Test Blu-ray: Zombie – Dawn of the Dead (24 Mai 2019) de George A. Romero (Coffret 4 Brd 40ème Anniversaire)

Des morts-vivants assoiffés de sang ont envahi la Terre et se nourrissent de ses habitants. Un groupe de survivants se réfugie dans un centre commercial abandonné. Alors que la vie s’organise à l’intérieur, la situation empire à l’extérieur…

Chronique : Nous sommes en présence de ce qui est sans aucun doute le meilleur film de zombies jamais tourné. Et pourtant, lors de ces 35 dernières années, de nombreux films de cadavres ont vu le jour. Mais aucun n’aura réussi à égaler le «Zombie» de George Andrew Romero. En plus d’être un classique du cinéma et un sommet du gore, ce film est aussi un violent pamphlet social dont le thème central est une sévère critique de la société de consommation. Ce n’est pas un hasard si cette histoire se passe dans un centre commercial. Dans ce quasi huis-clos, les personnages tentent de s’échapper d’une grande surface assiégée par toute une armée de zombie. Tout en organisant leur survie, les protagonistes n’hésitent pas à piller les rayons du magasin. L’attroupement des zombies près des portes vitrés rappelant la cohue qui s’entasse lors des soldes. Mais ce film contient d’autres thèmes, comme le racisme par exemple. Ici, le personnage salvateur est un homme de couleur, comme dans «La nuit des morts-vivants». Le féminisme est aussi abordé à l’image de cette femme qui est d’abord rejetée par les trois hommes mais qui se rebelle en demandant d’être tenue au courant de toutes les initiatives qui va acquérir une plus grande responsabilité. Et enfin, Romero aborde le thème du chaos qui intervient lorsque la bande de pillards déboule et met tout en dessus dessous et qu’une guerre s’engage entre ces voyous et les survivants. Romero pose la question suivante: le monde est-il plus dangereux lorsqu’il est infesté de zombies ou lorsqu’il est infesté de petits bandits qui saccagent tout? Les films de Romero ne sont pas comme les autres, on le sait et possèdent un contenu intelligent et concret. Un immanquable.

Note : 10/10

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Note: N’ayant eu que le Blu-ray 1 : La version Européenne la chronique ne sera que sur le disque 1.

Vidéo : Voici la version européenne, 119 minutes, nouveau master haute définition 2019 à partir d’un nouveau scanne 4k réalisé une restauration complète du film révolutionnaire à partir du meilleur interpositif 35mm disponible et a numérisé ces éléments en résolution 4K. Malheureusement, ce classique culte bien-aimé et très influent nous est présenté en SDR, et non en HDR10, ce qui est quelque peu décevant, laissant les fans à se demander si de meilleurs reflets et une meilleure luminosité changeraient radicalement l’expérience visuelle. Néanmoins, pris en l’état, les résultats offrent une mise à jour étonnamment bonne par rapport à son homologue Blu-ray, offrant diverses améliorations qui en font le meilleur que le film ait jamais regardé sur vidéo amateur. Bien sûr, à partir d’une pellicule 35mm bon marché développée en 16mm pour le montage et ensuite agrandie à nouveau en 35mm pour les tirages en salles, la source ne donnera pas le type de résultats qui convaincra le plus. Mais pour ceux qui sont familiers avec le chef-d’œuvre des zombies, il y a beaucoup d’améliorations appréciables pour faire de ce paquet un achat intéressant.

Présenté dans son format original de 1,85:1, le transfert est très détaillé, exposant chaque recoin du centre commercial. Certes, la version européenne d’Argento s’accompagne de moments doux et flous, ce que l’on peut attendre d’une source vintage et d’une petite production comme celle-ci. Pourtant, les fans peuvent mieux voir les coutures et les plis décolorés des vestes en cuir usées des cyclistes, la texture du tissu des meubles qui décorent les quartiers d’habitation des survivants est plus perceptible, et le maquillage gore de Tom Savini est plus éclatant et plus sanguinaire.

En fait, la plus grande amélioration de cette présentation 4K est la palette de couleurs globale, fournissant à l’image entière un peu plus d’énergie et de pop dans les primaires. Tandis que les vivants ont un teint rose et sain partout, les zombies apparaissent d’un bleu plus pâle qu’auparavant. Le contraste est plus vif avec des blancs plus nets et plus intenses, mais les niveaux restent stables et constants tandis que l’image semble encore un peu plus décolorée que la coupe originale de Romero, ce qui pourrait suggérer que le timing des couleurs a légèrement changé. Les Noirs sont également plus foncés et plus vrais, mais pas à un niveau où ils peuvent jaillir. En fin de compte, cependant, c’est une amélioration que les fans remarqueront, et avec une fine couche de grain, il donne à l’image une belle qualité filmogène.

Audio : En plus d’une longue liste de caractéristiques positives du forfait, quatre options d’écoute sont également offertes aux propriétaires : deux en italien et deux en anglais.

A titre de comparaison, j’ai d’abord essayé le nouveau mix surround, qui s’anime instantanément avec la musique étrangement éthérée de Goblin qui remplit toute la scène sonore et s’étend sur les côtés. C’est à lui seul une énorme amélioration par rapport à la piste PCM 5.1 non compressée entendue lors de la sortie Blu-ray anglais d’Anchor Bay en 2007. Cependant, cette version n’est pas sans quelques inconvénients, en particulier avec les voix qui arrivent à un volume inhabituellement bas, ce qui rend parfois difficile l’écoute des conversations. Pendant ce temps, de nombreux effets sont sensiblement plus forts et parfois accablants, non seulement parce qu’ils sont artificiels et forcés, mais aussi parce qu’ils dépassent leurs capacités. Cela donne malheureusement un médium plat et uniforme qui manque beaucoup de fidélité et de chaleur.

