Mickey et le roi des pirates de Joris Chamblain (Scenario), Dav (Dessins)

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Entre Dickens et Pirates des Caraïbes !

Avec Mickey et le roi des pirates, Joris Chamblain et Dav livrent une relecture ambitieuse et résolument romanesque de l’univers Disney, mêlant aventure, mystère et souffle épique dans un album à la croisée de Dickens, du récit maritime et du conte fantastique.

L’intrigue s’ouvre dans un Londres de 1850 magnifiquement recréé, noyé de brume, de docks grouillants et de quartiers industriels menacés par l’effondrement économique. La disparition du légendaire sou-fétiche de Picsou ne provoque pas seulement la ruine du plus riche canard du monde : elle déséquilibre toute la ville, plongeant usines et habitants dans le chaos. Picsou, lui-même méconnaissable, dilapide sa fortune comme s’il avait perdu toute raison.

Face à cette catastrophe inexplicable, Mickey endosse le rôle d’un jeune reporter déterminé, animé par un sens aigu de la justice. Accompagné de Pluto, il se lance dans une enquête qui dépasse rapidement le simple vol pour révéler une toile de complots, de légendes oubliées et de pirates surgis du passé. Sur sa route se greffent Dingo, embarqué dans une mission mystérieuse outre-Atlantique, et Donald, fuyant un héritage dont il pressent le danger. Peu à peu, leurs destins s’entrelacent autour d’un secret ancien, bien plus vaste qu’ils ne l’imaginaient.

Le scénario de Joris Chamblain impressionne par sa construction dense mais limpide, alternant enquête, humour, action et révélations successives. Les personnages Disney sont respectés dans leur essence tout en gagnant une profondeur nouvelle : Mickey devient un véritable héros d’aventure, Donald un héritier tourmenté, Dingo un compagnon aussi imprévisible qu’essentiel. L’ensemble évoque les grands romans-feuilletons du XIXe siècle, avec un sens du rythme et du suspense particulièrement maîtrisé.

Graphiquement, Dav signe un travail remarquable. Son trait expressif s’adapte parfaitement à l’ambiance sombre et fantastique du récit. Les décors — docks londoniens, clubs de milliardaires, tavernes des Açores — regorgent de détails et plongent le lecteur dans une atmosphère riche, presque cinématographique. Les jeux d’ombres, la dynamique des scènes d’action et la lisibilité des planches renforcent l’immersion.

À travers cette aventure haletante, l’album interroge subtilement la notion de richesse, de pouvoir et de responsabilité. Un simple sou peut-il réellement décider du destin d’un homme… ou du monde entier ? Entre trahisons, révélations et légendes maritimes, la course contre la montre devient aussi une quête morale.

À la fois hommage à l’univers Disney et récit d’aventure mature, Mickey et le roi des pirates s’impose comme une réussite majeure de la collection. Un album généreux, sombre juste ce qu’il faut, accessible à tous les publics mais suffisamment riche pour séduire les lecteurs adultes. Une aventure palpitante qui prouve que Mickey peut, lui aussi, voguer vers des territoires narratifs audacieux sans jamais perdre son âme.

  • Éditeur ‏ : ‎ Glénat Disney
  • Date de publication ‏ : ‎ 2 janvier 2026
  • Édition ‏ : ‎ Illustrated
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 80 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2344051112
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2344051115

La Nouvelle Cheffe de clan – tome 6 de Roah Kim (Auteur), Mon (Auteur), Antstudio (Auteur)

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Une jeune femme décide de changer son destin et devient cheffe de famille.

e course contre la montre, rythmée par l’urgence médicale, les pressions politiques et les manœuvres en coulisses. Chaque décision compte, chaque retard peut être fatal. Astira n’est plus seulement une héritière brillante : elle s’impose comme une cheffe en devenir, capable de prendre des risques, d’assumer ses choix et de porter sur ses épaules la vie des autres.

