Calvin et Hobbes, la petite intégrale – Volume 2 de Bill Watterson

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L’intégrale Calvin et Hobbes dans un format compact à l’italienne !

Ce deuxième volume de la petite intégrale de Calvin et Hobbes permet de redécouvrir l’une des séries les plus marquantes de la bande dessinée contemporaine. Créée par Bill Watterson dans les années 1980, la série suit les aventures de Calvin, un garçon de six ans débordant d’imagination, et de Hobbes, son tigre en peluche qui prend vie dans son univers.

À travers leurs jeux, leurs disputes et leurs réflexions improbables, Calvin et Hobbes transforment le quotidien en terrain d’aventures. Les promenades dans la forêt deviennent des expéditions extraordinaires, l’école un espace d’ennui à contourner et les discussions avec les adultes l’occasion de questions aussi naïves que pertinentes.

L’humour de Bill Watterson repose sur ce regard d’enfant capable de révéler, avec une grande liberté, les contradictions du monde des adultes. Les parents de Calvin, sa maîtresse ou encore ses camarades se retrouvent régulièrement confrontés à son imagination débordante et à ses remarques souvent inattendues.

Ce volume rassemble les strips publiés entre mars 1987 et juillet 1988 et permet de suivre l’évolution du ton et du style de la série. L’édition adopte un format compact à l’italienne qui respecte la présentation originale des planches tout en proposant une intégrale accessible.

Avec son mélange d’humour, de poésie et d’observation du quotidien, Calvin et Hobbes s’est imposé comme un classique de la bande dessinée. Cette nouvelle édition offre l’occasion de redécouvrir une œuvre qui continue de séduire lecteurs adultes et jeunes générations.

Éditeur ‏ : ‎ Hors Collection Date de publication ‏ : ‎ 16 octobre 2025 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 288 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2701404657 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2701404653

Centuria – Tome 3 de Tohru Kuramori

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Julian hérite du pouvoir de cent esclaves, mais dans un monde de violences et d’injustices, ce don a un prix.

Avec ce troisième tome de Centuria, Tohru Kuramori confirme l’ambition sombre et politique de son manga. Loin d’un simple récit d’aventure fantastique, la série s’impose progressivement comme une réflexion sur le pouvoir, la responsabilité et les mécanismes de domination dans un monde profondément marqué par la violence.

Le protagoniste, Julian, porte en lui une puissance singulière : celle héritée de cent esclaves. Ce don, loin d’être une bénédiction, agit comme un fardeau moral. Chaque utilisation de cette force rappelle l’origine tragique de ce pouvoir, ancré dans la souffrance et l’exploitation. Kuramori joue habilement avec cette contradiction : Julian est à la fois puissant et vulnérable, capable de renverser des situations désespérées tout en refusant d’abandonner son humanité.

Dans ce volume, la tension dramatique s’intensifie autour de la prophétie annoncée par Elstri : la mort du roi aux mains de la jeune Diana. Cette annonce plonge les personnages dans une spirale de méfiance et de violence préventive. Enbarr, chargé d’éliminer l’enfant, incarne alors l’un des dilemmes moraux les plus forts du récit. Son hésitation face à Diana révèle la fragilité des certitudes dans un univers où l’obéissance aveugle peut conduire à l’irréparable.

L’une des scènes les plus marquantes du tome repose sur l’intervention des villageois qui, voyant Julian subir la violence sans riposter, décident de prendre sa défense. Ce moment agit comme un tournant narratif : la solidarité collective devient un acte de rébellion. Kuramori souligne ainsi une idée centrale de la série — dans un système oppressif, le simple geste de protéger autrui peut devenir un acte révolutionnaire.

Graphiquement, l’auteur poursuit son travail sur une atmosphère sombre et dense. Les visages marqués, les contrastes appuyés et les décors austères renforcent la brutalité du monde décrit. Les scènes de confrontation sont particulièrement efficaces, privilégiant l’intensité émotionnelle plutôt que la démonstration spectaculaire de puissance.