Le mixage mono 2.0 est l’option d’écoute supérieure car il est plus proche de l’enregistrement audio original, qui a également été remastérisé à partir des mêmes éléments que pour la vidéo. Immédiatement, la reproduction des dialogues est grandement améliorée et très prioritaire, ce qui permet aux fans de mieux profiter du va-et-vient constant entre les personnages. Les médiums sont plus pleins et beaucoup plus dynamiques, avec une clarté et une séparation remarquables dans les hautes fréquences, tout en conservant une excellente distinction de l’activité d’arrière-plan pendant les séquences d’action. Le film n’a jamais vraiment eu beaucoup de bas de gamme à parler, mais il y a quelques basses appréciables à apprécier, donnant au classique culte des zombies un meilleur sens de l’espace et de la présence.

Bonus : Blu-ray 1 (Version Européenne) :

  • Présentation du film par Dario Argento : Argento fait l’éloge du film et de sa restauration.
  • Commentaire audio du directeur de la photographie Michael Gornick, Tom Dubensky (assistant caméraman) et Lee Karr (historien du cinéma et auteur) produit et réalisé par Jim Cirronella
  • Entretien autour du film avec Dario Argento (20′) Le légendaire maestro de l’horreur italien Dario Argento qui évoque Romero, comment il a participé à la production et sa contribution à ce classique culte du marché européen, en expliquant les raisons de ces changements.
  • George A. Romero, l’homme aux Zombies par Julien Sévéon (27′)
  • Discussion publique entre Bertrand Bonello et Jean-François Rauger à la Cinémathèque Française (60′)
  • Entretien avec Dario Argento, Claudio Argento, Alfredo Cuomo, Claudio Simonetti… (30′) Une série d’ interviews qui parle de leurs carrières et de leurs  implication dans cette production ainsi que de leurs  amour du film et partage leurs réflexions sur les thèmes de l’intrigue.

Contenu additionnel

Blu-ray 1 (Version Européenne) :
Présentation du film par Dario Argento
Commentaire audio du directeur de la photographie Michael Gornick, Tom Dubensky (assistant caméraman) et Lee Karr (historien du cinéma et auteur) produit et réalisé par Jim Cirronella
Entretien autour du film avec Dario Argento (20′)
George A. Romero, l’homme aux Zombies par Julien Sévéon (27′)
Discussion publique entre Bertrand Bonello et Jean-François Rauger à la Cinémathèque Française (60′)
Entretien avec Dario Argento, Claudio Argento, Alfredo Cuomo, Claudio Simonetti… (30′)Blu-ray 2 (Director’s Cut US) :
Commentaire audio de George A. Romero et Tom Savini
Document sur les décors du film avec le commentaire audio de Robert Langer (13′)
Visite du centre commercial Monroeville Mall avec l’acteur Ken Foree (10′)
Documentaire : « The Dead Will Walk » de Perry Martin (2004, 75′)

Blu-ray 3 (Version Cannes) :
« Les Zombies de Romero » par Linda Tahir et Christophe Champclaux (26′)
Les effets spéciaux de Zombie décryptés par Benoit Lestang (Maquilleur effets spéciaux) (18′)
Entretien avec Jean-Pierre Putters (Fondateur et ancien rédacteur en chef du magazine Mad Movies) (18′)
Matériels promotionnels

Blu-ray 4 (Version Full Frame) :
Commentaire audio du compositeur Claudio Simonetti
Commentaire audio des 4 principaux acteurs
Documentaire : « The Definitive Document of The Dead » de Roy Frumkes (102′)
La musique de Zombie par Julien Sévéon (19′)

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Coffret Collector 40ème Anniversaire avec 4 versions du film, un livre de 152 pages et 5 tirages photo collector :
– Blu-ray 1 : Version Européenne de 120′ (montage supervisé par Dario Argento avec la BO de Goblin), dans un nouveau master restauré en 4K produit en 2019 par ESC Editions sous la supervision du directeur de la photo Michael Gornick (VF 5.1 et VOST 5.1 et 2.0 mono)
– Blu-ray 2 : Version Director’s Cut US de 127′ – nouveau master Haute définition (VOST 5.1 et 2.0 mono)
– Blu-ray 3 : Version longue présentée au Marché du Film du Festival de Cannes 1979 de 139′ (qui comprend 45 scènes en plus, 15 scènes rallongées, et 2 scènes avec des images et son différentes) – nouveau master Haute définition (VOST 5.1 et 2.0 mono)
– Blu-ray 4 : Version Européenne en Full Frame (ratio 1.33 – VF 5.1 et VOST 5.1 et 2.0 mono)
– un livre de Marc Toullec de 152 pages
– 5 tirages photos collector
  • Audio : Italien (DTS-HD 5.1), Anglais (DTS-HD 5.1), Français (DTS-HD 5.1)
  • Sous-titres : Français
  • Région : Région B/2
  • Rapport de forme : 1.85:1
  • Nombre de disques : 4
  • Studio : ESC Editions
  • Date de sortie du DVD : 24 mai 2019
  • Durée : 139 minutes

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Le grand voyage – Une nouvelle aventure d’Emmett et Cambouy de Karen Hottois et Delphine Renon | 16 mai 2019

