Dans les forêts de Sibérie de Virgile Dureuil et Sylvain Tesson | 13 novembre 2019

L’adaptation en bande dessinée du best-seller de Sylvain Tesson. Peut-on se détacher complètement du monde des hommes ? Quitter la ville et son quotidien pour aller vivre au bout du monde, tel est le défi que s’est donné Sylvain Tesson.

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Chronique : N’ayant pas lu le roman de Sylvain Tesson , je ne pourrais pas faire le parallèle entre la bd et le roman, mon seul avis sera donc sur cet ouvrage, c’est un livre qui nous fait penser au film Into The Wild de Sean Penn : se retirer dans la nature, sans les « commodités » modernes, et jouer un rôle de médiateur sur la beauté de la nature et sa place dans l’univers.

Le lac Baïkal est un véritable « étang » ; en fait, grâce à sa profondeur, c’est la plus grande étendue d’eau douce du monde, 700 km de long, 80 km de large et un kilomètre et demi de profondeur. Dans ce récit le personnage principal n’est autre que l’écrivain Tesson, et de février à juillet 2010, Tesson avait un siège  » de première ligne  » sur le lac : une cabane de trois mètres sur trois, construite (approximativement) par des géologues dans les années 1980. Le chalet fait maintenant partie d’une réserve naturelle. L’amélioration principale de Tesson : deux fenêtres modernes a double vitrage. Il a vu le lac Baïkal pour la première fois en 2003 et a réalisé son rêve de vivre au bord du lac pendant trois des saisons, sept ans plus tard.

Tesson ne s’assoit pas seulement dans sa cabine et regarde son nombril. Il sort et se promène, avec ses raquettes à neige, obligatoire dans les premiers mois de son séjour. Début mars, alors qu’il fait -30°C, il a marché 130 km de sa cabane jusqu’à l’île d’Ouchkany, au milieu du Baïkal gelé. Il marchait environ 30 km par jour, jusqu’à la prochaine cabane habitée. Dans l’ensemble, c’était un voyage de 10 jours, dont deux jours sur l’île. Il escaladait régulièrement les 1000 mètres de montagne derrière sa cabine. En été, il utilisait son kayak. C’est un naturaliste à part entière, avec de belles descriptions du monde naturel, y compris les oiseaux qui lui tenaient compagnie pendant l’hiver.

Les aperçus ironiques et sardoniques sur la condition humaine abondent. Il fait l’éloge du linoléum dans la cabine, notant à quel point la plupart des aspects de la vie sont laids et minables en Russie, faisant remarquer que l’esthétique était considérée comme un déviationnisme réactionnaire en URSS. Tesson, dans son isolement (relatif), critique à plusieurs reprises une de mes bêtes noires personnelles : la surpopulation. L’auteur raconte son expérience de vivre complètement seul dans une forêt au bord du lac Baïkal où il réfléchit sur la pureté de la nature, loin de la dévastation que les humains créent par leur manque de respect pour notre belle Terre. La philosophie avec laquelle il écrit le texte est très inspirante et cette adaptation l’est. Le dessin est soigné par Virgile Dureuil , les détails fourmillent dans chaque planche. C’est une histoire simple mais c’est si bien raconté que ça en est  secondaire. Chaque image fourmille d’informations et de petits clins d’œil qui en disent long sur l’histoire et les personnages. Un moment de douceur, d’émotion. A lire.

Note : 9,5/10

Extrait :

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  • Album : 96 pages
  • Editeur : CASTERMAN (13 novembre 2019)
  • Collection : ALBUMS
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2203198826
  • ISBN-13 : 978-2203198821

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Chronique : La Reine des Neiges 2

Trois ans après les événements du premier film, Elsa commence à entendre une étrange voix venant du nord qui l’appelle. C’est accompagnée de sa sœur Anna, de Kristoff, d’Olaf, et de Sven qu’elle embarque pour une nouvelle aventure loin de son pays, Arendelle, pour découvrir les origines de son pouvoir et sauver son royaume.

Chronique :

Après le succès mondial du 1er opus en 2013, Disney Animation Studios propose la suite tant attendue du plus gros succès des studios Disney. Et j’ai clairement passé un bon moment pendant la projection.

L’histoire nous emmène cette fois-ci à la recherche de réponses sur d’étranges événements perturbant Elsa, sur ses origines, et sur des faits qui se sont déroulés bien avant le 1er opus, impliquant les parents d’Anna et Elsa et d’autres personnages du royaume d’Arendelle. Mais je souhaite que vous le découvriez par vous-mêmes afin de ne pas vous spoiler.