Ce troisième tome confirme que Centuria ne se contente pas d’exploiter les codes du dark fantasy manga. La série développe une dimension politique et morale plus profonde, interrogeant la notion de destin et la manière dont les individus peuvent résister à la fatalité.

À mesure que l’histoire progresse, Julian apparaît moins comme un héros classique que comme une figure de résistance fragile, confrontée à un monde où la justice reste une conquête incertaine. Un tome intense qui renforce l’originalité d’une série déjà prometteuse.

ASIN ‏ : ‎ B0FVDGBXCN Éditeur ‏ : ‎ Kurokawa Date de publication ‏ : ‎ 12 février 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 192 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1042021238

Cécile la shérif de VICTOR COUTARD / WALTER GUISSARD

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Jeune ingénue un tantinet badass, Cécile n’a qu’une idée en tête, faire justice !

Avec Cécile la shérif, Victor Coutard au scénario et Walter Guissard au dessin proposent une bande dessinée d’aventure qui revisite avec humour les codes du western classique. Derrière son ton léger et son énergie narrative, l’album développe pourtant une réflexion maligne sur la justice et la place des femmes dans les institutions au XIXᵉ siècle.

L’héroïne, Cécile, jeune femme déterminée et fille de procureur, rêve de rendre justice dans une société où la magistrature reste fermée aux femmes. Plutôt que de se résigner, elle choisit une voie inattendue : quitter l’Europe pour l’Amérique en pleine ruée vers l’or. Dans ce territoire encore en construction, où les règles se façonnent au même rythme que les villes champignons, la loi apparaît comme un terrain d’expérimentation.

Le récit prend alors la forme d’un road trip picaresque. Aux côtés du musicien Louis-Moreau Gottschalk, compagnon d’aventure aussi improbable qu’attachant, Cécile traverse un monde chaotique fait de chercheurs d’or, de duels, de procès improvisés et de rencontres insolites. Ce parcours devient pour elle l’occasion de démontrer ses talents multiples : juriste brillante, oratrice convaincante, mais aussi tireuse redoutable lorsque la situation l’exige.

La grande réussite de l’album réside dans cet équilibre entre humour et propos historique. Victor Coutard s’amuse avec les clichés du western tout en rappelant que la justice, loin d’être une évidence, est une construction fragile. Dans un monde où la loi dépend souvent de celui qui tient l’arme la plus rapide, la figure de Cécile incarne une vision plus idéale du droit : celle d’un outil destiné à protéger plutôt qu’à dominer.

Graphiquement, Walter Guissard accompagne parfaitement ce ton aventureux. Son dessin expressif et dynamique privilégie la lisibilité et le rythme, tout en donnant vie à un univers coloré et plein de mouvement. Les scènes d’action, comme les moments de comédie, bénéficient d’un sens du timing visuel particulièrement efficace.

Mais Cécile la shérif ne se contente pas d’être un divertissement. En mettant en scène une héroïne qui conquiert sa place dans un univers masculin, l’album interroge avec finesse les rapports entre justice, pouvoir et légitimité. La conquête de l’Ouest devient alors aussi une conquête symbolique : celle du droit d’exister et d’agir dans un monde qui ne l’avait pas prévue.

À la croisée du western, de la comédie d’aventure et du récit d’émancipation, Cécile la shérif se révèle être une bande dessinée vive, intelligente et accessible. Une lecture réjouissante qui prouve qu’un bon récit peut mêler action, humour et réflexion sans jamais perdre son sens du spectacle.

Éditeur ‏ : ‎ CASTERMAN Date de publication ‏ : ‎ 4 mars 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 120 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2203293349 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2203293342

Terre de sang – Le temps du déséspoir de Joann Sfar

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Nous vivrons était le livre de l’après-pogrom du 7 octobre,
Que faire des Juifs ? une réflexion sur l’histoire du judaïsme et de l’antisémitisme, avec une dimension à la fois historique, personnelle et charnelle. 