Ce sont les vacances ! Emmett et Cambouy (enfin surtout Cambouy…) ont de grands projets : partir loin, loin, loin ! Oui, mais voilà, une fois l’heure du départ arrivée, le plus aventurier n’est pas forcément celui qu’on croyait et assez vite Cambouy se dégonfle : dormir sous la tente, loin de son lit et de ses amis, n’est finalement pas sa tasse de thé. Le voyage se termine alors plus tôt que prévu à la grande déception d’Emmett qui, lui, s’est découvert l’âme d’un voyageur.
Pour faire oublier qu’il a reculé, Cambouy propose un pique-nique au bord de l’eau où l’on se raconterait sa destination rêvée, pour voyager, mais en pensée, sans danger…
Le problème c’est que la graine du voyage s’est plantée dans la tête d’Emmett qui, petit à petit, sombre dans la mélancolie. Il voudrait tellement voir la mer…

Chronique : Un super livre sur Emmett et Cambouy qui découvrent ce qu’est le voyage  et les moments de joie. Cet album parle de l’amitié et tout ce qui va avec sous une forme assez poétique. Emmett et Cambouy sont amis, ce qui forge leur vie, leur rythme et leur façon de percevoir le monde. Les deux auteurs traitent de ce sujet avec beaucoup d’intelligence, car il ne s’agit pas d’une simple énumération de saynettes. Mais chacun des deux personnages a choisi l’autre, accepté sa personnalité et y a vu un accord. De ces différents moments partagés, se ressent une grande douceur, une belle sensibilité. Les illustrations apportent une certaine folie dans ce réalisme de situations. Les deux personnages expriment leur excentricité, ce qui construit chacun et développe la relation entre les deux. L’enfant peu s’amuser tout en lisant le récit, il construit l’illustration et comprend donc le texte afin d’apprendre les saisons et d’aborder la notion de temps ce qui fait marcher sa motricité fine. Un très bon livre qui tient toutes ses attentes.

Note : 9/10

  • Album: 56 pages
  • Tranche d’âges: 6 – 8 années
  • Editeur : Seuil jeunesse (16 mai 2019)
  • Collection : Album jeunesse
  • Langue : Français
  • ISBN-13: 979-1023511413

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Le cycle de Mithra : Intégrale des romans et des nouvelles de Rachel Tanner | 16 mai 2019

VIIIe siècle après Jésus-Christ : le culte de Mithra est devenu la religion officielle de l’Empire romain, et les autres cultes, dont celui de la petite secte chrétienne, sont férocement réprimés. Mais les mécontents s’agitent : peuples germaniques en révolte, Armoricains jaloux de leur autonomie, tribus helvètes bien décidées à interdire l’accès à leurs montagnes… À Vindossa jardin d’Éden protégé du monde extérieur Ygrène, une puissante magicienne, s’efforce de rassembler les ennemis de Rome. Il ne manque qu’une étincelle pour mettre le feu aux poudres, et elle viendra de Judith de Braffort, fille d’un noble armoricain, envoyée à Vindossa par un dieu assez mystérieux. À Rome pourtant, alors que les légions se mettent en marche pour écraser toute résistance, la vie continue, entre jeux du cirque et chasse aux hérétiques, complots politiques et menaces diverses.

Cette intégrale contient :
– L’Empreinte des dieux
– Le Glaive de Mithra
– Les Sortilèges de l’ombre
– Chronologie Glossaire Mithra et le mithriacisme

