La Condition De Jérôme Bonnell | Par Jérôme Bonnell Avec Swann Arlaud, Galatea Bellugi, Louise Chevillotte

C’est l’histoire de Céleste, jeune bonne employée chez Victoire et André, en 1908. C’est l’histoire de Victoire, de l’épouse modèle qu’elle ne sait pas être. Deux femmes que tout sépare mais qui vivent sous le même toit, défiant les conventions et les non-dits.

Avec La Condition, Jérôme Bonnell propose un drame d’époque intimiste, situé en 1908, qui s’attache moins aux grands événements qu’aux mouvements intérieurs de ses personnages. Le film s’inscrit dans une tradition du cinéma français attentive aux relations humaines, aux silences et aux tensions invisibles.

Le récit se construit autour de deux figures féminines : Céleste, jeune domestique, et Victoire, épouse bourgeoise. Deux femmes que tout oppose socialement, mais que le huis clos de la maison rapproche inévitablement. À travers cette cohabitation, Bonnell explore les rapports de classe, mais aussi les attentes pesant sur les femmes au début du XXᵉ siècle.

Victoire incarne en apparence le modèle attendu de l’épouse : discrète, dévouée, inscrite dans un cadre social rigide. Pourtant, le film s’attache à montrer les fissures de ce rôle, les doutes, les décalages entre ce qu’elle est et ce qu’elle devrait être. Face à elle, Céleste observe, apprend, mais développe aussi une forme d’autonomie, malgré sa position subalterne.

Le film repose sur cette tension entre proximité et distance. Les deux femmes partagent un espace, des gestes du quotidien, mais restent séparées par des codes implicites. Progressivement, les non-dits s’accumulent, les regards se chargent de sens, et les frontières sociales deviennent plus poreuses.

Swann Arlaud, Galatea Bellugi et Louise Chevillotte portent cette dynamique avec retenue, dans un jeu qui privilégie la nuance et l’intériorité.

Jérôme Bonnell adopte une mise en scène sobre, centrée sur les corps, les espaces et les rythmes du quotidien. Le décor — une maison bourgeoise — devient un espace clos, presque étouffant, où chaque déplacement, chaque interaction prend une dimension significative.

La Condition interroge ainsi la place des femmes dans une société codifiée, mais aussi la possibilité de s’en affranchir, même de manière discrète. Le film évite les démonstrations frontales pour privilégier une approche sensible, où les transformations passent par des infimes déplacements.

Un drame délicat et maîtrisé, qui explore avec finesse les rapports de domination, les attentes sociales et les zones d’émancipation possibles, dans un cadre historique précis

La Petite Cuisine de Mehdi De Amine Adjina | Par Amine Adjina Avec Younès Boucif, Clara Bretheau, Hiam Abbass

Mehdi est sur un fil. Il joue le rôle du fils algérien parfait devant sa mère Fatima, tout en lui cachant sa relation avec Léa ainsi que sa passion pour la gastronomie française.

Avec La Petite Cuisine, Amine Adjina signe un premier long métrage à la croisée de la comédie dramatique et du récit d’identité, porté par Younès Boucif, Clara Bretheau et Hiam Abbass.

Le film repose sur une situation de départ simple mais riche en tensions : Mehdi mène une double vie. D’un côté, il incarne le fils idéal auprès de sa mère Fatima, dans un cadre familial marqué par des attentes culturelles fortes. De l’autre, il construit en secret une relation avec Léa et nourrit une passion assumée pour la gastronomie française, qu’il exerce comme chef dans un bistrot.

Ce dédoublement identitaire constitue le cœur du récit. Mehdi tente de concilier deux mondes qui peinent à coexister : celui de ses origines et celui de ses aspirations personnelles. L’arrivée d’un élément déclencheur — l’exigence de Léa de rencontrer sa mère — fait basculer cet équilibre fragile.

Amine Adjina construit alors un scénario fondé sur l’escalade. Acculé, Mehdi choisit une solution qui va amplifier les tensions, révélant progressivement les contradictions du personnage. Le film explore ainsi la difficulté à assumer ses choix, mais aussi les mécanismes du mensonge, souvent motivés par la peur de décevoir.

La cuisine, loin d’être un simple décor, joue un rôle structurant. Elle devient un espace de projection, de liberté et de création, en contraste avec le cadre familial, plus contraint. Le bistrot incarne ce que Mehdi cherche à construire, tandis que la table familiale reste le lieu des attentes et des non-dits.