Avec Terre de sang – Le temps du désespoir, Joann Sfar poursuit son travail d’auteur engagé dans le tumulte du réel. Après Nous vivrons, écrit dans l’immédiateté du traumatisme du 7 octobre, et Que faire des Juifs ?, réflexion dense et personnelle sur l’histoire du judaïsme et de l’antisémitisme, Sfar change ici de focale. Il quitte la chronique à chaud comme l’essai didactique pour emprunter la voie plus fragile, plus risquée, du reportage dessiné.

Dans cet album, il circule. Venise, Paris, Ramallah, Naplouse, Hébron, Jérusalem, Tel-Aviv : des villes traversées comme autant de strates d’un monde fracturé. Sfar tend l’oreille aux voix palestiniennes, arabes, bédouines, aux paroles contradictoires, aux colères, aux fatigues. Il ne cherche pas l’équilibre artificiel ni la neutralité impossible, mais la complexité humaine. Les conversations, parfois abruptes, parfois bouleversantes, deviennent la matière première d’un livre qui se construit dans le doute et l’inconfort.

Graphiquement, Sfar reste fidèle à son trait vibrant, nerveux, presque fiévreux. Le dessin, souvent jeté à l’encre avec une urgence assumée, épouse la tension du sujet. Les visages sont saisis dans leur fragilité, les paysages urbains paraissent instables, comme si le monde lui-même tremblait. La couleur, parfois éclatante, parfois assombrie, traduit cette coexistence permanente entre beauté du quotidien et violence du contexte. Cette esthétique du mouvement et de l’inachèvement donne au livre une dimension profondément incarnée.

Mais Terre de sang ne se contente pas d’accumuler les témoignages. L’album interroge les mécanismes de la haine, les logiques d’idéologies qui enferment, la tentation du simplisme. Sfar ne propose pas de solution, n’offre aucune consolation facile. Ce qu’il oppose aux massacres et aux certitudes meurtrières, c’est le dialogue — même lorsqu’il semble impossible. Parler, écouter, rester présent à l’autre devient un acte politique en soi.

Ancré dans la tradition de la BD du réel, à la fois poétique et frontale, l’ouvrage assume sa part de désespoir tout en refusant le renoncement. Sfar ne prétend pas sauver quoi que ce soit. Il choisit simplement de ne pas abandonner les êtres humains qu’il rencontre, ni les lecteurs qu’il invite à affronter cette complexité.

  • ASIN ‏ : ‎ B0FR15P7JF
  • Éditeur ‏ : ‎ Les Arènes BD
  • Date de publication ‏ : ‎ 5 février 2026
  • Édition ‏ : ‎ Illustrated
  • Langue ‏ : ‎ Français

Les mâchoires de la peur, les coulisses d’un tournage mythique de Wybon Jérôme (Auteur), Cittadini Toni (Illustrations)

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Été 1974. Sur l’île paisible de Martha’s Vineyard, un tournage chaotique va bouleverser l’histoire du cinéma.

Les mâchoires de la peur, les coulisses d’un tournage mythique propose bien plus qu’un simple making-of dessiné : Jérôme Wybon et Toni Cittadini signent un véritable récit d’aventure consacré à la naissance d’un film qui allait transformer durablement l’histoire du cinéma. À travers le tournage chaotique de Jaws en 1974, l’album plonge le lecteur au cœur d’une création devenue légendaire, lorsque Steven Spielberg, alors jeune réalisateur encore fragile à Hollywood, se retrouve confronté à un projet qui menace à chaque instant de sombrer.

