NONAME – Tome 1 de Rafal Jaki (Auteur), Machine Gamu (Dessins)

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Dans un monde où le prénom d’une personne détermine ses pouvoirs, Ralf et Ursula travaillent pour le Nordic Name Bureau (NNB), chargé de contrôler ceux qui les attribuent.

Avec NONAME, Rafal Jaki — déjà remarqué pour son sens aigu des univers dystopiques — livre un premier tome aussi conceptuel que viscéral, porté par une idée forte : dans ce monde, le prénom détermine les pouvoirs, la destinée et parfois même la place sociale.

Un simple mot devient identité, arme ou condamnation.

Dans cette société régie par l’onomancie, le Nordic Name Bureau (NNB) agit comme une autorité de contrôle. Son rôle : surveiller ceux qui attribuent les prénoms, prévenir les abus et maintenir un fragile équilibre entre les individus. C’est au sein de cette institution que travaillent Ralf et Ursula, deux enquêteurs que tout oppose, mais unis par une même lassitude face à un système qu’ils servent sans vraiment y croire.

Lorsqu’ils sont appelés à enquêter sur la disparition inexpliquée d’une mère et de son enfant, l’affaire semble d’abord banale. Mais très vite, la piste mène à un homme nommé Bodil — un prénom chargé de symboles et de conséquences. À partir de cette rencontre, le récit bascule dans une spirale plus sombre, où chaque nom cache une vérité, et où l’identité devient une prison.

Le manga déploie alors une réflexion vertigineuse sur la fatalité sociale, la transmission et le poids du langage. NONAME interroge ce que signifie être nommé, étiqueté, défini avant même d’avoir choisi qui l’on est. Le prénom n’est plus un héritage affectif : il devient un verdict.

Graphiquement, Machine Gamu impressionne par un trait nerveux et anguleux, parfois brutal, qui épouse parfaitement l’atmosphère froide et bureaucratique du récit. Les décors urbains, massifs et oppressants, évoquent une Europe du Nord dystopique, entre brutalité industrielle et mysticisme ancien. Les visages marqués, presque sculptés, renforcent le sentiment d’un monde figé où chacun porte sur lui le poids de son nom.

La narration, volontairement dense, refuse toute facilité. Le lecteur avance à tâtons, comme les enquêteurs eux-mêmes, découvrant peu à peu les règles de ce monde inquiétant. Cette exigence renforce l’immersion et donne au récit une vraie maturité, rare pour un premier tome.

Mais NONAME ne se contente pas d’un concept brillant. Il s’attache aussi à ses personnages, à leurs failles, à leurs doutes. Ralf incarne l’obéissance fatiguée ; Ursula, la colère contenue. Tous deux évoluent dans un univers où même la rébellion semble déjà écrite à l’avance.

Entre polar surnaturel, dystopie politique et fable philosophique, NONAME – Tome 1 pose les bases d’une série ambitieuse, sombre et profondément contemporaine. Une œuvre qui parle de contrôle social, de déterminisme et de liberté individuelle sans jamais sacrifier le suspense ni l’émotion.

Un manga aussi stimulant qu’inquiétant, qui transforme une simple question — comment t’appelles-tu ? — en interrogation existentielle majeure.

Un premier volume dense, audacieux et prometteur, qui marque une entrée remarquable dans le paysage du manga de genre.

ASIN ‏ : ‎ B0FVDLBR6Z Éditeur ‏ : ‎ Kurokawa Date de publication ‏ : ‎ 15 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 208 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1042020903

Bourricorne de José Fragoso

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Bruno le bourricot en a assez de sa vie monotone à la ferme Bellevue. Il sent bien qu’il n’est pas un animal comme les autres: il est né pour être une bête de scène et il fera tout pour le devenir.

Avec Bourricorne, José Fragoso signe un album jeunesse plein d’énergie, d’humour et de fantaisie, porté par un héros aussi attachant qu’absurde : Bruno, un bourricot persuadé qu’il est destiné à la gloire.