Le film s’inscrit dans une tradition du cinéma français contemporain qui interroge les questions d’identité, de transmission et d’intégration, sans discours démonstratif. Le ton oscille entre légèreté et tension, avec une attention particulière portée aux interactions entre les personnages.

La présence de Hiam Abbass apporte une densité supplémentaire au rôle de la mère, figure à la fois aimante et exigeante, qui cristallise les enjeux du récit.

Avec La Petite Cuisine, Amine Adjina propose un film ancré dans le réel, où les conflits intimes prennent une dimension universelle.

Un premier long métrage maîtrisé, qui aborde avec justesse les tiraillements identitaires et la difficulté de trouver sa place entre héritage et désir personnel.

À la poursuite du Père Noël ! De James Huth | Par Laurent Tirard, Benjamin Dupas Avec Patrick Timsit, Isabelle Nanty, Théa De Boeck

Avec ce nouveau film, James Huth propose une comédie familiale construite autour d’un imaginaire enfantin assumé, mêlant aventure, humour et regard sur les émotions de l’enfance.

Le récit suit Zoé, 7 ans, confrontée à une situation du quotidien — une rivalité avec Timothée — qu’elle vit avec l’intensité propre à son âge. Sa demande au Père Noël, à la fois naïve et vengeresse, donne le ton : celui d’un univers où les sentiments sont immédiats, sans filtre, et où les solutions passent par la magie.

Mais le décalage entre le souhait formulé et le cadeau reçu agit comme un déclencheur narratif. Refusant l’injustice, Zoé décide de partir à la recherche du Père Noël lui-même. Ce point de départ installe une structure de quête, classique du cinéma jeunesse, où le parcours importe autant que l’objectif.

Le film repose sur cette dynamique : transformer un conflit enfantin en aventure. Le voyage de Zoé devient une manière d’explorer ses émotions — colère, frustration, mais aussi compréhension et évolution — sans jamais adopter un ton moralisateur.

La présence de Patrick Timsit et Isabelle Nanty inscrit le projet dans une tradition de comédie familiale française, où les adultes accompagnent, souvent avec humour, le point de vue de l’enfant.

Sur le plan de la mise en scène, James Huth privilégie un équilibre entre réalisme et fantastique. L’univers du Père Noël, sans être entièrement détaillé, sert de moteur narratif et de support à l’imaginaire, tout en restant accessible.

Le film s’adresse clairement à un jeune public, mais conserve une lecture plus large autour de la gestion des conflits et du passage d’un désir immédiat à une forme de compréhension plus nuancée.

Une comédie familiale efficace, portée par un récit simple et lisible, qui transforme une frustration enfantine en aventure initiatique, dans la tradition des récits de Noël revisités.

« Deuxième partie » : au-delà du tumulte, un théâtre sensible et humain

Avec Deuxième partie, Patrick Bruel signe un retour très attendu sur les planches, sous la direction de Samuel Benchetrit. Une pièce qui, malgré le bruit médiatique entourant son interprète, mérite qu’on s’y attarde pour ce qu’elle est avant tout : une proposition théâtrale sincère, fragile et profondément humaine.

Le point de départ est simple, presque classique : un homme surgit dans la vie d’un couple après des décennies d’absence, réveillant souvenirs, regrets et désirs enfouis. Une mécanique de boulevard modernisée, où l’intrusion devient prétexte à questionner l’usure du couple et les chemins que l’on n’a pas pris.

Mais là où la pièce surprend, c’est dans son équilibre délicat entre humour et malaise. Le rire n’est jamais gratuit, il surgit d’une gêne, d’un décalage, d’une vérité parfois inconfortable. La mise en scène de Ladislas Chollat maintient cette tension constante, oscillant entre légèreté apparente et profondeur émotionnelle.

Au cœur du dispositif, le trio d’acteurs fonctionne avec une réelle complicité. Patrick Bruel, loin de toute démonstration, compose un personnage à la fois naïf, obstiné et touchant. Son interprétation, toute en retenue, donne au récit une dimension presque mélancolique. Une présence qui, sans révolutionner le rôle, parvient à capter l’attention et à installer une émotion durable.

Face à lui, Marine Delterme et Stéphane Freiss apportent justesse et relief, incarnant un couple en équilibre précaire, entre confort et frustration.