Concernant les personnages de ce film :

  • Elsa : elle joue un rôle bien plus important dans cet opus, en raison de l’intrigue et du contexte du film. C’est le point de repère pour le spectateur. La voix française d’Elsa par Charlotte Hervieux (depuis Ralph 2.0) présente une continuité avec le doublage réalisé pour le premier film. Je la trouve même plus agréable au final.

  • Anna : elle endosse plutôt un rôle de soutien durant la 1re partie du film, avant de prendre de l’importance dans la 2e moitié. Son attitude est similaire au 1er opus mais cette fois-ci, elle fait preuve d’une meilleure maîtrise d’elle-même, ce qui la rend moins agaçante. Sa relation avec Elsa est plus joyeuse.

  • Olaf : il est toujours aussi adorable et garde son humeur de blagueur du 1er opus mais avec un peu plus de maîtrise. Une scène m’a particulièrement marqué en me déclenchant un gros fou rire, digne de ce personnage.

  • Kristoff : il prend confiance au fur et à mesure que l’intrigue avance, malgré un rôle plus secondaire selon moi (de même que Sven). Il prend son courage à deux mains pour aider ses amis (et particulièrement Anna)

Au niveau de l’animation, elle est toujours propre chez Disney, malgré un point négatif sur les effets d’eau que j’ai trouvés moins réalistes sur certaines scènes, voire fades.

Concernant les musiques, elles sont agréables à écouter pour certaines, et d’autres le sont un peu moins. Le plus gros défaut du 1er film a été gommé grâce à une meilleure répartition des chansons pendant le film. Selon moi, le prochain HIT qui va peut-être soûler les parents sera la chanson « Dans un autre monde », mais qui est peut-être moins puissante que « Libérée, Délivrée ».

Conclusion :

Est-ce que ce film est une suite digne du 1er opus, ou peut-il même le surpasser ?
Pour moi, il est à la hauteur, c’est incontestablement une suite digne. Maintenant je pense qu’il ne le surpasse pas car le scénario est disons peut-être un peu classique, et certaines scènes sont prévisibles.
Mais la suite du film se justifie par l’importance du rôle d’Elsa face à l’intrigue et au contexte (les origines de ses pouvoirs notamment).
Je suis content que les producteurs et scénaristes n’aient finalement pas inclus une petite amie féminine pour Elsa pour répondre au mouvement lancé quelques années auparavant sur les réseaux sociaux, car cela n’aurait pas apporté grand-chose à l’histoire.

Pour conclure, La Reine des Neiges 2 est un super film pour ces fêtes de fin d’année, avec une aventure chaleureuse et agréable à suivre grâce à nos personnages favoris et cultes que nous retrouvons avec enthousiasme.

Je prendrai plaisir à le revoir prochainement et avant de terminer, gardez l’œil ouvert pour trouver les quelques Easter Eggs, notamment au début du film. Et surtout, restez bien jusqu’à la fin pour découvrir une scène surprise après le générique.

La  chronique en vidéo :

Mortelle Adèle au pays des contes défaits – tome collector de Mr TAN et DIANE LE FEYER | 16 octobre 2019

Mortelle Adèle se retrouve propulsée dans le pays des Contes Défaits, un monde merveilleux où tout le monde peut réaliser ses rêves ! Mais celle que tout le monde surnomme Princesse Barbecue traîne une réputation explosive qui détonne avec le calme apparent des habitants du Royaume d’Enchantement… Un caractère qui pourrait lui être utile pour survivre à la mignonnerie de ce monde étrange, où les princes se la coulent douce tandis que les petites princesses rivalisent de vacheries pour cumuler des points sourire et devenir les héroïnes de leur propre conte ! Pour Adèle, l’objectif est simple : dégommer la concurrence et écrire un conte d’un nouveau genre pour les filles ET les garçons !

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Chronique : Je ne vous présente plus Mortelle Adèle, cette héroïne de bande dessinée que les enfants adorent et qu’en général, les parents apprécient un peu moins en raison de son ton impertinent et son comportement subversif..

Mortelle Adèle affiche en effet un caractère bien trempé, des manières irrespectueuses et cultive à merveille l’humour acide.