Las de la routine de la ferme Bellevue, Bruno rêve de projecteurs, de costumes et d’applaudissements. Convaincu qu’il n’est pas un âne comme les autres, il décide de tenter sa chance au Théâtre des Merveilles en se faisant passer pour une licorne… ou presque. Car Bruno n’est pas une licorne ordinaire : il est un bourricorne, composé de 99 % de bourricot et d’1 % de licorne — un détail qu’il juge largement suffisant pour entrer dans la légende.

Le récit joue avec jubilation sur le décalage entre l’ambition démesurée du héros et la réalité parfois cruelle du spectacle. Entre quiproquos, rivalités et numéros plus ou moins convaincants, l’histoire interroge avec légèreté la quête d’identité, le besoin de reconnaissance et le droit de croire en ses rêves, même les plus farfelus.

Graphiquement, l’album déploie un univers expressif et coloré, où le mouvement et la théâtralité dominent. Les illustrations accentuent le comique de situation tout en donnant une véritable personnalité aux personnages secondaires, notamment cette mystérieuse fan prête à percer le secret de Bruno.

Sous ses allures de comédie loufoque, Bourricorne délivre un message bienveillant sur l’acceptation de soi, la différence et le courage d’oser être qui l’on est — même si l’on n’est licorne qu’à un pour cent. Un album joyeux, rythmé et irrésistible, parfait pour célébrer l’imagination et la confiance en soi dès le plus jeune âge.

Éditeur ‏ : ‎ Nopp Date de publication ‏ : ‎ 23 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ 1er Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 64 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 8412928954 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-8412928952

Loin de moi de Christine Mari

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Mi-américaine, mi-japonaise, née à Tokyo mais élevée aux États-Unis, Christine s’est toujours sentie la moitié d’elle-même…

Avec Loin de moi, Christine Mari livre un récit intime et délicat sur la quête d’identité, le sentiment d’entre-deux et la difficulté de trouver sa place lorsque l’on appartient à plusieurs mondes sans jamais se sentir totalement chez soi.

Mi-américaine, mi-japonaise, née à Tokyo mais élevée aux États-Unis, l’autrice raconte le parcours d’une jeune femme convaincue qu’un retour au Japon lui permettra enfin de se réapproprier une part d’elle-même longtemps mise à distance. Ce voyage, pensé comme une réconciliation intérieure, prend la forme d’une année universitaire à Tokyo, porteuse d’espoirs et de promesses de complétude.

Mais très vite, le fantasme du « retour aux origines » se fissure. Là où Christine pensait retrouver un sentiment d’appartenance, elle découvre une autre forme d’isolement. Trop japonaise pour être perçue comme américaine, trop étrangère pour être considérée comme pleinement japonaise, elle se confronte à une identité fragmentée que ni la langue, ni les codes sociaux, ni la culture ne suffisent à réparer.

Le livre se distingue par sa grande justesse émotionnelle. Sans jamais forcer le trait, Christine Mari décrit les micro-blessures du quotidien : regards insistants, maladresses culturelles, attentes projetées par les autres. L’écriture, simple et sincère, s’accompagne d’illustrations sensibles qui traduisent visuellement le décalage intérieur de l’héroïne, souvent isolée dans des décors urbains pourtant grouillants de vie.

Loin de moi aborde avec finesse des thèmes profondément contemporains : la double culture, l’exil intérieur, la pression des origines et la construction de soi à l’âge adulte. Plus qu’un récit de voyage, l’ouvrage devient une méditation douce-amère sur ce que signifie « appartenir », et sur l’acceptation d’une identité plurielle qui ne se résout pas toujours.

  • Éditeur ‏ : ‎ Delcourt
  • Date de publication ‏ : ‎ 22 janvier 2026
  • Édition ‏ : ‎ Illustrated
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 304 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2413088083
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2413088080

Agence Lockwood & associés T1: Les fantômes, c’est mon métier de Rachele (Illustration), Jonathan Stroud (Auteur)

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Depuis 50 ans, l’Angleterre est en quarantaine : les âmes des défunts ne trouvent plus le repos et hantent les vivants.