Bien sûr, tout n’est pas parfait. Le texte de Benchetrit reste parfois attendu, flirtant avec des thématiques déjà explorées, et certains spectateurs pourront regretter un manque de véritable audace. Mais l’essentiel est ailleurs : dans cette capacité à faire émerger, derrière une intrigue simple, une réflexion sensible sur le temps qui passe, les occasions manquées et la possibilité — toujours — de recommencer.

Dans un contexte où les polémiques autour de Patrick Bruel peuvent brouiller la réception de l’œuvre, il est important de rappeler une chose essentielle : le théâtre se juge aussi pour ce qu’il propose sur scène. Et ici, malgré les débats extérieurs, Deuxième partie offre un moment de théâtre honnête, accessible et parfois émouvant.

Une pièce imparfaite, certes, mais habitée — et qui, sans faire de bruit, touche là où ça compte.

La Formation de la Terre du Milieu: Histoire de la Terre du Milieu – Tome 4 de John Ronald Reuel Tolkien (Auteur), John Howe (Illustrations), Christopher Tolkien (Préface)

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La genèse de l’univers du Seigneur des Anneaux !

Avec La Formation de la Terre du Milieu, quatrième volume de L’Histoire de la Terre du Milieu, Christopher Tolkien poursuit le travail d’édition et de transmission des écrits de son père. L’ouvrage s’adresse avant tout aux lecteurs déjà familiers de l’univers du Seigneur des Anneaux et désireux d’en découvrir les fondations.

Ce volume rassemble plusieurs textes essentiels qui témoignent de la construction progressive du légendaire de Tolkien. On y trouve notamment deux versions majeures du Silmarillion : L’Esquisse de la Mythologie et la Quenta, qui relatent la création du monde, l’apparition des puissances divines et des Elfes, ainsi que les premières grandes luttes contre les forces du mal.

Le livre permet également de suivre l’évolution de certains récits et figures emblématiques, comme celle de Túrin, tout en offrant une vision plus large des premiers âges de la Terre du Milieu. Ces textes montrent comment Tolkien a peu à peu structuré son univers, en affinant ses mythes, ses langues et son histoire.

L’ouvrage se distingue aussi par la richesse de ses documents complémentaires : cartes, descriptions du monde à travers l’Ambarkanta, chronologies détaillées et annales du Valinor et du Beleriand. Ces éléments donnent une dimension presque historique à cet univers de fiction.

Illustré par John Howe, La Formation de la Terre du Milieu s’inscrit dans une démarche à la fois littéraire et érudite. Plus qu’un simple récit, il s’agit d’un travail d’exploration des origines d’un des univers les plus influents de la fantasy moderne, offrant aux lecteurs une plongée dans les coulisses de sa création.

Éditeur ‏ : ‎ Pocket Date de publication ‏ : ‎ 22 novembre 2012 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 640 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2266178768 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2266178761

Suzane au Zénith : une claque électro-pop aussi physique que politique

Le Zénith de Paris affichait complet ce samedi pour accueillir Suzane, devenue en quelques années l’une des figures les plus singulières de la scène française. Une consécration logique pour une artiste qui a bâti sa réputation sur scène, à la force du corps, du verbe et de l’énergie brute.

Dès les premières minutes, le ton est donné : pas de fioritures, mais une présence immédiate, presque frontale. Seule sur scène, ou presque, Suzane impose un dispositif minimaliste qui met en lumière l’essentiel : sa performance. Car plus qu’un concert, c’est un véritable corps-à-corps avec le public.

⚡ Une performance habitée

Chez Suzane, la musique ne se dissocie jamais du mouvement. Ancienne danseuse, elle transforme chaque titre en chorégraphie tendue, précise, presque martiale. Ses déplacements, millimétrés, deviennent un langage à part entière, renforçant l’impact de ses textes.

Portée par une électro nerveuse et des beats incisifs, elle enchaîne ses titres phares avec une intensité constante. Une énergie débordante qui fait écho à ce qui a fait son succès : une artiste de scène avant tout, reconnue pour ses performances physiques et engagées .

🎯 Des textes qui frappent

Mais Suzane ne serait pas Suzane sans ses textes. Féministes, politiques, intimes, ils traversent le concert comme autant de coups portés. Sur scène, chaque mot semble pesé, projeté, assumé.