La relation avec Perez gagne ici en profondeur. Leur alliance, faite de respect, de confiance et de non-dits, apporte une dimension humaine bienvenue au récit. Leurs échanges, souvent sobres mais chargés de sens, renforcent l’émotion et donnent toute sa densité au combat qu’ils mènent ensemble.

Graphiquement, Antstudio continue d’impressionner par la clarté de la mise en scène et l’élégance des décors. Les visages, expressifs, traduisent avec finesse la pression, la fatigue et la détermination qui traversent les personnages. Les scènes de laboratoire comme celles de confrontation politique bénéficient d’un découpage fluide, renforçant la sensation d’urgence permanente.

Ce sixième tome marque ainsi une étape essentielle dans la série : le pouvoir ne se conquiert plus seulement par l’intelligence ou l’anticipation, mais par le courage de choisir, même lorsque tout peut s’effondrer. Entre drame familial, stratégie de clan et montée en puissance d’une héroïne déterminée à réécrire son destin, La Nouvelle Cheffe de clan confirme son statut de référence du webtoon de fantasy politique.

  • Éditeur ‏ : ‎ Kotoon
  • Date de publication ‏ : ‎ 22 janvier 2026
  • Édition ‏ : ‎ Illustrated
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 272 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2494102944
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2494102941

Les Cités obscures – La Théorie du grain de sable: Intégrale de BENOIT PEETERS / FRANCOIS SCHUITEN

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Brüsel, 21 juillet 784. Constant Abeels répertorie avec patience les pierres qui se matérialisent mystérieusement dans les différentes pièces de son appartement.

Avec La Théorie du grain de sable – Intégrale, Benoît Peeters et François Schuiten livrent l’un des chapitres les plus vertigineux et fascinants de la mythique série Les Cités obscures. Œuvre à part dans ce cycle majeur de la bande dessinée européenne, cet album concentre tout ce qui fait la singularité et la puissance de cet univers : une rigueur quasi scientifique, une poésie métaphysique troublante et une réflexion profonde sur l’équilibre du monde.

À Brüsel, cité rationnelle par excellence, de minuscules anomalies surgissent : des pierres identiques apparaissent dans des appartements, du sable s’accumule inexorablement, des corps perdent du poids sans s’altérer. Des phénomènes infimes, presque absurdes, mais dont la répétition vient fissurer la logique même de la ville. Comme souvent chez Peeters et Schuiten, l’étrangeté s’infiltre par le détail, jusqu’à provoquer un effondrement global des certitudes.

L’enquête menée par Mary Von Rathen, figure emblématique de la saga, agit comme un fil conducteur entre science, politique et mysticisme. La quête rationnelle se heurte à l’inexplicable, tandis que les fondations idéologiques de Brüsel — cité du contrôle, de la norme et de la planification — vacillent face à l’irruption du chaos. À travers le personnage énigmatique de Gholam Mortiza Khan, c’est la confrontation entre cultures, croyances et visions du monde qui se joue.

Graphiquement, François Schuiten atteint ici des sommets. Son dessin monumental, d’une précision architecturale saisissante, transforme Brüsel en un organisme vivant, oppressant et fragile à la fois. Chaque planche est un tableau, chaque façade, chaque intérieur raconte la démesure d’une ville qui croyait maîtriser son destin. La mise en page, le noir et blanc nuancé et les perspectives vertigineuses renforcent la sensation d’un monde sur le point de basculer.

Cette édition intégrale permet d’apprécier toute la cohérence et la profondeur de ce récit majeur, où la science-fiction se mêle à la philosophie, à la politique et à l’onirisme. La Théorie du grain de sable n’est pas seulement une enquête fantastique : c’est une méditation sur la fragilité de nos systèmes, sur l’illusion du contrôle et sur la façon dont une simple anomalie peut révéler la faillite d’un monde entier.

