Les Évangiles écarlates de Clive Barker | 3 juillet 2019

Un final grandiose qui oppose le fameux détective du surnaturel Harry D’Amour et le Prêtre de l’Enfer, immortel et sadomasochiste – Pinhead pour les intimes. La conclusion de l’histoire qui commença dans Hellraiser avec la découverte d’une étrange boîte, un cube-puzzle réputé ouvrir un portail sur l’enfer lui-même… Retrouvez l’univers visionnaire du maître de l’horreur dans un récit sanglant, terrifiant et brillamment complexe qui ravira ses admirateurs de longue date, comme ceux qui vont découvrir pour la première fois son imagination unique en son genre.

Chronique : Comme beaucoup de fans, je suis entré dans Les Évangiles écarlates avec de grandes attentes.  C’est l’histoire de Pinhead. C’est l’histoire de l’enfer. Il n’y a pas de place pour que  » l’autre côté  » puisse raconter son histoire. De même, Harry étant plus témoin que le héros épique, il n’est tout simplement pas important pour lui et Pinhead d’avoir jamais rencontré… … et l’histoire fonctionne mieux pour cela.

Les Évangiles écarlates est le roman d’horreur sombre, sanglant, brutal et magnifiquement épique dont Clive Barker nous a si longtemps fait cadeau. Si vous craignez que l’absence n’ait rendu le cœur plus doux, ou qu’il n’ait du mal à revenir dans le sang après tant d’années passées dans l’Abarat, alors n’ayez crainte. Il s’agit d’un livre influencé par toute sa carrière, qui associe la brutalité sadomasochiste  à la mythologie épique.

Le premier tiers du roman est une histoire d’horreur contemporaine, pleine de magie, de fantômes, de démons et de monstres. Il sert à établir Pinhead comme plus qu’un autre Cénobite opportuniste répondant à l’appel de la boîte de Lemarchand, établit Norma Paine comme une amie pour qui Harry D’Amour irait volontiers en enfer pour sauver, présente Harry aux horreurs de la boîte de Lemarchand, et présente Pinhead au seul mortel qui mérite d’être considéré un vrai adversaire. C’est sombre et violent, mais il y a aussi de fortes touches d’humour, surtout avec le badinage entre Harry et son équipe.

Une fois que l’histoire passe en enfer, c’est une toute autre histoire. La marche de Pinhead dans les rues de l’enfer et dans le monastère de l’Ordre Cénobitique est une chose fantastique, avec des images qui s’attardent avec le lecteur longtemps après que la couverture soit fermée. Barker la décrit comme une immense forteresse de solitude sadomasochiste, construite il y a plus de sept cent mille ans pour isoler ses prêtres de la politique de l’enfer. Il y a ici une confrontation qui permet à Pinhead de mettre son grand projet en branle, avec des oiseaux d’origami bespulés, des fléaux mortels, et un brouillard comme on n’en a jamais vu auparavant. Ensuite, nous avons un voyage épique à travers le paysage de l’enfer, nous conduisant à travers les villes des damnés, un désert d’arbres morts, et à travers un lac hanté par une force monstrueuse de faim pure et de malveillance – le tout pour atteindre la forteresse cachée et secrète de Lucifer lui-même.

Si j’avais une petite plainte à formuler au sujet du roman, c’est que ce n’est pas vraiment l’histoire  » Pinhead contre Harry  » qu’on nous avait promise. Alors que Harry entreprend son voyage épique pour la plus noble des raisons, entrant en enfer pour sauver le corps et l’âme de Norma, il s’avère qu’il n’a été attiré là que pour assister au grand plan de Pinhead. Les deux ont leurs affrontements, et ils sont brillamment divertissants, mais Harry n’a absolument rien à voir avec le sort de Pinhead. Heureusement, lorsque nous arrivons à la fin du roman, nous avons déjà réalisé qu’il s’agit de l’histoire de Pinhead (et non d’Harry), et qu’une créature d’une cruauté aussi monstrueuse s’efforce de renverser le trône de Lucifer… enfin, il mérite une feuille encore plus grande et plus mythique que le Cénobite lui-même.

En tant qu’œuvres de la mythologie épique, les Évangiles écarlates sont absolument magnifiques. À ce stade, il est difficile d’ajouter beaucoup à l’histoire de l’enfer, mais Barker réussit brillamment. C’est absolument époustouflant la façon dont il n’arrête pas d’augmenter la tension et d’élargir la portée, ajoutant couche après couche à l’horreur, même s’il nous entraîne de plus en plus profondément en enfer. Le dernier morceau de décor est… eh bien, il n’y a pas grand-chose que je puisse dire à ce sujet sans gâcher l’histoire, mais c’est l’un des meilleurs que Barker ait jamais créé. Le finale peut laisser certains lecteurs un peu perplexes, surtout avec une sorte d’épilogue étrange (avec un épilogue tout à fait complaisant, mais glorieusement satisfaisant…).

Note : 9,5/10

 

  • Poche: 429 pages
  • Editeur : Bragelonne (3 juillet 2019)
  • Collection : L’Ombre
  • Langue : Français
  • ISBN-13: 979-1028104795

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