Chronique : Rome, la capitale du monde civilisé est remarquablement mise en scène, l’action de cette uchronie se situe au VIIIème siècle et réunit les protagonistes survivants de l’empreinte des dieux.
Si vous aimez l’empire romain laisser vous emporter par cette histoire où le christianisme n’est pas né et a été remplacé par le culte de Mithra
. Dans les années 1500, Judith, fille du duc Morvan de Braffort, coule une jeunesse heureuse en Armorique auprès de ses frères et de Christina, la nouvelle épouse de son père. Elle n’ignore pas qu’à Rome, l’empereur, après que l’hérésie chrétienne ait été pratiquement décimée, entend bien étendre à toutes les provinces le culte exclusif de Mithra, mais Rome est si lointaine ! Aussi, en dépit de son vif déplaisir, ne mesure-t-elle pas immédiatement les changements que va entraîner l’arrivée de Savanarol au château de son père que le prêtre, fanatique, entend bien convertir en même temps que ses gens.
En dépit de son prosélytisme, il va pourtant se heurter à un mur, même si les réticences de Morvan sont entourées de toute la diplomatie nécessaire. Ici, on respecte les dieux mais essentiellement les siens. Et ni Judith ni sa belle-mère ne sont de faibles femmes aisées à convertir. Savanarol va cependant trouver une aide inattendue en Frédérique, une cousine veuve et aigrie que le duc a recueillie ainsi que son fils. Le meurtre accidentel de ce dernier par son cousin, au cours d’une sotte dispute, va faire basculer leur vie à tous.
Pendant que Frédérique, exilée, va partir pour Rome et, forte d’une haine sans mesure encouragée par les prêtres de Mithra, va gravir rapidement tous les degrés du culte pour pouvoir assouvir sa vengeance, les fils de Morvan, par sécurité, vont également devoir s’éloigner.
Quant à Judith, en dépit du chagrin qu’elle en éprouve, elle ne pourra non plus demeurer avec les siens car elle a rencontré un dieu. Quel dieu ? Elle l’ignore mais elle n’oserait désobéir à l’ordre donné : rejoindre la magicienne Ygrene, dans son domaine de Vindossa, et en devenir l’apprentie.
Il ne neige pas à Vindossa, le temps y est toujours doux et les arbres fleuris. C’est un lieu de grand pouvoir, de ce pouvoir qu’Ygrene acceptera d’enseigner à Judith à condition qu’elle obéisse en tout et ne dérange pas son époux, l’énigmatique magicien Laran qui erre parfois avec Vinkey, un lion apprivoisé autant que magique.
Et c’est en ce lieu de pouvoir que vont se réunir les plus puissants de magiciens pour contrer le désir d’hégémonie de Rome qui est, en réalité, celui de Mithra, car même les dieux doivent respecter l’équilibre.
Judith va d’abord être chargée de rechercher l’aide d’Ogmios, le dieu guerrier, dont le pouvoir, comme celui des autres dieux, a diminué en même temps que le nombre de ses fidèles. Il lui faudra ensuite rallier Charles, comte des marches de Germanie, rebelle et proscrit après avoir essuyé une sanglante défaite à Trèves contre l’armée romaine. Et c’est lui qui viendra à son secours lorsque, trahie, elle tombera aux mains du général romain Agrippa sur le chemin du retour. Car c’est bien sur Vindossa que marche une immense armée romaine, aux ordres d’un empereur qui, sur l’instigation du grand-prêtre Eunomos, entend écraser toute résistance.
C’est donc sur ce champ de bataille, où elle va combattre aux côtés de ses frères, que se joue l’avenir des dieux… Les uchronies de Rachel Tanner sont de purs moments de délice et de délire, car on sent l’auteur extrêmement bien documentée — elle a une formation d’historienne et d’archéologue. Elle se délecte et nous régale de truculentes histoires de batailles, de conflits entre humains ou entre dieux païens, d’amour ou de sorcellerie. Des jeux du Cirque aux plaisirs des Thermes, du marché aux légumes aux bordels officiels, des catacombes au Palais impérial, nous sommes conviés à une visite guidée d’un genre particulièrement vivant. Rachel Tanner bénéficie d’une voix, d’une écriture, d’une inspiration. Il serait facile de se référer à quelque spécificité féminine, quitte à souligner, dans un a contrario supposé, le goût pour les combats, la violence des affrontements, la crudité énergique du vocabulaire, fort bien venue au moins dans les dialogues, voire le fait que lorsqu’un personnage est aussi narrateur, c’est un homme. N’empêche. À côté de la cervelle parfois répandue, des horions et des rats voraces, on découvre une immense attention aux gens. Aux femmes, aux enfants en particulier. Sans mièvrerie ni moralisme, comme en fait foi le splendide portrait des deux concubines d’un patricien. Sans misérabilisme non plus, mais avec réalisme quant à la misère et l’injustice, à la douleur et aux blessures, ou à l’exploitation, y compris sexuelle, y compris celle des enfants, ceci avec une authentique sensibilité, de celles qui font cogner fort, et droit à l’estomac. Et avec, en fait, une attention constante aux choses et aux gens, et une volonté de parler du passé non tel que le mythifient les adeptes du « bon vieux temps » mais tel qu’on peut le connaître, quitte, à partir de là, à le modifier et à le rêver, mais dans ses dégueulasseries et son humanité mêlées. Avec cette intégrale de Rachel Tanner les lecteurs auront fort envie de se le procurer. Mnemos  offre une sublime  couverture plus que réussie . A lire et relire .

Note : 9,5/10

 

  • Broché: 600 pages
  • Editeur : MNEMOS (16 mai 2019)
  • Collection : ICARES
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2354087357

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Test DVD: Les Enquêtes du Département V : Dossier 64 (8 Mai 2019) de Christoffer Boe avec Nikolaj Lie Kaas, Fares Fares

Alors que le Département V est sous tension avant le départ annoncé d’Assad, partenaire de l’inspecteur Carl Mørck, ces derniers se lancent dans une nouvelle enquête qui pourrait bien être leur dernière. Suite à la découverte de trois squelettes cachés derrière la tapisserie d’un vieil appartement, les deux enquêteurs et leur assistante Rose doivent exhumer une macabre affaire datant des années 1950 : sur la petite île de Sprogø, des femmes étaient internées et stérilisées de force sous la direction du docteur Curt Wad…

Chronique : Après trois enquêtes trépidantes au sein du département V, quel bonheur de retrouver une nouvelle fois, les inspecteurs Mørck et Assad accompagnés de Rose, leur assistante de choc. Avec “Journal 64”, les spécialistes du “Cold Case” reviennent au sein d’un thriller mâtiné de drame social particulièrement bien troussé. Le récit prend corps dans les années cinquante sur l’îlot de Sprogo en mer Baltique. Ce minuscule bout de terre, abritait à l’époque, un sinistre pensionnat de jeunes filles. De nos jours, alors que Assad s’apprête à intégrer une unité douanière pour une promotion, la tension est palpable entre les deux hommes. Carl Mørck, toujours rongé par ses démons intérieurs est de plus en plus borderline et incontrôlable. Pour ne rien arrangé, lui, le flic misanthrope détesté de presque tous, s’insinue dans une affaire sordide ne lui étant pourtant pas destinée. Durant des travaux dans un appartement, une équipe de rénovation met à jour une scène de crime particulièrement macabre datant de 2005. A partir de là, le département V va se retrouver à nouveau en première ligne pour notre plus grand plaisir. Le réalisateur Christopher Boe, d’après le roman de Jussi Adler-Olsen plonge le spectateur dans un tourbillon de suspense, d’action, de drame social, dans lequel, la fiction rencontre la réalité d’une douloureuse et pas très glorieuse page de l’histoire danoise. C’est bien écrit, c’est bien joué, on ne s’ennuie jamais, vivement “L’Effet Papillon”, la cinquième enquête du département V !!!