Éditeur ‏ : ‎ CASTERMAN Date de publication ‏ : ‎ 21 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 128 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2203300000 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2203300002

Les Sept Rejetons du dragon de RYOKO KUI

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Un nid de dragons apporte une trêve longtemps espérée, un jeune loup-garou peine à communiquer, un peintre sans-le-sou est bien décidé à faire vivre ses créations, mais dans tout ce remue-ménage, quelle place pour les sirènes ?

Les Sept Rejetons du dragon marque un nouveau retour éclatant de Ryoko Kui, autrice devenue incontournable de la fantasy contemporaine grâce à son imagination foisonnante et à son sens unique du décalage. Après L’École des dragons sur la montagne et Le Terrarium dans mon tiroir, elle poursuit son exploration d’univers parallèles avec ce troisième recueil, composé de sept histoires courtes indépendantes, toutes reliées par un même goût pour la magie du quotidien et l’humanité des créatures fantastiques.

Dragons, loups-garous, sirènes, peintres fauchés ou royaumes en quête de paix : chaque récit installe en quelques pages un monde crédible, drôle et souvent touchant. Ryoko Kui excelle dans l’art de suggérer des univers immenses à partir de situations simples, parfois absurdes, toujours profondément humaines. Derrière les dragons et les sortilèges, ce sont surtout des histoires de communication, de coexistence, de création artistique et de solitude qui se dessinent.

Son écriture se distingue par une fantasy intimiste, loin des grandes batailles épiques. L’autrice préfère les instants suspendus, les malentendus, les détails du quotidien et les relations entre individus — humains ou non. L’humour, omniprésent, n’empêche jamais la mélancolie de s’infiltrer subtilement, donnant à l’ensemble une tonalité douce-amère particulièrement séduisante.

Graphiquement, le trait de Ryoko Kui reste immédiatement reconnaissable : expressif, chaleureux, faussement simple mais d’une précision redoutable. Les créatures sont inventives, les décors vivants, et chaque planche respire la générosité visuelle. On retrouve ce sens rare du rythme et du regard, capable de faire exister une émotion en quelques cases.

Avec Les Sept Rejetons du dragon, Ryoko Kui confirme son talent exceptionnel de conteuse. Un recueil lumineux, drôle et profondément inventif, qui démontre une fois encore que la fantasy peut être à la fois magique, accessible et bouleversante — un véritable bijou pour les amateurs d’imaginaire comme pour les lecteurs curieux de récits hors normes.

Éditeur ‏ : ‎ CASTERMAN Date de publication ‏ : ‎ 21 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 272 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2203293780 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2203293786 Poids de l’article ‏ : ‎ 286 g

Le Chemin derrière la maison de Jérémie Gasparutto

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Jérémie Gasparutto offre avec cet album une pérégrination hallucinée au fil de ses pensées.

Le Chemin derrière la maison de Jérémie Gasparutto est une œuvre singulière, profondément sensorielle, qui se lit comme une traversée intérieure autant que comme un voyage à travers les paysages du monde. L’auteur y déploie une pérégrination hallucinée, portée par le fil libre de la pensée, où chaque page semble surgir d’un souffle, d’un souvenir ou d’une émotion. Des plages ouvertes aux forêts profondes, des tempêtes aux naufrages, des courses effrénées aux silences apaisants, le récit avance sans frontières nettes, suivant le mouvement même de la vie.

L’album se distingue par une narration presque instinctive, qui refuse les cadres classiques pour privilégier l’expérience. Le lecteur est invité à se laisser guider, à accepter de perdre ses repères pour mieux entrer dans l’imaginaire foisonnant de Gasparutto. Les générations se croisent, la nature devient mémoire, et le monde se transforme en terrain de jeu poétique où le réel dialogue constamment avec le rêve.

Graphiquement, l’ouvrage impressionne par sa richesse et son énergie. Les planches débordent de détails, de couleurs et de textures, oscillant entre explosion visuelle et délicatesse contemplative. Chaque image semble animée d’un mouvement propre, comme si le dessin respirait au même rythme que les pensées de l’auteur.