Agence Lockwood & associés T1 : Les fantômes, c’est mon métier ouvre une série aussi jubilatoire que sombre, dans laquelle Jonathan Stroud déploie tout son talent pour mêler fantastique, aventure et humour britannique très sec.

Depuis cinquante ans, l’Angleterre vit sous la menace permanente du Problème : les morts refusent de quitter le monde des vivants. Les fantômes hantent les maisons, les rues et les monuments, et le moindre contact peut s’avérer fatal. Face à ce danger invisible, seuls les adolescents, plus sensibles aux manifestations surnaturelles, sont capables de détecter et de combattre les esprits. Une situation aussi absurde qu’inquiétante, devenue la norme dans une société organisée autour de la peur… et du profit.

C’est dans ce contexte que Lucy Carlyle, jeune chasseuse de fantômes talentueuse mais fauchée, rejoint la petite agence Lockwood & associés. À sa tête, Antony Lockwood : charismatique, imprudent, légèrement arrogant et farouchement indépendant. L’agence, minuscule face aux grandes firmes ultra-capitalisées du secteur, survit tant bien que mal, entre missions dangereuses et dettes accumulées. Rapidement, une enquête qui semblait anodine va révéler des enjeux bien plus inquiétants que prévu.

Jonathan Stroud excelle dans l’installation d’une atmosphère à la fois oppressante et ludique. Les scènes de chasse aux fantômes sont tendues, parfois franchement effrayantes, mais toujours traversées par un humour pince-sans-rire qui désamorce la terreur sans jamais la nier. L’univers est remarquablement construit : règles claires du surnaturel, hiérarchie sociale fondée sur la peur, adultes incompétents laissant les adolescents risquer leur vie – un choix narratif qui renforce la dimension critique du récit.

La grande force du roman réside aussi dans ses personnages. Lucy, narratrice lucide et ironique, apporte une voix moderne et attachante. Lockwood, figure ambiguë, fascine autant qu’il intrigue, tandis que les relations au sein de l’agence se construisent sur la confiance, le danger et une solidarité forgée dans l’urgence. Derrière l’aventure fantastique, le roman parle aussi de solitude, de classe sociale et de la difficulté à trouver sa place dans un monde verrouillé.

Accessible, rythmé et visuellement très évocateur, Les fantômes, c’est mon métier pose les bases d’une saga addictive, capable de séduire aussi bien les jeunes lecteurs que les amateurs de fantasy urbaine plus mature. Un premier tome efficace, intelligent et terriblement divertissant, qui prouve que Jonathan Stroud maîtrise à la perfection l’art du fantastique populaire de qualité.

Éditeur ‏ : ‎ RUE DE SEVRES Date de publication ‏ : ‎ 14 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 64 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2810207283 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2810207282

Picsou Magazine Hors-Série HS02. Souvenirs du Klondike Une BD de Corrado Mastantuono

Contient les 6 épisodes de la série « Blue Peaks Valley » + une interview de l’auteur.

Avec Picsou Magazine Hors-Série HS02 – Souvenirs du Klondike, Corrado Mastantuono livre un hommage vibrant et profondément incarné aux grandes heures de la ruée vers l’or, en s’inscrivant dans la plus pure tradition des récits fondateurs de l’univers de Picsou.

Réunissant les six épisodes de la série Blue Peaks Valley, ce hors-série séduit par son souffle romanesque et son approche plus réaliste, presque mélancolique, du Klondike. Mastantuono y déploie un dessin somptueux, ample et expressif, qui donne toute sa densité aux paysages enneigés, à la rudesse du froid et à la solitude des chercheurs d’or. Le trait, très cinématographique, privilégie les atmosphères, les silences et les regards, renforçant la dimension humaine de l’aventure.

Loin de l’or clinquant, Souvenirs du Klondike s’attache à la mémoire, à l’effort et au prix à payer pour les rêves de fortune. Le récit explore la naissance des mythes et la part d’ombre de l’épopée, dans un équilibre subtil entre aventure, introspection et tragédie. L’interview de l’auteur, incluse en fin d’ouvrage, éclaire avec intelligence ses choix artistiques et son rapport à l’héritage de Carl Barks et Don Rosa.

