espionnage, ou plutôt de contre-espionnage, je ne suis pas du tout un expert du genre, au contraire c’est juste un genre qui ne me convient généralement pas, mais ne dis jamais jamais et en fait….
Il y a Maurice Castle, le protagoniste, qui travaille pour les services secrets britanniques, sa section s’occupe de l’Afrique, a vécu pendant de nombreuses années en Afrique du Sud (qui est peut-être le pays le moins africain de tout le continent) et connaît en profondeur la dynamique politique et le secret, mais là-bas dans cet extrême sud, Castle a eu quelques problèmes….
Tomber amoureux, c’est un problème ?
Je n’appellerais pas ça des ennuis.
Une fille africaine. Un bantou, comme disent les Afrikaners sans distinction. Vous aviez violé leurs lois raciales.
Il est tombé amoureux d’une collègue noire, qui pour des raisons politiques est en danger, Castle l’aide à s’échapper de son pays, puis l’emmène en Angleterre et l’épouse.
À un moment donné dans la section londonienne où travaille Castle émerge une dangereuse fuite d’informations, qui a pour tâche de vérifier où se trouve la fuite, qui est le traître pour mener le sale double jeu.
Tout au long du roman, les rebondissements sont rares, il n’y a pas de lames de stylo-fontaine, pas de pistolets en or, pas de rostre qui monte des jantes scintillantes de Ferrari tirées à grande vitesse, bref, oubliez James Bond.
C’est presque un contre-espionnage de chambre (dans le style parfait de Greene) très discrètement britannique, des agents secrets presque des bureaucrates de bureau qui traduisent ou chiffrent des télégrammes codés, ou qui utilisent War and Peace comme chiffre pour écrire un rapport secret, et pourtant l’inspiration de Greene réussit à créer une tension d’accumulation sous la surface des événements répétés, nous fait percevoir comme un paladin franc le dilemme de l’homme conscient de trahisons mais pour une raison très noble, celui qui est au fait d’une trahison, d’un traître, et ce qui est pour une bonne et honnête raison.
La vie de l’agent secret qui fait du contre-espionnage est mauvaise, il veille toujours sur ses épaules, il n’a pas le droit, ne serait-ce qu’un instant, d’imposer le secret, immergé dans la solitude de ce qu’il sait et ne peut partager, avec personne.
Un professionnel chargé d’un péché vieux comme le monde : la trahison qui devient son modus vivendi, est même payée pour trahir et perpétuer la trahison, mais ceux qui trahissent méritent d’être éliminés sans même passer par un processus, sans agitation ni publicité ne doivent que disparaître, ne jamais avoir existé.
Enfin, le beau titre que le facteur humain se glisse dans les événements et les démêle comme la neige au soleil, la composante humaine qui fait une différence dans les choses.

Note : 9,5/10

 

  • Poche: 400 pages
  • Editeur : Robert Laffont (24 janvier 2019)
  • Collection : Pavillons poche
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2221145615

41UbJVhsUwL._SX333_BO1,204,203,200_.jpg

 

Mauvais œil (23 janvier 2019) de Marie Van Moere

Antonia Mattéi vit recluse depuis la mort de son mari, une figure du milieu corse. Sans argent, elle élève ses deux fils, Joseph et Ours-Pierre. Un matin d’été, les garçons partent à la chasse et la tragédie recommence.

Chronique : Marie Van Moere  nous propose ici une virée en Corse, l’auteur rend hommage à la beauté des paysages et ne cache rien de la complexité des relations humaines et des renvois d’ascenseur.
Le lecteur va cherché durant toute sa lecture la solution à l’énigme qui va échafaudé mille et unes hypothèses que Van Moere s’est empressé de démonter aussi tôt. Quand vous avez l’impression de tenir la solution, c’est à ce moment là que l’auteur fait une remarque qui vient contredire ce que vous pensiez la minute d’avant. Au final, on ne  trouve pas et on est bluffé. Même si il est impossible de trouver la solution avant la révélation finale, la recherche et la réflexion sont au moins aussi importantes que la solution. Encore un très bon cru de cette auteur qui arrive encore une fois à nous faire balader d’un bout à l’autre de son histoire. La série Equinox nous offre des livre de grand cru et de trés belle qualité et ce livre ne dérange en rien ses qualités.

Note : 9,5/10

 

  • Broché: 420 pages
  • Editeur : Les Arènes (23 janvier 2019)
  • Collection : AR.HORS COLLECT
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2711200132

51S4ChHoFfL.jpg

 

Voro (Tome 1) – Le secret des trois rois – première partie (23 janvier 2019) de Janne Kukkonen

Suivez les aventures de la plus téméraire des voleuses de la guilde ! Lilya est une jeune fille que son protecteur et ami, le vieux Seamus, a introduite dans la Guilde des voleurs. Mais le maître des voleurs ne l’apprécie point, jugeant qu’elle n’est bonne qu’à faire le ménage ou entrer au bordel…

Chronique : Janne Kukkonen est éducatrice à l’Académie des arts de Turku. Elle travaille avec de l’animation, des courts métrages et des vidéoclips. L’aventure fantastique « Voro » est sa première BD, ce qui peut paraître un peu difficile à croire au début, une publication mûre et de grande qualité. Visuellement, l’histoire est vraiment réussie.

La bande dessinée retrace les aventures de Lilya dans le monde fantastique médiéval en rêvant de devenir membre de voleurs. Kukkonen  mélange son histoire avec les matériaux  d’une épopée fantastique classique tirée à la fois de la mythologie nordique et d’histoires de type du Roi arthur ou Game of Thrones. Il existe également une tâche traditionnelle consistant à collecter des objets dans les deux sens, ce qui s’avère très dangereux non seulement pour Lily, mais également pour le monde entier. Dans toute sa simplicité, le dessin de Kukkonen est agréable et les couleurs fonctionnent bien. Le transport d’une histoire divisée en chapitres est simple mais fonctionnel.

Le point de focalisation de Voro est un peu de réflexion. Dans toute sa simplicité, le comique pourrait bien convenir aux jeunes lecteurs, mais le dialogue a été écrit avec un langage cru et  plutôt frénétique et des images assez sanglantes tirées dans les scènes de bataille. On à déjà hâte de lire le tome 2 mais ce tome 1 est une vrai bonne surprise.

Note : 9,5/10

Extrait :

61qxuuolsbl71tdokc9mxl71gpt44ocpl61mzip2if1l61cynhmjafl

 

  • Album: 96 pages
  • Editeur : CASTERMAN (23 janvier 2019)
  • Collection : ALBUMS
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2203161701

51ijejjdygl._sy346_