À la fois étonnant, parfois déroutant, mais toujours habité, Le Chemin derrière la maison est un livre qui ne se contente pas de se regarder : il se ressent. Un hommage vibrant à la vie, au temps qui passe et à la puissance de l’imaginaire, qui invite à ralentir, à rêver et à renouer avec ce chemin intime que chacun porte en soi.

Éditeur ‏ : ‎ RUE DE SEVRES Date de publication ‏ : ‎ 21 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 152 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2810205469 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2810205462

Le Serment de Mathieu Gabella (Avec la contribution de), Mathieu Mariolle (Avec la contribution de), Mikaël Bourgouin (Dessins)

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Et si soigner, c’était dominer ?

Avec Le Serment, Mathieu Gabella et Mathieu Mariolle livrent un thriller fantastique d’une redoutable efficacité, où la médecine devient un instrument de pouvoir, et le serment d’Hippocrate un champ de bataille moral. Porté par le dessin âpre et nocturne de Mikaël Bourgouin, l’album plonge le lecteur dans un huis clos aussi clinique qu’angoissant, à la frontière du polar urbain et du récit de science-fiction.

Alexandre, ancien médecin radié de l’Ordre, exerce désormais dans l’ombre. Il soigne ceux que personne ne veut voir : braqueurs blessés, criminels en fuite, trafiquants à l’agonie. Dans ce monde souterrain, il n’est plus un homme, mais une fonction : « le Docteur ». Anonyme, méthodique, protégé par des protocoles stricts, il a compris une vérité dérangeante — celui qui soigne détient un pouvoir absolu sur celui qui souffre.

Ce fragile équilibre vole en éclats lorsqu’un inconnu s’introduit sans difficulté dans son sanctuaire médical. Zacharie affirme être victime d’une morsure vampirique et prévient : à la tombée de la nuit, il se transformera. Alexandre dispose d’une seule journée pour empêcher l’inévitable.

Ce point de départ, volontairement spectaculaire, sert de déclencheur à un récit bien plus profond qu’un simple thriller surnaturel. Très vite, Le Serment délaisse le folklore vampirique pour s’aventurer sur un terrain bien plus troublant : celui de la manipulation du vivant, de la mutation génétique et du vertige scientifique. Les analyses médicales révèlent des anomalies crédibles, inquiétantes, presque plausibles. Le fantastique se teinte alors d’un réalisme glaçant.

L’un des grands succès de l’album réside dans son questionnement éthique. Alexandre n’est pas un héros traditionnel. Cynique, pragmatique, parfois glaçant, il assume pleinement son rapport de domination sur ses patients. Le soin n’est plus altruiste : il devient une monnaie d’échange, un moyen de contrôle, parfois même une arme. En posant une question simple — soigner, est-ce sauver ou posséder ? — le récit ouvre un vertigineux débat moral.

La narration, tendue et parfaitement rythmée, exploite à merveille le huis clos. Les heures s’égrènent, la nuit approche, et chaque décision prise par Alexandre repousse un peu plus la frontière entre médecine et transgression. Les dialogues sont précis, souvent acérés, et la tension ne faiblit jamais.

Graphiquement, Mikaël Bourgouin livre un travail d’une grande cohérence. Son trait réaliste, presque brut, s’appuie sur des jeux d’ombres marqués, une palette sombre et une mise en scène très cinématographique. Les corps, les visages et les lieux transpirent la fatigue, la peur et la violence contenue. Le lecteur est enfermé dans ce laboratoire clandestin comme dans une salle d’opération sans issue.

Mais Le Serment ne se contente pas d’un suspense efficace. À mesure que l’intrigue progresse, les auteurs déploient une dimension historique et politique inattendue, interrogeant l’évolution de la médecine, ses dérives potentielles et la tentation de dépasser l’humain au nom du progrès. Le vampire devient alors moins un monstre qu’un symptôme.