Un hors-série élégant et ambitieux, qui s’adresse autant aux amateurs de Picsou qu’aux lecteurs sensibles aux grands récits d’aventure humanistes, et qui confirme Corrado Mastantuono comme l’un des auteurs majeurs du canard milliardaire contemporain.

L’Addiction s’il vous plait: Les confessions d’un alcoolique qui se soigne de Terreur Graphique

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Né sur Instagram, L’Addiction, s’il vous plaît est bien plus qu’un témoignage : c’est une plongée sans filtre dans le combat de Terreur Graphique contre l’alcool.

Avec L’Addiction, s’il vous plaît, Terreur Graphique livre une œuvre d’une puissance brute et d’une honnêteté désarmante, qui dépasse largement le cadre du simple témoignage. Né sur les réseaux sociaux, le projet trouve ici une forme aboutie, cohérente et profondément littéraire, où le dessin devient un outil de survie autant qu’un moyen de compréhension.

L’auteur y raconte son combat contre l’alcool sans fard ni posture héroïque. Tout est montré : les rechutes, les justifications, les mensonges à soi-même, la honte, mais aussi l’humour comme bouclier, la lucidité comme arme et l’autodérision comme respiration. Terreur Graphique ne cherche jamais à édulcorer son récit ni à donner des leçons. Il expose, frontalement, ce que signifie vivre avec une addiction qui s’insinue partout : dans l’héritage familial, les relations amoureuses, le rapport au travail, à la fête, à la création et au regard des autres.

La force de l’ouvrage réside dans sa capacité à articuler l’intime et le collectif. À travers son histoire personnelle, l’auteur interroge la place de l’alcool dans notre société, sa banalisation, son omniprésence culturelle et la violence silencieuse qu’elle engendre. La pop culture, les codes de la virilité, la pression sociale et la quête de reconnaissance sont autant de fils que le livre tisse pour montrer que l’addiction n’est jamais un simple problème individuel.

Graphiquement, le style de Terreur Graphique, immédiatement reconnaissable, accompagne parfaitement le propos. Le dessin, volontairement brut, parfois presque agressif, traduit l’urgence, la colère et la confusion intérieure. Les pages alternent entre fulgurances visuelles, silences lourds et punchlines implacables, créant un rythme qui épouse celui de la dépendance elle-même : chaotique, obsessionnel, épuisant.

Mais L’Addiction, s’il vous plaît n’est pas un livre désespéré. Il parle aussi du soin, de la lente reconstruction, de la difficulté à se regarder en face et de la fragilité du chemin vers la sobriété. Sans promettre de miracle, Terreur Graphique rappelle que le combat est quotidien, imparfait, et profondément humain.

Œuvre à la fois drôle, violente et bouleversante, ce livre s’impose comme le travail le plus abouti de son auteur. Un récit nécessaire, courageux, qui touche par sa sincérité et laisse une empreinte durable, bien au-delà de la dernière page.

Éditeur ‏ : ‎ CASTERMAN Date de publication ‏ : ‎ 7 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 144 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 220329793X ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2203297937

Nos accords imparfaits de Cécile Dupuis (Dessins, Rédacteur), Gilles Marchand (Scenario)

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Face A. Anton et Hélène vivent ensemble, dansent ensemble, écoutent de la musique ensemble, font tout ou presque ensemble : ils s’aiment.

Avec Nos accords imparfaits, Cécile Dupuis et Gilles Marchand livrent une bande dessinée délicate et profondément sensible, qui explore la fragilité des liens amoureux et la difficulté de communiquer lorsque les mots viennent à manquer. Construit comme un disque vinyle, avec une Face A et une Face B, l’album joue brillamment sur cette structure pour raconter à la fois une histoire intime et une traversée presque onirique.

Dans la première partie, le récit s’ancre dans le quotidien d’Anton et Hélène, un couple uni par l’amour et la musique. Elle est violoncelliste, lui livreur, et leur relation semble d’abord harmonieuse, rythmée par les gestes partagés et les silences complices. Mais peu à peu, un autre silence s’installe, plus lourd, plus inquiétant. Anton perd les mots, se replie sur lui-même, incapable d’exprimer ses sentiments. Cette disparition du langage devient le symptôme d’un malaise plus profond : la perte de sens, dans le couple comme dans la vie professionnelle. La Face A capte avec une grande justesse cette lente dérive, faite de non-dits, de solitude à deux et de musique comme dernier refuge.