Note : 9/10

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Vidéo : Wild Side qui nous propose aujourd’hui de découvrir Les enquêtes du département V – Dossier 64   l’éditeur nous propose un master assez sublime : piqué, contrastes, couleurs, profondeur de champ… Tout est parfait, le rendu est irréprochable : une galette de démo de plus à ajouter au giron de l’éditeur françai

Audio :  Niveau son, Wild Side se révèle également fidèle à ses habitudes, en nous offrant deux mixages DTS-HD Master Audio 5.1, tous deux très immersifs, bien spatialisés et : enveloppants.

Bonus : On  y trouve un court bêtisier et une sélection de deux scènes coupées, qui s’accompagneront d’un court making of et un long entretien avec Nikolaj Lie Kaas et Fares Fares et un second  entretien avec Louise Vesth, productrice, qui reviendra sur les différents challenges du métrage.

 

  • Format : PAL
  • Audio : Français (Dolby Digital 5.1), Danois (Dolby Digital 2.0), Danois (DTS 5.1)
  • Sous-titres : Français
  • Région : Région 2
  • Rapport de forme : 2.35:1
  • Nombre de disques : 1
  • Studio : Wild Side Video
  • Date de sortie du DVD : 8 mai 2019
  • Durée : 113 minutes

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Test Blu-Ray : Glass (24 mai 2019) de M. Night Shyamalan avec James McAvoy, Bruce Willis

Peu de temps après les événements relatés dans Split, David Dunn – l’homme incassable – poursuit sa traque de La Bête, surnom donné à Kevin Crumb depuis qu’on le sait capable d’endosser 23 personnalités différentes. De son côté, le mystérieux homme souffrant du syndrome des os de verre Elijah Price suscite à nouveau l’intérêt des forces de l’ordre en affirmant détenir des informations capitales sur les deux hommes…

Chronique : M. Night Shyamalan’s Glass clôt la trilogie du réalisateur d’une manière plutôt attendue pour un drame sur des gens apparemment ordinaires avec des capacités spéciales et extraordinaires vivant parmi nous. Il ne s’agit pas de suggérer que le dernier épisode d’une série qui a été en pause pendant près de dix-sept ans est entièrement satisfaisant ou qu’il apaisera une base de fans fidèles qui attendaient avec impatience son achèvement depuis deux décennies. Cependant, le chapitre final et l’épreuve de force climatique qui s’ensuivra sont une conclusion adéquate à une histoire qui n’a jamais vraiment promis le genre de spectacle d’action à gros budget typique des films de super-héros à gros budget. En fait, la montée en puissance et les retombées sont parfaitement conformes aux attentes des deux films précédents, presque au point d’être même prévisibles puisque ses prédécesseurs ont eux aussi bouclé leurs intrigues respectives sur une note à la fois sobre et modérée. Comme dans les deux autres films, il ne s’agit pas de l’action, mais de personnages avec des conflits internes et externes les uns contre les autres.

Dans cette suite directe, Shyamalan reprend peu après les événements de Split les exploits de David Dunn (Bruce Willis), le protagoniste central d’Unbreakable (incassable), dont l’apparition inattendue a été la surprise habituelle du cinéaste dans cette suite 2016. Avec l’aide de son fils aujourd’hui adulte Joseph (Spencer Treat Clark), David a patrouillé les rues de Philadelphie et est devenu une légende vigilante et une sensation Internet baptisée « The Overseer ».

Malheureusement, les vingt dernières années n’ont pas été bonnes pour David. Accepter son rôle de super-héros s’est avéré être une entreprise exhaustive, peut-être parce qu’il ne se sentait pas à l’étroit dans sa poursuite de petits criminels, mais la possibilité de capturer un méchant meurtrier surnommé « La Horde » (James McAvoy) donne de la vigueur et un sens du but à ses patrouilles de nuit. Leur affrontement initial – et potentiellement explosif – où David sauve une escouade de pom-pom girls est rapidement déjoué – ou plutôt sapé – par le Dr Ellie Staple (Sarah Paulson).

C’est là que le scénario de Shyamalan prend non seulement une tournure intéressante, mettant l’aventure de notre héros dans une direction imprévue et bizarre – pour le personnage, pas pour ceux d’entre nous qui connaissent les avant-premières – mais sert aussi de métaphore plus large du thème sous-jacent de l’histoire. Après deux films qui se déroulent dans notre monde contemporain et qui fantasment des super-héros de bandes dessinées pourraient être inspirés par de vraies personnes aux capacités surhumaines, la science finira tôt ou tard par rattraper et essentiellement écraser ces notions fantasmatiques sur le préternaturel. Dans ce cas, des questions sur la santé mentale de ces personnes sont appelées à se poser, particulièrement dans le cas de Kevin Wendell Crumb de McAvoy, qui souffre de trouble dissociatif de l’identité. En découvrant que le Dr Staple a aussi traité Elijah « Mr Glass » Price de Samuel L. Jackson, dont la maladie osseuse fragile l’a en quelque sorte encouragé à devenir un narcissique égocentrique à l’intelligence surnaturelle, les doutes prennent forme et interrompent ce qui aurait pu être.