Le scénario adopte un rythme presque thriller, fidèle à l’esprit du film lui-même. Pannes techniques à répétition, requins mécaniques inutilisables, météo hostile, pression des studios et tensions humaines composent un récit haletant où l’on comprend peu à peu que le véritable suspense ne se situe pas seulement à l’écran, mais bien derrière la caméra. Wybon documente minutieusement les événements tout en conservant une narration fluide et accessible, rendant passionnante une histoire pourtant largement connue des cinéphiles.

Graphiquement, Toni Cittadini privilégie un trait nerveux et expressif qui restitue parfaitement l’énergie du plateau. Les décors marins, les visages fatigués des équipes et la nervosité croissante du tournage traduisent visuellement la montée de la pression. Le choix d’une mise en scène dynamique rappelle parfois le découpage cinématographique, renforçant l’immersion dans cette aventure artistique et humaine.

Au-delà de l’anecdote, l’album montre surtout comment les contraintes techniques et les accidents de production ont paradoxalement façonné le génie du film : l’absence du requin à l’écran, imposée par les défaillances mécaniques, devient ainsi une leçon de cinéma sur la puissance de la suggestion et du hors-champ. C’est aussi le portrait touchant d’un Spielberg obstiné, encore loin du statut de légende, qui apprend à transformer le chaos en création.

Accessible aux passionnés de cinéma comme aux lecteurs curieux d’histoire culturelle, Les mâchoires de la peur réussit le pari délicat de conjuguer rigueur documentaire et souffle narratif. Une bande dessinée aussi instructive que captivante, qui rappelle qu’un chef-d’œuvre naît parfois d’un tournage… au bord du naufrage.

Éditeur ‏ : ‎ HUGINN MUNINN Date de publication ‏ : ‎ 5 décembre 2025 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 192 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2386400662 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2386400667

Zebraska – Tome 1 – Un garçon pas comme les autres T1/2 de Corbeyran (Auteur), Isabelle Bary (Auteur), Borecki (Illustrations)

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Dans un monde apaisé après la « Grande Bascule », le jeune Marty vit confortablement malgré l’absence de livres, même s’il sent bien qu’en son âme se percutent mille sentiments complexes…

Zebraska – Tome 1 : Un garçon pas comme les autres marque une entrée sensible et ambitieuse dans une bande dessinée à la croisée du récit d’anticipation et du témoignage intime. Adapté du roman d’Isabelle Bary, ce premier volet du diptyque scénarisé par Éric Corbeyran et mis en images par Ludo Borecki propose une réflexion accessible et profondément humaine autour de la différence, et plus particulièrement du haut potentiel intellectuel (HPI).

L’action se situe en 2055, dans un monde pacifié après la « Grande Bascule », une société en apparence harmonieuse mais paradoxalement privée de livres et donc de mémoire culturelle. Marty, adolescent sensible et introspectif, évolue dans cet univers aseptisé où quelque chose semble pourtant manquer. La découverte d’une bande dessinée autoéditée par sa grand-mère agit alors comme un déclencheur : à travers le personnage de Thomas — son propre père enfant — il découvre ce que signifie grandir avec une pensée différente, trop rapide, trop intense pour les normes sociales.

Le récit fonctionne sur un jeu de miroirs particulièrement efficace entre passé et futur, fiction et transmission familiale. Corbeyran privilégie une narration fluide et émotionnelle, évitant tout didactisme lourd pour privilégier l’expérience vécue : solitude, hypersensibilité, sentiment d’inadéquation mais aussi créativité et richesse intérieure. Le choix d’une dystopie douce renforce le propos en soulignant combien une société prétendument équilibrée peut encore échouer à accueillir pleinement la singularité.

Graphiquement, Ludo Borecki adopte un trait clair et expressif, accessible aux jeunes lecteurs tout en conservant une réelle finesse émotionnelle. Les visages, très lisibles, traduisent avec justesse les états intérieurs des personnages, tandis que les variations d’ambiances entre le monde futuriste et les souvenirs d’enfance apportent une véritable respiration visuelle.