Entre colère et vulnérabilité, elle alterne les registres sans jamais perdre le fil. Le public, lui, oscille entre transe collective et silences suspendus. Un équilibre fragile, mais maîtrisé.

🔥 Une communion avec le public

Le Zénith devient rapidement une caisse de résonance. Ça chante, ça danse, ça répond. Suzane ne surjoue jamais la proximité : elle l’installe naturellement, presque instinctivement.

Il y a dans ce concert quelque chose de profondément générationnel. Une manière de dire le monde, ses fractures, ses luttes, mais aussi ses espoirs.

Avec ce Zénith complet, Suzane franchit un cap. Elle confirme surtout ce que l’on savait déjà : sa véritable dimension se mesure en live.

Un show intense, engagé et viscéral, qui prouve que la scène reste son terrain de jeu le plus puissant.

Compostelle De Yann Samuell | Par Yann Samuell Avec Alexandra Lamy, Julien Le Berre, Mélanie Doutey

Fred et Adam, un adolescent en rupture, ne se connaissent pas. Pourtant, grâce à une association, ils entreprennent ensemble le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Dans Compostelle, Yann Samuell signe un film à la fois intime et profondément humain, qui s’inscrit dans la tradition des récits de reconstruction par le voyage, tout en s’en démarquant par une approche sensible, jamais démonstrative. Inspiré d’une histoire vraie, le long-métrage explore avec justesse les failles de deux êtres que tout oppose, réunis pourtant par un même besoin de réparation.

Face caméra, Alexandra Lamy incarne Fred avec une retenue remarquable. Loin de ses rôles plus légers, elle livre ici une performance habitée, toute en silences et en regards, traduisant avec finesse le poids d’un passé qu’elle tente d’apaiser. À ses côtés, Julien Le Berre impose une présence brute et nerveuse. Son personnage, Adam, adolescent en rupture, porte en lui une colère sourde, un sentiment d’abandon qui irrigue chaque geste, chaque mot. Leur duo fonctionne par friction : c’est précisément dans ces tensions, parfois violentes, que le film trouve sa vérité.

Le dispositif narratif repose sur la marche, celle du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, qui devient ici bien plus qu’un simple décor. Le chemin agit comme un révélateur émotionnel. Chaque étape, chaque rencontre, chaque silence participe à l’évolution des personnages. La mise en scène de Samuell épouse ce rythme lent, presque contemplatif, laissant le temps aux émotions d’émerger sans jamais les forcer.

Visuellement, Compostelle s’appuie sur des paysages naturels magnifiés, sans tomber dans la carte postale. La photographie capte la rudesse autant que la beauté du chemin, traduisant l’état intérieur des protagonistes. Cette tension entre l’extérieur et l’intime constitue l’un des fils conducteurs du film.

Le scénario évite les écueils du mélodrame. Là où le sujet aurait pu basculer dans une émotion appuyée, Samuell privilégie la pudeur. Les dialogues sont rares, souvent elliptiques, et laissent une place importante aux non-dits. Cette économie de mots renforce l’authenticité du récit, ancré dans une forme de réalisme émotionnel.

La présence de Mélanie Doutey, bien que plus en retrait, apporte une nuance supplémentaire au récit, participant à l’équilibre fragile des relations humaines qui s’y déploient.

Mais c’est surtout dans la relation entre Fred et Adam que le film trouve sa force. Ce lien, d’abord conflictuel, évolue progressivement vers une forme d’attachement, jamais totalement apaisé, toujours fragile. Compostelle ne cherche pas à offrir de résolution facile : il préfère montrer que la reconstruction est un processus long, incertain, fait de rechutes autant que d’avancées.

Au-delà de son récit, le film interroge la notion de transmission, de résilience et de seconde chance. Il pose un regard lucide sur les blessures invisibles, celles que l’on porte en soi et que le temps seul ne suffit pas à guérir.

Scarlet et l’éternité De Mamoru Hosoda

Scarlet, une princesse médiévale experte en combat à l’épée se lance dans une périlleuse quête pour venger la mort de son père.

Avec Scarlet et l’éternité, Mamoru Hosoda confirme une nouvelle fois son talent unique pour mêler spectacle, émotion et réflexion dans un même élan. Après Les Enfants Loups ou Belle, le cinéaste explore ici un territoire plus sombre, presque crépusculaire, sans jamais renoncer à la poésie qui caractérise son œuvre.