Thriller nerveux, récit fantastique intelligent et réflexion philosophique sur la science et le pouvoir, Le Serment impressionne par son ambition maîtrisée. Rarement la bande dessinée de genre aura su conjuguer aussi efficacement tension narrative, profondeur thématique et impact visuel

Éditeur ‏ : ‎ Glénat BD Date de publication ‏ : ‎ 2 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 136 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 234404521X ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2344045213

The Ride-on King – Tome 15 de Yasushi Baba

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Alexandre Ploutinov, Président à vie de la Prussie, pensait avoir tout dompté… jusqu’à ce qu’il débarque dans un monde fantastique peuplé de centaures et de dragons !

Après quatorze volumes d’aventures aussi déjantées qu’épiques, The Ride-On King poursuit son étonnant numéro d’équilibriste entre parodie politique, fantasy classique et véritable récit d’aventure. Avec ce quinzième tome, la série confirme qu’elle ne se limite plus à son concept initial — aussi savoureux soit-il — pour déployer une narration de plus en plus dense et émotionnelle.

Alexandre Ploutinov, président à vie de la Prussie et amateur invétéré de montures, poursuit sa route vers l’Yggdrasil aux côtés de Kanya. Mais là où l’on pourrait attendre une simple progression héroïque, Yasushi Baba prend une nouvelle fois le lecteur à contre-pied : l’arrivée sur place débouche sur… un examen d’entrée à l’académie de magie. Une situation absurde, évidemment taillée sur mesure pour confronter l’autorité inébranlable de Ploutinov à un système scolaire aux règles aussi strictes qu’incompréhensibles.

Cette séquence, riche en humour, fonctionne à merveille. Le décalage entre la stature politique surhumaine du héros et les exigences bureaucratiques de la magie académique produit une comédie efficace, tout en permettant d’approfondir l’univers et ses institutions. Derrière la blague, l’auteur continue d’explorer sa satire des systèmes de pouvoir, qu’ils soient politiques, militaires… ou pédagogiques.

En parallèle, le récit bascule vers un registre plus dramatique avec l’intrigue consacrée à Saki. Accompagnée de Bell, elle retourne dans le Margraviat occidental, territoire qu’elle avait fui autrefois. Ce retour aux origines marque l’un des arcs émotionnels les plus forts de la série. Les terres sont ravagées par une invasion de monstres, tandis que sa famille — son père et son frère — se retrouve acculée par un ancien fiancé cynique, prêt à sacrifier les siens pour préserver son propre pouvoir.

Cette double narration donne au tome une structure particulièrement efficace. D’un côté, l’humour absurde et la légèreté assumée de Ploutinov ; de l’autre, un drame politique et familial beaucoup plus sombre, qui rappelle que The Ride-On King sait aussi manier la tension et la tragédie.

Yasushi Baba réussit ici un bel équilibre entre comédie et gravité. Les enjeux de Saki permettent d’enrichir considérablement son personnage, jusque-là souvent cantonné au second plan. Son passé, ses blessures et son courage prennent une nouvelle dimension, apportant une profondeur bienvenue à l’ensemble du casting.

Graphiquement, le manga conserve son style clair et dynamique. Les scènes d’action gagnent en ampleur, notamment dans les séquences liées à l’invasion monstrueuse, tandis que les expressions faciales continuent de porter une grande partie de l’humour — spécialité de la série. Le charisme presque caricatural de Ploutinov reste un moteur visuel redoutablement efficace.

Ce quinzième volume confirme que The Ride-On King n’est plus seulement une parodie amusée de l’isekai, mais une œuvre capable de construire un véritable monde, avec ses conflits, ses héritages et ses dilemmes moraux. Derrière l’excentricité de son héros se cache désormais un récit solide, porté par des personnages secondaires de plus en plus nuancés.