La princesse Mortadelle — oups Mortelle Adèle pardon — se rend au pays des contes défaits. Dans ce monde, les princesse doivent s’entretuer — heu pardon, concourir afin d’obtenir le titre de Princesse Étoile qui leur permettra d’avoir leur propre conte ! Pour cela, il leur faudra obtenir des Points Sourires, obtenus en réalisant de bonnes actions.

Ici, la bande dessinée se moque des concours de beauté et autres téléréalités stupides basés uniquement sur le physique et la superficialité. L’égalité hommes/femmes est également très mis en avant puisque les Princes Charmants sont des benêts stupides qui eux, n’ont pas à combattre pour obtenir leur contes. Et bien entendu, c’est toute l’image que les contes donnent des femmes qui est ici remis en question.

Vous l’aurez compris, cette bande dessinée suit la vague féministe du moment. C’est très sympathique.

Malheureusement, j’ai trouvé ce hors série bien moins drôle que les bandes dessinées d’origine. Mais bon, pour une fois qu’on aborde un sujet sérieux avec un peu d’humour, on ne va pas se plaindre ^^.

Note : 9/10

 

  • Album : 112 pages
  • Editeur : Tourbillon (16 octobre 2019)
  • Collection : Globulle Mortelle Adèle
  • Langue : Français
  • ISBN-13 : 979-1027607747

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Countdown (13 novembre 2019) de Justin Dec avec Elizabeth Lail, Jordan Calloway

Voulez-vous savoir combien de temps il vous reste à vivre ? Téléchargez l’appli Countdown ! Lorsque Quinn, une jeune infirmière, télécharge cette application à la mode, elle découvre qu’il ne lui reste que 3 jours à vivre. Elle doit trouver un moyen d’échapper à son sinistre destin avant la fin du compte à rebours.

Chronique : Countdown postule que dans un monde paranoïaque de doutes et d’inquiétudes sans fin, causé par le déluge de contenu débordant, il existe une application qui pourrait mettre fin à des questions sans fin avec une seule et dernière information: accepter les termes et conditions et voir la date à laquelle vous allez mourir, à la seconde.

C’est une promesse inquiétante, qui repose sur une curiosité perverse – de l’utilisateur et du spectateur du cinéma – pour voir ce qui se passe lorsqu’une horloge en direct décide combien de temps vous resterez en vie. Cela va-t-il apaiser votre esprit pendant de nombreuses années ou déclencher une bombe à retardement qui explose trop tôt?

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Elizabeth Lail  découvre qu’il ne lui reste que quelques jours – et déploie ainsi une mission nerveuse pour aller à la racine du paysage infernal.  Le scénario est prometteur, mais ont finalement à trop peu de ressources. L’actrice principale ressemble à toutes les héroïnes pleines d’espoir et saines jetées au beau milieu d’un cauchemar.

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Il y a  quelques tentatives de comédie, mais le film n’a pas assez de construction  pour rendre crédible la réalité de cette application. La sous-parcelle soignée contre le harcèlement sexuel sur le lieu de travail fonctionne  bien. Il est juste dommage que la présentation en une ligne de l’application, indiquant à l’utilisateur que les informations qui changent la vie (ou qui mettent fin) ne demandent qu’un téléchargement, est aussi profonde et complexe que la menace le devient. On gardera tout de même en tête que le film nous a laissé entrevoir un semblant d’intérêt à son univers d’appli meurtrière (ce qui n’est déjà pas rien !) mais, pour le reste, un simple compte à rebours de 10 secondes suffira à nous le faire oublier…

Note : 6/10

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Test DVD : La Princesse des glaces, le monde des miroirs magiques (Snezhnaya koroleva. Zazerkale) ( Sortie vidéo le 06 novembre 2019) de Robert Lence, Aleksey Tsitsilin avec Alexandre Coadour, Claudine Grémy

Gerda mène une vie heureuse avec son frère Kai et leurs parents magiciens au sein d’un royaume prospère où règne le roi Harald, scientifique et inventeur de génie. Préférant les nouvelles technologies aux sortilèges, le Roi Harald, décide d’exiler tous les magiciens dans le Monde des Miroirs, un endroit dont on ne peut s’échapper. Gerda est la seule à pouvoir sauver sa famille, mais pour cela, elle doit unir ses forces avec son ancienne ennemie, la Reine des Neiges.

