L’Anti-Magicien, 3: L’Ensorceleuse de Sébastien de Castell| 16 mai 2019

En Gitabrie, l’invention d’un petit oiseau mécanique a attiré les espions de tous les territoires. Chacun est prêt à tuer pour mettre la main sur ce prodige animé par une magie puissante et dangereuse. Et c’est justement là que se dirigent Kelen, Rakis et Furia, les vagabonds les plus recherchés du continent.

Chronique : Une fois de plus, nous rejoignons nos protagonistes, le mage en exil Kellen, son mentor Argosi Ferius et le chat écureuil Reichis en voyage vers leur prochaine destination dans ce troisième volet de la série Spellslinger. S’appuyant sur les événements des deux premiers livres, Charmcaster nous emmène hors du désert et dans le pays de Gitabria, où nos personnages espèrent retrouver et aider les premières des nombreuses victimes ciblées par une conspiration Jan’Tep. Cependant, étant lui-même un homme recherché, Kellen trouve tous ses pas poursuivis par des mercenaires. Mais alors, par un coup du sort, sa dernière confrontation avec un groupe de chasseurs de primes l’amène à sauver un autre mage en fuite, qui s’avère être Nephenia, une vieille amie (et amoureuse secrète) de sa vie avant son exil.

Après une brève récupération, nos personnages continuent leur chemin vers la capitale, où ils ont la chance d’assister au dévoilement d’une nouvelle invention miraculeuse. Alors que la plupart des gens sont éblouis par le spectacle, seuls quelques uns, dont Ferius, sont conscients de la menace que cela pourrait représenter pour le monde entier si cette technologie tombait entre de mauvaises mains. Malheureusement, il semble que des factions dangereuses aient déjà eu vent des innovations révolutionnaires en Gitabre, car la fille de l’inventeur s’avère être une de leurs cibles. Après avoir fait l’expérience directe des résultats dévastateurs des méthodes de ses ennemis dans le dernier livre, Kellen est déterminé à faire tout ce qu’il faut pour libérer la fille de leur mauvaise influence.

Suivant la tendance établie  nous sommes introduits à un nouveau décor, à de nouvelles cultures et à de nouveaux personnages secondaires dans ce prochain chapitre du voyage de Kellen. Cela dit, le format semble très épisodique en ce sens que chaque volume comporte une aventure autonome, mais qu’ensemble, ils forment une intrigue de série globale. En tant que tel, il est toujours impératif de commencer par le début et de lire les livres dans l’ordre.

Cela dit, je commence à remarquer quelques schémas répétitifs dans la narration. L’introduction a été faite en parallèle avec les premiers chapitres du livre précédent, qui commence par une attaque que nos héros parviennent à peine à déjouer et se termine par l’ajout d’un nouveau membre à leur groupe, mais pour une raison ou une autre, j’ai senti qu’il a fallu beaucoup plus de temps à CL’Ensorceleuse pour décoller. Par contre, j’ai eu le plaisir de revoir Nephenia, bien que son caractère ait beaucoup changé par rapport à celui de la fille que Kellen connaissait auparavant. Une partie importante de ce livre traite des retombées de ce qui s’est passé chez nous pendant que notre protagoniste était en fuite, et une partie de ce qui explique pourquoi Nephenia est devenue si différente. En fait, je dirais que la force de ce roman réside dans le caractère et l’établissement de relations, parce que même si nous voyons l’intrigue globale aller de l’avant, il est vrai que ce n’est pas de beaucoup.

Pourtant, je m’amuse bien. Comme ses deux prédécesseurs, L’Ensorceleuse est amusant, vivant, et…enfin, charmant. Sébastien de Castell continue d’agrandir son univers en ajoutant encore plus de détails et d’intrigues à ce décor déjà riche. En Gitabrie, nos personnages rencontrent une nouvelle terre avec une culture, une politique et des traditions différentes. Ils rencontrent de nouvelles personnes qui leur enseignent – et nous enseignent – de nouvelles choses. Par exemple, l’une de mes rencontres préférées dans ce livre a permis à Kellen et au lecteur d’avoir un aperçu du passé mystérieux de Ferius, révélant qu’elle aussi était une personne très différente dans sa jeunesse. Et bien sûr, Reichis était son moi grossier habituel, livrant la plus grande partie du soulagement comique. De plus, Kellen est forcé d’affronter la dure vérité au sujet de sa famille et d’accepter le fait qu’ils ne sont plus les gens qu’il pensait qu’ils étaient autrefois. Inutile de dire que ce livre voit notre protagoniste grandir rapidement, qu’il le veuille ou non.

Mais c’est là que réside la beauté de cette série. Kellen a commencé tout cela comme un garçon naïf et abrité de quinze ans, mais petit à petit, il devient un homme. Chaque aventure est une expérience d’apprentissage pour lui, et avec chaque livre, les leçons sont de plus en plus difficiles. Comparé aux deux premiers livres, j’ai trouvé que L’Ensorceleuse était un peu plus sombre dans son ton, présentant à Kellen des problèmes plus compliqués et dérangeants. Pourtant, notre protagoniste a conservé l’essence de qui il est, la bonté qui lui permet de prendre les bonnes décisions, et j’en suis reconnaissant à l’auteur.

Note : 9/10

 

  • Broché: 480 pages
  • Editeur : Gallimard Jeunesse (16 mai 2019)
  • Collection : GRAND FORMAT LI
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2075124035

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