Entre examens de magie improbables, dragons, intrigues politiques et drames familiaux, ce tome marque une étape importante dans la montée en puissance de la série.

The Ride-On King – Tome 15 réussit à divertir autant qu’à émouvoir, prouvant une fois de plus que l’aventure peut être aussi absurde que sincère — tant qu’elle se vit à dos de créature majestueuse.

ASIN ‏ : ‎ B0FVDY9M14 Éditeur ‏ : ‎ Kurokawa Date de publication ‏ : ‎ 15 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 192 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1042021894

Soul Eater Perfect Edition – Tome 13 de Atsushi Ohkubo

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Retrouvez les célèbres faucheurs d’âmes dans une nouvelle édition Perfect pour le plus grand plaisir des fans de la licence !

Avec ce treizième volume de la Perfect Edition, Soul Eater entre dans l’une de ses séquences les plus sombres et les plus intenses. Atsushi Ohkubo poursuit son basculement progressif du shōnen explosif vers une œuvre profondément existentielle, où le combat n’est plus seulement physique mais mental, presque philosophique.

Au cœur de ce tome, une question simple et brutale : jusqu’où est-on prêt à aller pour obtenir le pouvoir que l’on désire ?

Après la destruction des vices dissimulés dans le Livre d’Eibon, Black☆Star s’engage seul vers l’ultime paragraphe afin de sauver Death the Kid. Une avancée qui prend rapidement des allures de descente aux enfers. Car Kid, confronté à une entité de pure démence, semble perdre pied, prisonnier d’une logique déformée où la raison et la symétrie — piliers de son identité — s’effondrent.

Ce tome marque un moment crucial dans l’évolution des personnages. Black☆Star, longtemps présenté comme un combattant excessif, bruyant et guidé par l’orgueil, révèle ici une maturité nouvelle. Sa quête de puissance ne repose plus uniquement sur le désir de surpasser les dieux, mais sur une conviction plus intime : protéger ceux qui comptent, quitte à se briser lui-même.

Le face-à-face entre Black☆Star et Kid est l’un des plus forts de la série. Il ne s’agit pas simplement d’un affrontement spectaculaire, mais d’un choc de visions du monde. D’un côté, la folie née du doute et de la perte de repères ; de l’autre, une détermination brute, presque primitive, qui refuse l’abandon. Les coups portés deviennent alors un langage, une tentative désespérée de ramener l’autre à la réalité.

Graphiquement, Atsushi Ohkubo livre certaines de ses planches les plus marquantes. Les déformations visuelles liées à la démence atteignent un niveau rarement égalé dans le manga grand public. Les corps se tordent, les décors se fragmentent, les visages perdent leur humanité. Le lecteur est plongé dans une esthétique cauchemardesque où le monde semble littéralement se fissurer.

La Perfect Edition sublime ce travail visuel : grand format, qualité d’impression renforcée, noirs profonds et détails plus lisibles permettent d’apprécier pleinement la richesse graphique et la créativité hallucinée de l’auteur.

Mais au-delà du spectaculaire, ce tome se distingue par sa portée thématique. Soul Eater interroge frontalement le prix du pouvoir, la frontière fragile entre ambition et folie, et la manière dont les idéaux peuvent devenir des prisons mentales. La démence n’est plus un simple antagoniste : elle devient une tentation permanente, un raccourci séduisant pour ceux qui refusent la peur et la faiblesse.

Ce treizième volume agit comme un point de rupture dans la narration. Les certitudes tombent, les héros vacillent, et la victoire n’est plus jamais garantie. Le ton est plus grave, parfois presque tragique, annonçant une dernière ligne droite où le monde lui-même semble au bord de l’effondrement.

Soul Eater Perfect Edition – Tome 13 confirme toute la puissance de la série : un shōnen d’action capable de mêler humour noir, énergie viscérale et réflexion profonde sur l’identité, la folie et le sacrifice.