Certes, Shyamalan a indiqué une confrontation spectaculaire et à grande échelle via les machinations machiavéliques de M. Glass, mais le super-vilain hautement intellectuel de Jackson a toujours été établi comme un manipulateur hautement qualifié, l’homme derrière le rideau tirant les ficelles avec un talent pour détourner les soupçons. Et ce combat initial dans le premier acte est, en effet, autant un signe avant-coureur du dernier trimestre du film qu’un catalyseur de l’intrigue, rendant la bataille climatique moins importante que les événements qui l’ont précédé, le talent suspect du Dr Staple pour semer le doute et la signification de la surprise toujours certaine – un élément prévisible du Shyamalan. Franchement, la facilité avec laquelle les personnages luttent contre l’incertitude semble fidèle à la signification implicite du titre du film tout en rappelant l’importance de l’histoire, un personnage qui trouve sans doute sa rédemption dans cette finale. Mais c’est une conversation pour un autre jour. En l’état actuel des choses, Glass de Shyamalan est une solide conclusion à une trilogie originale et fascinante de super-héros d’un cinéaste confiant.

Note : 9/10

Vidéo : Glass fait ses débuts sur Blu-ray  avec un encodeur H.265 HEVC H.265. Le drame du super-héros a d’abord été tourné avec le système de caméra Arri Alexa, capable d’une résolution de 3,4K, mais plus tard, il a été masterisé sur un intermédiaire numérique 4K, et les résultats sont un mélange d’améliorations mineures.L’amélioration la plus notable est l’augmentation des niveaux de luminosité, ce qui permet d’obtenir des noirs nettement plus riches et plus incrustés partout. Bien sûr, cela donne aussi une qualité d’image plus sombre où les ombres les plus profondes et les plus soyeuses ont tendance à engloutir les détails les plus fins dans les intérieurs d’action mal éclairés au début. Les séquences de lumière du jour sont meilleures avec une forte visibilité dans les coins les plus sombres et les plus sombres. Comme ses frères HD, le contraste reste relativement modéré et atténué, ce qui est fidèle aux intentions créatives des cinéastes et en ligne avec le look des deux précédents épisodes. D’autre part, tout en créant une atmosphère grisâtre et nuageuse, les blancs sont néanmoins un peu plus nets et plus nets avec des reflets spéculaires sensiblement améliorés, donnant à l’image 2.39:1 une pop plus radieuse et éblouissante pendant les scènes de lumière naturelle susmentionnées. Ce sont les couleurs avec des primaires, en particulier, qui semblent plus pleines et un peu plus saturées. Cependant, la vidéo reste fidèle à la photographie stylisée où une grande partie de l’action et des conversations se situent à l’extrémité inférieure de la gamme de gris, affichant une palette délibérément sombre et parfois presque monochromatique. Les teintes spécifiquement liées à nos trois protagonistes sont un peu plus nuancées et subtilement complexes, surtout dans les scènes où l’on doute de leurs capacités. David est absorbé par les tons sarcelle terne, Kevin est plongé dans les jaunes canari blonds, et Elijah est absorbé par les lavandes pâles. Au fur et à mesure qu’ils recommencent à croire en eux-mêmes, ces pigments se transforment en riches verts émeraude, en moutardes dorées profondes et en violettes pourpres vibrantes. Il est plus intéressant de voir les roses mauves, les bruns décolorés et les gris nuageux associés au Dr Staple.

Audio : Glass se heurte aux cinémas maison en faisant jouer une bande sonore Dolby  étonnamment musclée et impressionnante d’émotion. Comme il s’agit d’une étude de personnage axée sur les dialogues, la présentation est plus subtile et nuancée que ce à quoi on pourrait s’attendre d’un film de super-héros typique.

Néanmoins, la scène sonore est toujours spacieuse et large, avec beaucoup d’activité en arrière-plan qui remplit l’espace hors écran tout en maintenant un équilibre exceptionnel et un mouvement convaincant entre les trois canaux et les hauteurs les plus élevées, créant ainsi un environnement de demi-dôme très engageant. L’imagerie présente une superbe fidélité et des détails acoustiques dans le milieu de gamme, ce qui permet d’obtenir de l’action avec une excellente clarté dans les segments les plus bruyants. En même temps, le chant est d’une clarté et d’une précision cristallines, et des graves robustes et en bonne santé procurent une puissance appréciable et un poids palpable aux séquences d’action.

L’utilisation des abords peut sembler quelque peu sporadique avec plusieurs poches de silence observables de façon intéressante, ce qui signifie que de tels moments semblent délibérés puisqu’ils se produisent à l’intérieur de l’établissement et durant les séances de thérapie. Pourtant, les côtés et les arrières sont utilisés de temps en temps avec divers effets d’ambiance discrets, comme des voix qui résonnent dans les couloirs de l’hôpital ou l’agitation familière d’une ville trépidante. À l’occasion, de telles activités se répercutent efficacement sur les rétroprojecteurs, et il y a quelques scènes où la pluie et l’eau tombent d’en haut de façon convaincante, créant un champ sonore hémisphérique très satisfaisant qui attire davantage les spectateurs dans cette réalité alternative.