Le film suit Scarlet, princesse déchue dont la vie bascule lorsque son père est assassiné sous ses yeux. Animée par une rage brûlante, elle s’engage dans une quête de vengeance qui la mène jusqu’au Pays des Morts, un univers fascinant et instable, réservé aux âmes incapables de renoncer à leur désir de revanche.

Hosoda déploie ici un récit d’une grande intensité, où la vengeance n’est jamais un simple moteur narratif, mais un véritable poison. Scarlet, loin d’être une héroïne monolithique, évolue constamment entre détermination, doute et perte de repères. Son parcours devient alors autant intérieur que physique, transformant ce voyage en une quête identitaire profondément touchante.

Visuellement, le film impressionne par son ambition. Le Pays des Morts, à la fois chaotique et envoûtant, offre au réalisateur un terrain d’expérimentation graphique saisissant. Les textures, les couleurs et les jeux de lumière traduisent les états émotionnels des personnages, donnant au film une dimension sensorielle forte. Chaque séquence semble repousser les limites de l’animation contemporaine.

Mais au-delà du spectacle, Scarlet et l’éternité interroge des thèmes universels : le deuil, la colère, la mémoire et la capacité à lâcher prise. La menace qui pèse sur ceux qui abandonnent leur quête — devenir « rien » — agit comme une métaphore puissante de la perte de soi.

La mise en scène, fluide et immersive, accompagne parfaitement cette traversée entre les mondes. Hosoda parvient à équilibrer scènes d’action, moments contemplatifs et instants d’émotion pure, offrant une œuvre dense mais toujours lisible.

Dossier 137 De Dominik Moll | Par Dominik Moll, Gilles Marchand Avec Léa Drucker, Guslagie Malanda, Mathilde Roehrich

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Le dossier 137 est en apparence une affaire de plus pour Stéphanie, enquêtrice à l’IGPN, la police des polices. Une manifestation tendue, un jeune homme blessé par un tir de LBD, des circonstances à éclaircir pour établir une responsabilité… Mais un élément inattendu va troubler Stéphanie, pour qui le dossier 137 devient autre chose qu’un simple numéro.

Avec Dossier 137, Dominik Moll s’inscrit dans la lignée de son cinéma tendu et profondément ancré dans le réel. Après La Nuit du 12, il explore ici un nouveau terrain : celui de l’IGPN, la police des polices, à travers une enquête aussi sensible que troublante.

Au centre du récit, Léa Drucker incarne Stéphanie, enquêtrice rigoureuse confrontée à un dossier en apparence banal : une manifestation sous tension, un tir de LBD, un jeune homme blessé. Mais très vite, ce qui semblait n’être qu’une procédure administrative se fissure, laissant apparaître une réalité plus complexe, plus intime.

Dominik Moll excelle dans l’art de faire monter la tension sans jamais forcer le trait. Ici, pas d’effets spectaculaires, mais une progression lente, presque clinique, où chaque détail compte. Le film interroge avec finesse la notion de responsabilité, la difficulté de juger ses pairs, et les zones grises d’un système sous pression.

Léa Drucker livre une performance remarquable, tout en retenue. Son personnage, d’abord solide et méthodique, laisse peu à peu transparaître le doute, voire une implication personnelle inattendue. À ses côtés, Guslagie Malanda et Mathilde Roehrich complètent avec justesse un casting sobre et crédible.

La mise en scène, épurée, renforce le sentiment d’immersion. Les bureaux, les salles d’interrogatoire, les rapports… tout concourt à créer un univers réaliste, presque étouffant, où la vérité semble toujours partielle, fragmentée.

Avec Dossier 137, Dominik Moll signe un film à la fois politique et intime, qui évite les jugements simplistes pour mieux questionner notre rapport à l’institution, à la justice et à la vérité.

Des bonus éclairants

L’édition DVD propose des contenus particulièrement pertinents :

  • Un entretien avec Dominik Moll, qui revient sur la genèse du film et ses intentions
  • Une analyse de séquence, permettant de mieux comprendre la construction du récit et les choix de mise en scène

Des suppléments qui prolongent intelligemment la réflexion et offrent un regard précieux sur le travail du réalisateur.

Verdict

Avec Dossier 137, Dominik Moll signe un thriller d’enquête dense et nuancé, porté par une Léa Drucker remarquable.