Un volume intense, sombre et magistral, qui rappelle pourquoi Soul Eater demeure l’une des œuvres les plus singulières et audacieuses du manga contemporain.

Éditeur ‏ : ‎ Kurokawa Date de publication ‏ : ‎ 15 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 248 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2380716137 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2380716139

My Home Hero – Tome 26 de Naoki Yamakawa (Auteur), Masashi Asaki (Dessins)

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Que seriez-vous prêt à faire pour protéger votre famille ?

Après vingt-cinq volumes d’une tension constante, My Home Hero atteint avec ce tome 26 un point de bascule émotionnel et moral particulièrement fort. Plus que jamais, la série rappelle ce qui fait sa singularité : un thriller familial où la violence n’est jamais gratuite, mais toujours la conséquence directe d’un amour devenu absolu.

Depuis le début, Tetsuo Tosu agit par nécessité, par instinct paternel, par peur de perdre sa famille. Mais à mesure que les cadavres s’accumulent et que les mensonges s’enchevêtrent, une question n’a cessé de grandir : jusqu’où peut-on aller pour protéger ceux qu’on aime sans devenir soi-même un monstre ?

Ce vingt-sixième tome ne cherche plus à esquiver cette interrogation. Il l’affronte frontalement.

Alors que les événements se resserrent autour de la famille Tosu, les lignes morales se brouillent définitivement. Les alliances vacillent, les anciens ennemis changent de visage, et les choix posés dans l’urgence deviennent irréversibles. Le récit adopte une tonalité plus grave, presque funèbre, où chaque décision semble porter le poids d’une condamnation.

La phrase qui traverse le volume — « J’aime… mon père… » — agit comme un choc. Elle cristallise tout le paradoxe de la série : l’amour filial comme moteur de survie, mais aussi comme poison lent. Car aimer, dans My Home Hero, n’est jamais une bénédiction simple. C’est une responsabilité écrasante, parfois destructrice.

Naoki Yamakawa poursuit son travail d’écriture au scalpel. Le suspense ne repose plus uniquement sur les retournements de situation, mais sur la psychologie des personnages. Le lecteur connaît désormais les règles du jeu ; ce qui fascine, c’est de voir comment chacun tente d’y survivre sans perdre totalement son humanité.

Tetsuo, figure ordinaire devenue stratège du crime, apparaît plus fragile que jamais. Sa lucidité s’accompagne d’un épuisement palpable. Chaque manipulation, chaque mensonge supplémentaire semble l’éloigner un peu plus de l’homme qu’il était. Pourtant, il continue. Non par goût du sang, mais parce qu’il n’existe plus de retour possible.

Le dessin de Masashi Asaki accompagne parfaitement cette noirceur croissante. Les visages sont marqués, les regards souvent vides ou hagards. Les silences prennent autant de place que les dialogues, et la violence — rare mais brutale — frappe toujours sans emphase. La mise en scène privilégie l’attente, la peur diffuse, la menace invisible qui plane sur chaque page.

Ce tome 26 se distingue aussi par son rythme maîtrisé. Moins explosif que certains volumes précédents, il installe une tension psychologique lourde, presque suffocante. Le danger n’est plus seulement extérieur : il est désormais intérieur, inscrit dans les liens familiaux eux-mêmes.

My Home Hero n’a jamais été un simple polar. À ce stade de la série, il s’impose comme une tragédie moderne, où le héros n’est pas celui qui gagne, mais celui qui accepte de se perdre pour sauver les siens.

Ce nouveau volume confirme la maturité exceptionnelle du manga. Sans chercher la surenchère, il approfondit son propos sur la paternité, la culpabilité et le prix réel de la protection.

Un tome bouleversant, tendu et profondément humain, qui prépare une conclusion où chaque amour pourrait bien devenir une condamnation.