Bonus :
  • La collection des personnages principaux (HD, 9 min) : Quatre segments d’entrevue avec les acteurs qui parlent plus longuement de leurs personnages.
    David Dunn
    Elijah Price
    Kevin Wendell Crumb
    Le reste de la famille
  • Une conversation avec James McAvoy et M. Night Shyamalan (HD, 5 min) : Les deux célébrités discutent de la production, de l’histoire et de sa place dans la trilogie.
  • Rassembler l’équipe (HD, 3 min) : Entrevues avec les acteurs et l’équipe partageant des anecdotes sur le travail avec Shyamalan, certaines depuis le making of d’Unbreakable.
  • Glass décodé (HD, 3 min) : Shyamalan révèle comment il a maintenu la continuité entre la trilogie et le style photographique créatif de chacun, en particulier les choix de palette de couleurs.
  • Connecter l’univers de Glass (HD, 3 min) : Chat sur les caractéristiques reliant les trois films, non seulement sur le plan de l’intrigue, mais aussi stylistiquement et les super-héros originaux enracinés dans la réalité.
  • M. Night Shyamalan : Derrière l’objectif (HD, 3 min) : Plus d’entrevues avec les acteurs et l’équipe de tournage pour discuter et faire l’éloge du réalisateur, à la fois en tant qu’individu et en tant que cinéaste.
  • Mise en valeur du spectacle (HD, 3 min) : Entretien avec l’équipe VFX sur le rendu des effets CG sur un budget relativement faible.
  • David Dunn contre La Bête (HD, 2 min) : Un regard plus attentif sur la bataille culminante.
  • Bris de verre : Les cascades (HD, 2 min) : Bref aperçu de la chorégraphie de cascade de La Bête.
  • Le son de Glass (HD, 2 min) : Le compositeur West Dylan Thordson parle de la partition.
  • Mémorial de Raven Hill (HD, 2 min) : Visite rapide et visite de l’hôpital abandonné.
  • Vision nocturne (HD, 2 min) : Un regard sur la planification de Shyamalan dans les premières étapes de la production.
  • Ouverture alternée (HD, 3 min) : Le clip très court est accompagné d’une introduction optionnelle du réalisateur.
  • Scène supprimée (HD, 25 min) : Douze scènes excisées avec intro optionnelle du réalisateur.
  • Acteurs : James McAvoy, Bruce Willis, Anya Taylor-Joy, Sarah Paulson, Samuel L. Jackson
  • Réalisateurs : M. Night Shyamalan
  • Audio : Anglais (DTS-HD 5.1), Français (DTS-HD High Res Audio), Castillan (DTS 5.1)
  • Audio description : Anglais
  • Sous-titres : Norvégien, Néerlandais, Français, Danois, Castillan, Suédois, Finnois
  • Sous-titres pour sourds et malentendants : Anglais
  • Région : Toutes les régions
  • Rapport de forme : 2.39:1
  • Nombre de disques : 1
  • Studio : Buena Vista Home Entertainment
  • Date de sortie du DVD : 24 mai 2019
  • Durée : 129 minutes

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Fantômes de papier de Julia HEABERLIN| 16 mai 2019

Depuis des années, elle ne pense qu’à ça. Elle avait douze ans lorsque sa grande soeur a disparu. Pour elle, ça ne fait pas de doute : Rachel a été enlevée, puis assassinée. Grâce à une photo retrouvée sous l’escalier du grenier familial, elle connaît même le coupable : Carl Feldman, un photographe aussi célèbre pour ses clichés que pour les accusations de meurtre dont il est ressorti blanchi. Aujourd’hui sénile, Carl Feldman vit dans un établissement adapté. Mais l’heure de la vengeance a bientôt sonné : la jeune femme est prête à tout pour le forcer à recouvrer la mémoire et faire éclater la vérité. Même à prendre l’identité de sa fi lle illégitime et à entraîner l’homme qui l’a privée de sa soeur dans un road-trip texan sur les traces d’affaires de disparition non résolues. Mais de la jeune femme sans nom au plan millimétré et du vieil homme à la mémoire peut-être pas si morcelée, qui est le plus dangereux ?

Chronique : Une femme croit que l’ancien photographe Carl Louis Feldman est coupable. De meurtre, y compris le meurtre de sa soeur Rachel. Il a été acquitté pour le meurtre d’autres jeunes femmes dont il était accusé et il vit maintenant dans un foyer de soins pour personnes atteintes de démence. Pourtant, rien de tout cela n’a d’importance pour cette jeune femme, car elle sait que Carl est responsable et elle est déterminée à le prouver afin qu’elle puisse enfin découvrir ce qui est arrivé à sa sœur, douze ans plus tard. Comment, demandez-vous ? C’est très simple en fait. Elle prévoit de l’emmener faire un tour. Un tour en voiture, bien sûr. Partout dans l’État du Texas, visitant les lieux de ses crimes présumés, utilisant les photos qu’il a prises pour, espérons-le, rafraîchir sa « mémoire ». Cette fille se fait passer pour sa fille pour le sortir de sa maison de retraite et voilà, ça marche ! Peux-tu dire « Yee haw ?! » Ça me semble vague, et pour être franc, c’est un peu dangereux. Je ne monterais pas volontairement dans une voiture avec un meurtrier présumé, mais c’est juste moi. Et toi qui croyais que je riais devant le danger…

Ce qui commence comme un cauchemar, se transforme lentement en quelque chose d’autre. L’esprit de Carl est-il vraiment criblé de démence ? Ou peut-être joue-t-il son nouvel « ami » comme un violon ? Des questions, des questions. J’avais l’esprit en ébullition. Carl Louis Feldman est-il vraiment ce qu’il semble être ? Quelle que soit la façon dont vous la découpez, Carl est un homme intrigant. De toutes les conditions qu’il met en place, aux choses qu’il voit et entend – ses pensées me faisaient souvent sourire et me faisaient rire à haute voix. Quant à la femme ? Elle est intéressante, excentrique et très déterminée. Elle veut que quelqu’un paie et elle pense que quelqu’un est Carl. Elle a planifié toutes les éventualités et a pris les précautions nécessaires. Est-ce suffisant ?