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Chronique : Ce nouvel opus des aventures de la Princesse des glaces est le quatrième d’une série qui a débuté en 2012. Il n’est pas nécessaire d’avoir vu les précédents volets (dont un seul est sorti dans les salles françaises) pour apprécier cette histoire qui n’a pas grand-chose à voir avec La Reine des neiges. « L’héroïne, ce n’est pas Elsa, la reine, mais Gerda, une gamine intrépide qui espère sauver sa famille emprisonnée ». La souveraine aux pouvoirs glaçants n’a qu’un rôle secondaire pour prêter main-forte à Gerda.

«La Princesse des glaces, le monde des miroirs magiques» de  Robert Lence et Aleksey Tsitsilin

Si les décors des deux films sont superbes, cette production russe des studios Wizart Animations surprend par ses cités voyageuses évoluant dans les cieux. « On a évidemment pensé au Château dans le ciel d’ Hayao Miyazaki pour les bâtiments flottants,. Entre style steampunk et conte de fées classique, le film trouve son identité et son énergie en faisant passer l’héroïne d’un décor à l’autre.

Certains parents seront peut-être soulagés d’apprendre que les personnages de ce film d’animation ne chantent pas, contrairement à ceux de La Reine des neiges. En revanche, le spectateur se laisse emporter par la musique de Fabrizio Mancinelli, dont les mélodies apportent un souffle épique supplémentaire aux scènes d’actions ou d’émotion.

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La Princesse des glaces émeut devant sa famille emprisonnée et elle fait vibrer en affrontant courageusement les soldats du roi. Et de toute façon, il y a de la place sur les écrans et dans les cœurs pour Gerda, comme pour Elsa.

Note : 9/10

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Vidéo : Le travail du détail excelle ici, provoquant l’apparition des détails les plus subtils. En fait, il est si détaillé que vous pouvez voir chaque imperfection et chaque mèche de cheveux . Mais la plupart des arrière-plans semblent beaucoup plus unidimensionnels dans un film qui a autrement une dimension incroyable. Cela crée un look très unique qui se traduit extrêmement bien en contraste avec l’animation .  Encadré à un rapport d’aspect de 1: 85.1 qui nous donnant une palette de couleurs plus vives et dynamiques. Ceci est particulièrement visible dans les scènes où les personnages sont montrés debout près des fenêtres où le soleil brille vers l’intérieur. Les rayons de lumière sont si vifs qu’ils sont tangibles lorsqu’ils sont projetés sur les personnages sur leur chemin. Les noirs sont brillant et  révèlent une grande profondeur.

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Audio : L’audio dégage l’énergie du film sans effort. La partition remplit votre champ sonore d’exubérance. Même les scènes subtiles où les personnages ont une conversation rencontrent une excellente séparation des enceintes, l’une provenant de votre haut-parleur avant gauche et l’autre de votre droite.  Les hautes, moyennes et basses fréquences sont exactement ce que nous voulons.

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Bonus : Making of :Un making of revenant sur le tournage et la conception du film qui revient sur les principales différences ayant marqué les époques dans l’aspect purement visuel des personnages et le complément: Personnages et décors : travaux préparatoires est très intéressant.

 

  • Réalisateurs : Robert Lence, Aleksey Tsitsilin
  • Format : Couleur, PAL
  • Audio : Anglais (Dolby Digital 5.1), Français (Dolby Digital 5.1)
  • Sous-titres : Français
  • Région : Région 2
  • Rapport de forme : 2.40:1
  • Nombre de disques : 1
  • Studio : Universal Pictures France
  • Date de sortie du DVD : 6 novembre 2019
  • Durée : 83 minutes

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Les 13 commandements / série Netflix

Synopsis :En pleine tempête médiatique, deux enquêteurs belges traquent un tueur en série décidé à devenir célèbre en s’inspirant des Dix Commandements.

Chronique : En me renseignant sur cette série policière néerlandaise, j’ai été surpris de lire autant de critiques négatives sur son compte. Certes elle n’apporte rien d’original, que ce soit au niveau du scénario que des personnages, l’intrigue s’essouffle quelque peu sur la fin mais le tout reste de bonne facture.

J’ai apprécié l’idée d’un serial killer qui ne tue pas mais marque ses victimes à vie physiquement et psychologiquement. L’ambiance glauque colle parfaitement au récit. La série baigne dans des couleurs grisâtre, verdâtre ou bleu-gris créant ainsi une atmosphère dépressive. Il faut dire que le plat pays, et notamment la ville d’Aalst, est le lieu idéal pour mettre en place une intrigue aussi noire. On suit au plus près l’enquête de la police qui va les mener dans les tréfonds de la nature humaine. Dans ce que celle-ci peut offrir de plus sombre et de plus mesquin.

