Lovecraft Country (28 mars 2019) de Matt RUFF

Chicago, 1954. Quand son père, Montrose, est porté disparu, Atticus, jeune vétéran de la guerre de Corée, s’embarque dans une traversée des États-Unis aux côtés de son oncle George, grand amateur de science-fiction, et d’une amie d’enfance. Pour ce groupe de citoyens noirs, il est déjà risqué de prendre la route. Mais des dangers plus terribles les attendent dans le Massachusetts, au manoir du terrible M. Braithwhite… Les trois comparses retrouvent en effet Montrose enchaîné, près d’être sacrifié par une secte esclavagiste qui communique avec des monstres venus d’un autre monde pour persécuter les Noirs. C’est la première de leurs péripéties… Dans l’Amérique ségrégationniste, Atticus et ses proches vont vivre des aventures effrayantes et échevelées, peuplées de créatures fantastiques et d’humains racistes non moins effroyables.

Chronique : Il y a des livres qui vous interpelle de par le sujet qu’ils abordent et les thèmes qu’ils développent, lovecraft country est de ce la.

Beaucoup de choses surprennent à la lecture de cet ouvrage, et le mélange entre l’univers de lovecraft et l’Amérique segrégationiste du milieu des années 50 est loin d’être l’élément le plus étonnant.

L’auteur a tout d’abord voulu rendre hommage à la culture pulp mais parvient très vite à dépassé ce postulat de départ en nous brossant le portrait de personnages tous plus attachants les uns que les autres.

En effet la narration est segmenté en plusieurs histoires reliés entre elles par un fil rouge. Chacune d’entre elles permet à un personnage de se retrouver sur le devant de la scène. L’ensemble donne un effet choral au récit sans que celui ci se disperse dans toutes les directions.

Car l’auteur a un but précis en nous faisant voyager avec autant de personnages différents : nous présenter autant de caractères et de mentalité différentes que possible.

Chacun des protagonistes à une manière bien à lui d’appréhender la société raciste dans laquelle ils sont obligés de vivre et d’y faire face.

Ainsi la où le père se révèle intransigeant face aux Injustices, le fils fait lui preuve de diplomatie et de prudence. Il en est de même pour les sœurs Letitia et Ruby, l’une est une tigresse qui ne compte pas la société lui dictait sa conduite tandis que l’autre n’aspire qu’à un peu de tranquillité, quitte à délaissé ses rêves et ses envies.

L’auteur s’amuse à confronté les ambitions, les rêves, les convictions ou simplement l’innocence de tous ses personnages au monde cruel et impitoyable qui est le leur.

On peut regretter que l’horreur, sentiment auquel on pense immédiatement lorsque l’on évoque Lovecraft, ne soit réellement présent que dans la première mésaventure et l’avant dernière avec le récit du jeune Horace.

Cependant entre le voyage onirique d’Hippolyta, la rencontre entre Letitia et un esprit frappeur et un vol surréaliste au musée le lecteur y trouvera son compte d’aventure et de suspens.

L’intrigue principale reliant chacune des péripéties des personnages fait pâle figure à côté tant elle paraît convenue et sans réelle surprise mais le propos de l’auteur n’était sans doute pas d’écrire l’équivalent du trône de fer chez les sudistes. On pourra donc facilement lui pardonner cette faute.

Aux delà d’un simple hommage à une époque révolue Matt Ruff nous rappelle à quel point la ségrégation était un système inique combattu, chacun à leurs manières,par les héros et héroïnes de son ouvrage.

Note 8/10

Chronique de Christophe C.

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