La Face B bascule dans une dimension plus symbolique. Une panne, un dernier colis à livrer, une adresse qui n’existe sur aucune carte : le récit quitte le réalisme pour emprunter les chemins du conte et de l’errance intérieure. La ville étrange dans laquelle Anton s’enfonce agit comme un miroir de son état émotionnel, un labyrinthe mental où se mêlent culpabilité, espoir et désir de réparation. Ce voyage devient une quête, non seulement pour retrouver Hélène, mais aussi pour se retrouver lui-même et renouer avec ce qui a été perdu.

Le dessin de Cécile Dupuis accompagne magnifiquement cette double narration. Son trait, à la fois doux et expressif, sait se faire intimiste dans les scènes du quotidien et plus déroutant dans les passages oniriques. La musique, omniprésente, est rendue visible par le rythme des planches, la composition des pages et les silences graphiques, qui disent parfois plus que les dialogues.

Éditeur ‏ : ‎ CASTERMAN Date de publication ‏ : ‎ 7 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 160 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 220329566X ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2203295667

Les Moribonds de Florence Dupré la Tour

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Gabriel erre dans les décombres d’un monde contemporain ravagé par une épidémie de morts-vivants.

Avec Les Moribonds, Florence Dupré la Tour s’empare des codes du récit post-apocalyptique et du mythe du vampire pour livrer une bande dessinée aussi mordante qu’intelligente, où l’humour noir sert une réflexion politique et sociale d’une redoutable efficacité.

Dans un monde contemporain ravagé par une épidémie de morts-vivants, Gabriel erre parmi les ruines. Il a faim, il est seul, et surtout, il est un vampire. Or dans cet univers où les humains ont presque disparu, cette condition autrefois dominante devient une malédiction. Le sang se raréfie, la survie devient incertaine, et Gabriel se retrouve confronté à une angoisse inédite : celle de manquer de ressources, d’être inutile, dépendant, vulnérable.

Toute la force de l’album réside dans ce renversement des rapports de domination. En détournant la figure classique du vampire — traditionnellement associée à l’aristocratie, à la rente et à l’exploitation — Florence Dupré la Tour propose une satire sociale brillante. Les anciens prédateurs se retrouvent à la merci des plus fragiles, les hiérarchies s’effondrent, et la question du travail, de la valeur et de l’interdépendance entre les êtres devient centrale. Que devient celui qui vivait du travail et du sang des autres lorsque ce système disparaît ?

Le ton oscille avec une grande justesse entre tragédie existentielle et comédie absurde. Gabriel est un anti-héros profondément attachant, pathétique parfois, lucide souvent, dont les errances font naître autant de rires grinçants que de moments de mélancolie. L’autrice parvient à traiter de thèmes lourds — exploitation, fin d’un modèle social, survie collective — sans jamais alourdir le récit, grâce à une écriture précise et un sens aigu du décalage.

Graphiquement, le dessin de Florence Dupré la Tour accompagne parfaitement cette atmosphère de fin du monde désenchantée. Le trait, expressif et nerveux, donne une vraie personnalité aux personnages et aux décors en ruine, tandis que la mise en scène privilégie le rythme et l’efficacité narrative. Le monde dévasté n’est jamais spectaculaire : il est sale, banal, presque ordinaire, ce qui renforce la portée satirique de l’ensemble.

Éditeur ‏ : ‎ CASTERMAN Date de publication ‏ : ‎ 7 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 96 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2203300019 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2203300019

The O.D.D. Squad: Captain Bad Vs Captain Worse (English Edition) de Stuart Heritage (Auteur), Vincent Batignole (Illustrations)

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Discover the newest book in this brilliant full-colour, illustrated series. Perfect for reluctant readers aged 6+, and for fans of Bunny vs Monkey, Dog Man and The Investigators.