L’ajout d’un dossier pédagogique en fin d’ouvrage constitue un prolongement pertinent, transformant l’album en véritable outil de dialogue, aussi bien familial que scolaire. Sans jamais sacrifier la narration, l’ouvrage ouvre des pistes de compréhension sur les profils HPI et les enjeux liés à l’inclusion.

Avec ce premier tome, Zebraska s’impose comme une bande dessinée intelligente et profondément empathique, capable de toucher autant par son regard sociétal que par son émotion sincère. Un récit sensible sur la différence et la transmission, qui parle autant aux adolescents qu’aux adultes.

#Zebraska #NetGalleyFrance

Éditeur ‏ : ‎ DUPUIS Date de publication ‏ : ‎ 13 février 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 72 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2808504853 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2808504850

La Forêt d Oreka – Tome 2 – Au coeur des arbres de Sordo Paco

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Pour sauver son grand-père transformé en pierre et mettre fin à la nuit éternelle, Hannah s’aventure dans la forêt, guidée par Roland, le lutin râleur.

La Forêt d’Oreka – Tome 2 : Au cœur des arbres, signé Paco Sordo, poursuit avec inventivité et malice cette aventure jeunesse aux accents de conte initiatique. Hannah, toujours déterminée à sauver son grand-père changé en pierre et à briser la nuit éternelle qui menace son monde, s’enfonce plus profondément dans une forêt aussi fascinante qu’imprévisible, accompagnée de Roland, lutin grincheux mais profondément attachant.

Ce deuxième volume développe pleinement la dimension fantastique de la série en multipliant les rencontres improbables : fantôme manipulateur, escargots vampires étonnamment coriaces ou encore loups gastronomes composent une galerie de personnages aussi absurdes que savoureux. Chaque étape ralentit la progression des héros mais enrichit le récit, transformant la quête en véritable parcours initiatique où l’humour sert constamment de moteur narratif.

Derrière son ton léger et accessible, l’album aborde avec finesse des thèmes universels : la confiance, l’acceptation de soi et le respect d’un monde naturel régi par ses propres lois. La forêt d’Oreka devient ici un personnage à part entière, mystérieux et exigeant, qui met Hannah à l’épreuve autant moralement qu’émotionnellement. Convaincre son esprit gardien ne relève pas de la force, mais d’une compréhension plus profonde de l’équilibre entre humains et nature.

Graphiquement, Paco Sordo déploie un univers foisonnant, coloré et expressif. Son trait dynamique accentue le comique des situations tout en donnant vie à une nature vibrante et organique, riche en détails. L’ensemble crée une lecture fluide et immersive, parfaitement adaptée aux jeunes lecteurs tout en séduisant un public plus large grâce à son second degré et sa créativité visuelle.

Avec Au cœur des arbres, la série confirme son identité : une fantasy pleine d’humour et de tendresse, où l’aventure se mêle à une réflexion douce sur la place de chacun dans le monde. Une suite réussie, inventive et généreuse, qui consolide l’univers singulier de La Forêt d’Oreka.

#LaforêtdOreka #NetGalleyFrance

Éditeur ‏ : ‎ DUPUIS Date de publication ‏ : ‎ 6 février 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 104 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2808509618 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2808509619

Sex Friends de Richard Mèmeteau (Auteur), Colin Atthar (Dessins)

Les sites et applications de rencontres représentent plus qu’un simple outil pour trouver l’âme soeur ou jouer les dons Juans. En hameçonnant les utilisateurs par la promesse d’une abondance sexuelle et amoureuse, ces interfaces nous confrontent à nos propres frustrations.

Avec Sex Friends, Richard Mèmeteau et Colin Atthar signent une bande dessinée aussi caustique que lucide sur les amours à l’ère des applications de rencontre. Sous ses airs de comédie contemporaine, l’album propose une véritable radiographie des relations affectives et sexuelles à l’heure des interfaces numériques.