Ni l’un ni l’autre de nos personnages principaux ne sont des narrateurs fiables puisqu’il faut se demander s’ils sont toujours sains d’esprit. En voyageant dans l’état du Texas, je me suis souvent demandé si Carl était vraiment atteint de démence, parfois il semblait extrêmement lucide. Il y a beaucoup de suspense, je n’avais aucune idée si Carl était coupable ou non, bien que les preuves semblaient suggérer sa culpabilité. Il y avait aussi de l’humour, avec la situation elle-même, avec les exigences de Carl et les fantômes qui semblent l’accompagner. On nous emmène même sur le site des Davidisns et des marquages des morts. Une installation si unique, quoique étrange, et que j’ai trouvé bien faite.

« Paper Ghosts » de Julia Heaberlin est un roman qui m’a fait battre sauvagement le cœur et prendre mon souffle dans la gorge. C’était une balade folle, intéressante, sauvage et j’ai apprécié chaque seconde.

Note : 9,5/10

 

  • Broché: 432 pages
  • Editeur : Presses de la Cité (16 mai 2019)
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2258153131

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Le monde de Nedarra – tome 1 Celle qui reste de Katherine Applegate | 23 mai 2019

Byx serait-elle la dernière de son espèce, celle que l’on appelle l’ultimon ? Pour en avoir le cœur net, elle traverse le royaume de Nedarra à la recherche des siens. Mais chaque recoin regorge de prédateurs…

Chronique : C’est le premier d’une série d’aventures fantastiques, la série Nedarra, (je ne sais pas combien de livres il a). Byx, notre héroïne est une créature en forme de chien qui a des pouces opposables, peut marcher sur deux jambes et peut parler. Leur caractéristique la plus précieuse est leur capacité à dire quand quelqu’un (humain ou autre) ment. Byx est l’avorton de sa petite meute, qui sont eux-mêmes les derniers des dairnes restés sur leur terre, chassés par les humains et qui ont constamment besoin de se déplacer. Un jour, juste avant que la meute ne parte, Byx s’enfuit pour jeter un dernier coup d’œil à la mer, où elle finit par sauver et se lier d’amitié avec une créature beaucoup plus petitte. Quand elle rentre chez elle, elle découvre que sa meute a été impitoyablement tuée et qu’elle est la dernière des dairnes encore en vie Maintenant, elle doit partir en voyage, accompagnée de Tobble et d’une jeune fille humaine, Khara, qui les a capturés, à la recherche d’une maison, ou plutôt d’un endroit où, selon la légende, d’autres dairnes ont déjà vécu. Bien que ce ne soit pas une quête très simple et que leur chemin soit semé d’embûches, Byx et ses amis découvrent rapidement que ce qu’ils cherchent et ce qu’ils combattent est beaucoup plus important que ce qu’ils avaient compris au départ, et il y en a très peu sur le chemin sur lequel ils peuvent compter.

Ce fut une lecture très agréable pour moi. Bien qu’il puisse se dérouler dans un monde imaginaire, bon nombre des questions qu’il traite et qu’il soulève font partie intégrante du monde dans lequel nous vivons (et s’y rapportent). Le plus important d’entre eux est l’inégalité, non seulement entre les sexes, mais aussi entre les différents êtres vivants – certaines espèces étant surnommées (et traitées) inférieures simplement parce qu’elles ne font pas ce que les autres font. Ensuite, il y a le problème le plus important, celui de la nature destructrice de l’homme. Leur avidité pour l’argent, le pouvoir, le contrôle, pour démontrer leur supériorité les a amenés à tout détruire autour d’eux, puis à pleurer hypocritement leur perte une fois que le mal est fait. C’est une caractéristique des humains dans ce monde fantastique, comme dans notre monde réel.

Mais pour en revenir à l’élément fantastique, j’ai aimé le monde que l’auteure a créé – aussi dangereux soit-il – il y a plusieurs êtres et lieux intéressants, tous très imaginatifs à mes yeux (il y a même un langage qu’elle a créé pour les différentes espèces). J’aurais préféré une carte du monde pour m’aider à mieux l’imaginer, mais elle n’était pas incluse dans l’ARC. Les personnages principaux eux-mêmes sont issus de différentes espèces qui se trouvent rassemblées par les circonstances, et qui doivent apprendre à surmonter leur méfiance et à se comprendre les uns les autres pour ce qu’ils sont. En conséquence, ils développent des amitiés improbables mais fortes, ce qui était agréable à voir. Les personnages eux-mêmes sont tous très sympathiques, même si j’ai trouvé Byx, Tobble et Gambler le félin particulièrement attachant, et j’ai aimé la relation qui se développe entre eux. L’illustration de Byx et Tobble sur la pochette est assez parfaite, et est très mignonne aussi.

J’ai aimé que l’auteur termine l’aventure (contrairement à certains livres qui s’arrêtent un peu brusquement) bien qu’il soit clair que la quête principale continuera avec plus d’aventures et de dangers en cours de route. Bien qu’il s’agisse d’un livre pour enfants, je pense que les adultes aussi apprécieraient cette lecture. J’attends avec impatience le prochain versement.

Note : 9/10

 

  • Broché: 416 pages
  • Tranche d’âges: 9 – 12 années
  • Editeur : Seuil jeunesse (23 mai 2019)
  • Collection : Fiction
  • Langue : Français
  • ISBN-13: 979-1023510744

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