Avec The O.D.D. Squad: Captain Bad Vs Captain Worse, Stuart Heritage et Vincent Batignole signent un nouvel épisode aussi déjanté qu’efficace de cette série illustrée pensée pour les jeunes lecteurs… et tous ceux qui aiment l’humour absurde bien mené. Dès les premières pages, le ton est donné : ici, l’aventure rime avec non-sens, rythme effréné et imagination sans limites.

Dans Justice City, Quack Attack, Detective Octopus et Invisidog forment une équipe de super-héros aussi improbables qu’attachants. Leur force ? Une dynamique de groupe jubilatoire, portée par des dialogues ciselés et un sens du comique qui joue autant sur le visuel que sur la situation. Lorsque leur ennemi juré, Captain Bad, décide de se cloner pour vaincre définitivement l’O.D.D. Squad, l’histoire bascule dans une surenchère savoureuse : la naissance accidentelle de Captain Worse, version encore plus dangereuse et incontrôlable de lui-même, redistribue totalement les cartes.

Le scénario, volontairement excessif, fonctionne comme une mécanique comique parfaitement huilée. Stuart Heritage maîtrise l’art du gag tout en conservant une véritable progression narrative, ce qui rend la lecture addictive. Les illustrations en couleurs de Vincent Batignole jouent un rôle central : expressives, dynamiques, pleines de détails loufoques, elles accompagnent idéalement le texte et renforcent l’accessibilité de l’ouvrage, notamment pour les lecteurs réticents.

Sous ses airs de pur divertissement, le livre valorise aussi la coopération, l’acceptation des différences et l’idée que même les pires adversaires peuvent, parfois, devenir des alliés inattendus. Une approche intelligente, jamais moralisatrice, qui explique le succès de la série auprès des enfants dès 6 ans.

Drôle, inventif et visuellement très séduisant, Captain Bad Vs Captain Worse s’impose comme une lecture idéale pour donner le goût des livres, dans la lignée de séries cultes comme Dog Man ou Bunny vs Monkey. Un concentré d’humour et d’énergie, parfaitement calibré pour le jeune public d’aujourd’hui.

  • Éditeur ‏ : ‎ Puffin
  • Date de publication ‏ : ‎ 28 août 2025
  • Langue ‏ : ‎ Anglais
  • Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 208 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 0241731550
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-0241731550
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L’Atelier des fées T2 de Akane Wakita

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Installée dans l’atelier de Kyoko, Mary se forme à ses côtés et crée ses propres modèles

Dans ce second tome, L’Atelier des fées confirme tout ce qui fait le charme singulier de la série d’Akane Wakita : une délicatesse narrative rare, un regard bienveillant sur la différence et une célébration discrète de la création comme langage universel. Installée auprès de Kyoko, Mary poursuit son apprentissage avec patience et émerveillement, tout en nourrissant une curiosité grandissante pour le monde des humains.

La rencontre avec un jeune garçon passionné de couture marque un tournant sensible du récit. Comme Kyoko avant lui, il est capable de voir Mary pour ce qu’elle est réellement, au-delà des apparences. À travers cette reconnaissance mutuelle, le manga aborde avec une grande finesse la question du regard porté sur l’autre, de l’acceptation de soi et de la liberté de suivre sa propre voie, loin des normes imposées.

Le trait d’Akane Wakita, d’une douceur aérienne, accompagne parfaitement ce récit intimiste, où chaque geste, chaque création textile devient un acte de résistance poétique face à l’invisibilisation. Sans jamais être démonstratif, ce tome 2 approfondit les thématiques de l’émancipation, du lien et de la transmission, tout en conservant une atmosphère chaleureuse et apaisante.

L’Atelier des fées s’impose ainsi comme une série précieuse, aussi réconfortante que profondément humaine, capable de toucher lecteurs jeunes et adultes par sa sincérité et sa sensibilité.

  • Éditeur ‏ : ‎ RUE DE SEVRES
  • Date de publication ‏ : ‎ 7 janvier 2026
  • Édition ‏ : ‎ Illustrated
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 192 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2810209073
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2810209071