Fanny, fraîchement quittée par Olga, décide de se jeter à corps perdu dans l’univers des applis. Plus qu’une revanche sentimentale, c’est une exploration méthodique – parfois euphorique, parfois désabusée – des promesses d’abondance amoureuse que vendent ces plateformes. Autour d’elle gravitent Félicie, collègue attentive, et Marius, ami fidèle : chacun projette ses propres fantasmes, espoirs et contradictions sur ces espaces virtuels où l’on swipe autant pour exister que pour rencontrer.

Le scénario joue habilement sur la mise en abyme lorsqu’un compte mystérieux semble commenter leurs expériences les plus intimes. Cette figure énigmatique agit comme une conscience collective, révélant la dimension performative de nos vies connectées : sommes-nous encore dans l’authenticité, ou déjà dans la mise en scène ?

Graphiquement, Colin Atthar adopte un trait expressif, nerveux, parfaitement accordé à l’énergie fragmentée des échanges numériques. Les dialogues fusent, les silences pèsent, et les cases traduisent autant l’excitation des débuts que la lassitude des répétitions. L’humour, souvent grinçant, évite toute moralisation : l’album observe, dissèque, expose.

Au-delà du simple récit générationnel, Sex Friends interroge la marchandisation du désir, la logique d’optimisation affective et l’illusion du choix infini. Les auteurs montrent comment ces applications, en promettant la liberté, exacerbent aussi la comparaison, la frustration et la peur de manquer mieux.

À la croisée de l’essai philosophique et de la chronique sentimentale, cette bande dessinée réussit à capter l’air du temps avec intelligence et irrévérence. Une œuvre fine et actuelle, qui parle moins de sexe que de solitude, de quête d’attention et de la difficulté persistante à aimer – même à l’ère du swipe infini.

#SexFriends #NetGalleyFrance

Éditeur ‏ : ‎ Steinkis Date de publication ‏ : ‎ 12 février 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 184 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2368469362 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2368469361 Poids de l’article ‏ : ‎ 630 g

Amère de Lucrèce Andreae

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Après une entrée remarquée dans le dessin animé et le roman graphique, Lucrèce Andreae partage son expérience de la maternité dans une autobiographie percutante, parfaite illustration du malaise de toute une génération.

Avec Amère, Lucrèce Andreae signe une autobiographie frontale et sans fard sur la maternité, loin des images idéalisées et des récits lissés. Après avoir marqué le cinéma d’animation et le roman graphique par un regard sensible et acéré, l’autrice plonge ici dans l’intime pour livrer un récit aussi dérangeant que salutaire.

Tout commence par une promesse. Celle d’une maternité consciente, moderne, respectueuse. Une femme jeune, amoureuse, convaincue d’être prête. Elle connaît les enfants, les aime, pense avoir les codes. Elle se jure qu’elle ne sera pas de celles qui crient, qui débordent, qui cèdent à l’épuisement. Elle ambitionne une parentalité éclairée, presque théorique, nourrie d’idéaux contemporains.

Puis la réalité s’impose.

Amère raconte le choc. L’irréversibilité. L’effritement des certitudes. Andreae explore avec une honnêteté désarmante ce que beaucoup taisent : la fatigue chronique, la perte d’identité, la colère rentrée, la culpabilité omniprésente. Le livre ne cherche ni l’excuse ni la provocation gratuite ; il expose un malaise générationnel, celui d’une époque qui exige des mères qu’elles soient à la fois accomplies professionnellement, émotionnellement disponibles, pédagogues, patientes et épanouies.

Graphiquement — si l’ouvrage conserve la force visuelle propre à Andreae — le trait épouse cette tension intérieure : expressif, parfois brutal, souvent ironique. Le dessin devient un exutoire, un espace où le trop-plein peut enfin se dire. L’humour noir affleure, salvateur, pour désamorcer la violence des sentiments contradictoires.