En ce qui concerne les personnages les scénaristes ont opté pour du grand classique. On a donc le flic en pré-retraite, fatigué, désabusé et à la vie de famille chaotique et la jeune flic brisée mais tenace au caractère bien trempé. Les critiques d’internautes que j’ai pu lire reproche à certains acteurs leur jeu perfectible mais, à part certains dialogues un peu maladroits, j’ai trouvé que le casting s’en sortait plutôt bien.

La série pêche sur son rythme, pas vraiment aidée par son format de 13 épisodes de 45 minutes en moyenne. Le rythme s’essouffle dangereusement vers la moitié de la saison alors qu’intervient une révélation qui dessert le récit plus qu’autre chose. Les deux derniers épisodes enchaînent les invraisemblances et la saison s’achève dans un final en demi-teinte.

À défaut de révolutionner le genre les 13 commandements propose une intrigue solide handicapé par un rythme bancal. À voir si une saison deux saura confirmer la série ou non.

Note : 7/10

Depuis 2018 / 46min / Drame, Policier
Titre original : 13 Geboden
De Ed Vanderweyden
Avec Dirk van Dijck, Marie Vinck, Karlijn Sileghem
Nationalité Belgique

Inkarmations de Pierre Bordage

Résumé :Opposés dans un affrontement qui semble sans fin, karmacharis et rachkas s’affrontent depuis la nuit des temps. Dans l’ombre, le souverain des abîmes et ses sbires, les rakchas, s’acharnent à précipiter l’humanité dans le néant tandis que les seigneurs du Karma veillent à sa survie et envoient leurs karmacharis pour intervenir dans les affaires humaines lorsque la trame karmique est déséquilibrée, qu’elle menace d’entraîner l’humanité et la Création tout entière à sa perte. Un conflit qui nous entraîne à travers le temps : passé, présent ou futur, moyen-âge, préhistoire, antiquité, colonisation spatiale, guerres futures, XXe siècle…

Chronique : Croyez-le ou non mais je n’avais encore jamais lu un livre de Pierre Bordage. Cet auteur est reconnu comme un monument de la littérature fantastique française mais je n’avais jamais eu l’occasion de me plonger dans l’un de ses ouvrages. C’est chose faite aujourd’hui avec inkarmations, son dernier ouvrage parus chez la toute jeune maison d’édition leha.

L’auteur nous propose une relecture du sempiternel combat entre le bien et le mal. Il met en place une société, celles des karmarachis, aux règles complexes. Jugez un peu, si un karmarachis meurt lors d’une mission il doit patienter dans une cellule le temps que son ipa, ou enveloppe corporelle, se rétablisse. S’il échoue dans sa mission ou s’il trahit les principes des seigneurs du karma il est condamné à vivre une série de réincarnation pouvant durer plusieurs centaines d’années et le transfert vers notre monde les laissent affaiblis durant plusieurs heures, on a vu plus exaltant comme plan de carrière. Cependant malgré la complexité de cette société, qui trouve un début d’explication à mesure que l’on avance dans l’histoire, l’auteur expose son univers de manière abordable pour les lecteurs.

Il est dommage que l’auteur n’est pas approfondi ses personnages autant que son univers. Le nommé Djegou est une véritable girouette, passant de salaud égocentrique à allié dévoué en quelques pages. La pauvre Alyane n’est pas mieux lotie. Courageuse et brave elle n’en est pas moins trop lisse et un brin naïve.

Bordage applique ici un style de conteur. C’est à dire que le style est simple, sans relief et destiner à servir le récit. C’est efficace, à partir du moment où on se laisse emporter par l’histoire, mais empêche l’œuvre d’acquérir une véritable identité.

Au-delà de la thématique du bien et du mal, l’auteur développe une réflexion sur la corruption et la rébellion. Il est vrai que l’on peut se demander ce qui pousse les seigneurs du karma à placer l’humanité au centre de la création tant celle-ci est présentée sous un jour peu envieux.

Cette aventure de science-fiction reste divertissante mais il lui manque un réel développement des personnages pour atteindre le niveau des meilleurs récits de science-fiction.

Note : 7/10

Éditeur LEHA
Date de publication 20 septembre 2019
Langue Français
Longueur du livre 450
ISBN-13 979-1097270377