ASIN ‏ : ‎ B0FVF17FZZ Éditeur ‏ : ‎ Kurokawa Date de publication ‏ : ‎ 15 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 192 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1042021603

NONAME – Tome 2 de Rafal Jaki (Auteur), Machine Gamu (Dessins)

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Alors que Ralf et Ursula poursuivent leur enquête sur les No Name, Åke, un haut placé du NNB, est assassiné. Un étrange message est retrouvé sur son corps.

Avec ce deuxième tome, NONAME quitte le terrain de l’exposition pour entrer pleinement dans celui du vertige. Là où le premier volume posait les règles d’un monde gouverné par le pouvoir des prénoms, cette suite en explore désormais les failles, les mensonges et la violence systémique.

Ralf et Ursula poursuivent leur enquête sur les mystérieux No Name, ces individus privés d’identité officielle, rejetés hors du cadre légal et devenus l’angle mort du système. Mais l’équilibre déjà fragile du Nordic Name Bureau vacille lorsqu’Åke, l’un de ses membres les plus influents, est retrouvé assassiné. Sur son corps, un message énigmatique laisse entendre que ce meurtre n’est pas un simple acte isolé, mais le symptôme d’une guerre idéologique en train de naître.

À partir de ce point de rupture, le récit prend une ampleur nouvelle. NONAME cesse d’être uniquement une enquête surnaturelle pour devenir un thriller politique, où chaque personnage incarne une position morale face au pouvoir : obéir, détourner les règles, ou les faire exploser.

Ralf, jusqu’ici fonctionnaire loyal malgré ses doutes, commence à soupçonner que la vérité se trouve du côté de ceux que le système qualifie de monstres. Sa quête personnelle le pousse à retrouver une figure du passé, révélant peu à peu que personne, pas même les enquêteurs, n’est innocent dans l’ordre établi.

La grande force de ce tome réside dans sa capacité à complexifier son univers sans jamais le diluer. Les notions de prénom, d’héritage et de destin prennent une dimension plus tragique encore. Le nom n’est plus seulement une source de pouvoir : il devient un instrument de domination sociale, un outil de sélection et d’effacement.

Rafal Jaki affine ici son écriture avec une grande maîtrise. Les dialogues gagnent en gravité, la narration se fait plus tendue, parfois étouffante. Le rythme s’accélère sans perdre sa profondeur, laissant volontairement le lecteur dans une zone d’inconfort permanent. Rien n’est jamais totalement expliqué, et cette part d’ombre nourrit l’intensité du récit.

Visuellement, Machine Gamu poursuit son travail remarquable. Son dessin gagne en contraste, multipliant les jeux d’ombres et les compositions fragmentées. Les visages se déforment sous le poids des révélations, tandis que les décors — couloirs administratifs, zones interdites, rues anonymes — deviennent le reflet d’une société qui se fissure. Chaque planche participe à cette sensation d’effondrement progressif.

Ce tome 2 marque également un basculement émotionnel. L’univers n’est plus observé de l’extérieur : il atteint désormais ses personnages de plein fouet. La frontière entre bourreaux et victimes s’efface, laissant place à une vérité plus dérangeante : le système n’est pas corrompu, il fonctionne exactement comme prévu.

NONAME interroge alors frontalement notre rapport à l’identité, à la normalisation et à la peur de ceux qui échappent aux cases. Que devient un individu lorsqu’il n’a plus de nom ? Est-il libre… ou condamné à l’invisibilité ?

Avec ce deuxième volume, la série confirme son ambition littéraire et politique. Rarement un manga contemporain aura su mêler aussi efficacement concept fantastique, critique sociale et tension narrative.

Un tome dense, sombre et profondément intelligent, qui transforme l’enquête en acte de résistance et annonce une suite où plus rien — ni les noms, ni les institutions, ni les personnages — ne pourra rester intact.

ASIN ‏ : ‎ B0FVDY98NT Éditeur ‏ : ‎ Kurokawa Date de publication ‏ : ‎ 15 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 192 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1042022006