Ce qui frappe, c’est la lucidité. Andreae n’accuse pas l’enfant ; elle interroge les injonctions, les fantasmes sociaux, les narrations trompeuses autour de la maternité. Elle met des mots sur l’ambivalence, sur l’amour mêlé d’épuisement, sur la difficulté à rester soi quand tout semble absorbé par le rôle de mère.

Amère est un livre courageux, inconfortable parfois, mais profondément nécessaire. En refusant le mythe de la maternité naturellement radieuse, Lucrèce Andreae ouvre un espace de parole rare. Un récit intime qui touche à l’universel et qui, sous son titre tranchant, porte aussi une forme de tendresse lucide.

#Amère #NetGalleyFrance

Éditeur ‏ : ‎ Delcourt Date de publication ‏ : ‎ 12 février 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 233 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2413083006 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2413083009

La Vie en plus: Guérir le cancer de Izabo (Scenario), Juliette Vaast (Dessins)

Marion est une mère de famille épanouie. Alors, le jour où le diagnostic tombe, son monde vacille. Car Marion est atteinte d’un cancer du sein, comme « tante Catherine » avant elle. Très vite, la jeune femme est orientée vers Gustave Roussy, premier centre français et européen de lutte contre le cancer. C’est entre les murs de cet établissement d’excellence, où se croisent de nombreux patients, qu’elle va entamer un chemin vers la guérison.

Avec La Vie en plus : Guérir le cancer, Izabo et Juliette Vaast signent une bande dessinée rare, nécessaire, et profondément humaine, qui ouvre les portes de Gustave Roussy, premier centre français et européen de lutte contre le cancer, sans jamais tomber dans le didactisme froid ni le pathos.

Le récit adopte le point de vue de Marion, mère de famille épanouie, dont la vie bascule au moment du diagnostic : un cancer du sein, écho douloureux à une histoire familiale déjà marquée par la maladie. Très vite, elle est orientée vers Gustave Roussy, lieu à la fois redouté et porteur d’espoir, où va s’engager un parcours de soins complexe, éprouvant, mais aussi profondément transformateur.

La grande force de La Vie en plus réside dans son équilibre remarquable entre récit intime et approche documentaire. À travers Marion, le lecteur découvre non seulement les étapes du traitement — examens, chirurgie, recherche, prévention — mais aussi l’envers du décor : la précision des équipes médicales, la rapidité des diagnostics, la coordination des soins, l’importance cruciale de l’innovation scientifique. Chaque information est intégrée avec finesse, toujours incarnée par une situation vécue, une rencontre, un échange.

Le dessin de Juliette Vaast, clair, lumineux et d’une grande douceur, accompagne parfaitement le propos. Les visages sont expressifs sans excès, les décors hospitaliers jamais anxiogènes, et certaines séquences pédagogiques s’insèrent naturellement dans le récit, sans rompre l’émotion. Le trait, accessible et sensible, permet de rendre visibles des réalités complexes tout en préservant l’humanité des personnages.

Loin de se concentrer uniquement sur la maladie, l’album met en avant ce qui gravite autour : les liens familiaux, la solidarité entre patients, l’écoute des soignants, la reconstruction psychologique. Il rappelle avec force que derrière chaque dossier médical se cache une histoire singulière, une vie suspendue, mais aussi une formidable capacité de résilience.

Co-construit avec les équipes de Gustave Roussy et les éditions Glénat, La Vie en plus : Guérir le cancer propose une vision contemporaine de la cancérologie : engagée, innovante, mais avant tout humaine. C’est une bande dessinée qui informe sans effrayer, qui émeut sans jamais forcer le trait, et qui transmet un message essentiel : la guérison est possible, et chaque avancée médicale est une victoire collective.

Éditeur ‏ : ‎ Glénat BD Date de publication ‏ : ‎ 4 février 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 96 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2344069836 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2344069837