Un film sobre, intelligent et profondément humain, qui laisse une empreinte durable bien après le générique.

Classé ‏ : ‎ Tous publics Dimensions du produit (L x l x h) ‏ : ‎ 13,5 x 1 x 17,5 cm; 70 grammes Réalisateur ‏ : ‎ Dominik Moll Format ‏ : ‎ PAL Durée ‏ : ‎ 1 heure et 51 minutes Date de sortie ‏ : ‎ 25 mars 2026 Acteurs ‏ : ‎ Guslagie Malanda, Jonathan Turnbull, Léa Drucker, Mathilde Roehrich, Stanislas Merhar Sous-titres : ‏ : ‎ Français Langue ‏ : ‎ Français (Dolby Digital 5.1) Studio  ‏ : ‎ Blaq Out ASIN ‏ : ‎ B0G5B9R3S4

Insaisissables 3 De Ruben Fleischer | Par Michael Lesslie Avec Jesse Eisenberg, Woody Harrelson, Dave Franco

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Les Cavaliers sont de retour pour le braquage le plus impressionnant jamais imaginé !

Avec Insaisissables 3, Ruben Fleischer relance la mécanique bien huilée de la saga en misant sur ce qui a fait son succès : un mélange de braquage, de spectacle et d’illusions toujours plus ambitieuses. Les Cavaliers sont de retour, plus joueurs que jamais, pour un nouveau tour de piste placé sous le signe de la démesure.

Jesse Eisenberg, Woody Harrelson et Dave Franco reprennent leurs rôles avec une complicité intacte, rejoints par une nouvelle génération de magiciens bien décidée à marcher dans leurs pas. Cette transmission apporte un souffle nouveau au récit, tout en conservant l’ADN de la franchise.

L’intrigue, centrée sur le vol du joyau le plus précieux au monde, entraîne les personnages dans une course contre la montre face à une organisation criminelle redoutable. Comme toujours, le film joue avec le spectateur, multipliant les faux-semblants, les retournements de situation et les illusions spectaculaires. Si certains twists restent prévisibles, l’ensemble conserve une efficacité redoutable, portée par un rythme soutenu.

Visuellement, Insaisissables 3 mise sur le grand spectacle : tours de magie grandioses, mises en scène millimétrées et séquences de braquage chorégraphiées comme de véritables numéros. Le film assume pleinement son côté divertissement, sans chercher à se prendre trop au sérieux.

Au-delà de l’action, le long-métrage explore aussi la notion d’héritage et de transmission, questionnant la place des Cavaliers dans un monde où la magie doit sans cesse se réinventer.

Au final, Ruben Fleischer livre un troisième opus efficace et spectaculaire, qui séduira les fans de la première heure tout en ouvrant la porte à une nouvelle génération.

Des bonus généreux pour prolonger le spectacle

L’édition DVD vient enrichir l’expérience avec :

  • 9 scènes coupées, qui permettent de découvrir des variations autour de certaines séquences et d’approfondir les personnages
  • Un making-of d’environ 45 minutes, particulièrement immersif, qui dévoile les coulisses des tours, la préparation des scènes et le travail des acteurs

Ces suppléments apportent un vrai plus, notamment pour les amateurs de magie et de cinéma de divertissement, curieux de comprendre les rouages de ces illusions spectaculaires.

Verdict

Ce troisième opus assume pleinement son statut de grand divertissement. Porté par un casting solide et une mise en scène efficace, il prolonge avec plaisir l’univers des Cavaliers tout en préparant la relève.

Un film spectaculaire et ludique, qui prouve que la magie opère toujours.

Classé ‏ : ‎ Tous publics Dimensions du colis ‏ : ‎ 17,1 x 13,6 x 1,4 cm; 160 grammes Réalisateur ‏ : ‎ Ruben Fleischer Format ‏ : ‎ 4K, PAL Durée ‏ : ‎ 1 heure et 52 minutes Date de sortie ‏ : ‎ 17 mars 2026 Acteurs ‏ : ‎ Dave Franco, Isla Fisher, Jesse Eisenberg, Justice Smith, Woody Harrelson Sous-titres : ‏ : ‎ Français Langue ‏ : ‎ Anglais (DTS-HD 5.1), Français (DTS-HD 5.1) Studio  ‏ : ‎ M6 Vidéo