Cherry (10 avril 2019) de Nico Walker

Il a tout de suite aimé Emily.
Jamais il n’a ressenti cela avec une autre.
Quand il croit l’avoir perdue, il s’engage dans l’armée.
En Irak, il découvre la guerre absurde, un jeu vidéo qu’il faut oublier à coup d’anesthésiants et de You porn, gavé de testostérone.
Il connait le chagrin de la guerre, qui dure bien après le retour. Emily l’a attendu et la vague d’opioïde qui balaie le Midwest les emporte. Il leur faut de l’argent, toujours plus d’argent. Il devient braqueur de banque.

Chronique : Drogues, sexe et flingues. Tel pourrait être le sous titre de ce livre écrit par Nico Walker, actuellement toujours détenu aux États-Unis pour vol avec violence.

Difficile de savoir à quel point le récit est autobiographique mais il paraît clair que l’auteur y a mis une grande part de son expérience personnelle.

L’auteur use pour son premier récit d’un style percutant,avec des phrases courtes tel les rafales d’un M16. Il y a très peu de description, l’auteur préférant se concentrer sur ces personnages. Grâce à la voix du narrateur il parvient à nous brosser le portrait de tous les personnages qui parcourent le récit juste avec deux, trois détails physiques et des anecdotes sur leurs caractères ou leurs comportements. Une manière simple et efficace de rendre mémorable la galerie de paumés et de junkie qui vont peupler cette plongé dans l’horreur de la drogue et de la guerre.

Les chapitres consacré à la guerre en Irak sont les plus marquants autant sur le plan psychologique que visuel. On suit le narrateur dans sa découverte d’un univers, l’armée, qui élève l’absurde aux rang d’œuvre d’art. À mesure que se déroule cette guerre sans fin, faite d’opérations aux objectifs non définis,et de patrouilles qui finissent en bain de sang on se pose les mêmes questions que le narrateur, guerrier médecin qui n’a aucune idée de ce qu’il fait. Chaque chapitre de cette partie du récit est une grenade lancé aux visages du lecteur.

Le récit alterne les éclairs d’humour qui permettent de se rendre compte du détachement dont fait preuve le narrateur face aux scènes du quotidien et les anecdotes glauques sur le quotidien de soldats ou de toxicos, il est d’ailleurs parfois difficile de faire la distinction entre les deux.

Rare sont les romans qui peuvent nous captivité avec des thèmes aussi ardues mais cherry en fait partie.

Note : 9/10

Chronique de Christophe C

 

  • Nombre de pages : 336 pages
  • Editeur : Les Arènes (10 avril 2019)

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