The Midnight Gospel (Netflix) : un trip existentiel ambitieux mais inégal

Des séries adaptées de podcasts, on a pu en voir passer ses dernières années (au hasard, Homecoming), mais The Midnight Gospel se place comme l’un des projets les plus originaux du genre. Pendleton Ward, créateur de la désormais culte série animée Adventure Time, est un fan de l’humoriste Duncan Trussell et de son podcast The Duncan Trussell Family Hour. Au fil de ses 381 épisodes, Duncan reçoit des invités qui lui parlent de leur vision du monde à travers leurs philosophies ou pratiques de méditation. Des discussions profondes que Ward a voulu retranscrire à l’écran avec The Midnight Gospel.

À la croisée des mondes

Le projet est ambitieux, car la série raconte elle aussi une histoire : celle de Clancy, un personnage qui parcourt des univers parallèles à l’aide d’un simulateur de mondes afin d’interviewer leurs habitants pour son « Spacecast ». Ainsi, il se retrouvera en pleine invasion zombie à interviewer le président des États-Unis sur les drogues psychédéliques, ou encore à converser avec chien-cerf sur la mort pour ensuite discuter avec La Mort elle-même.

Ces conversations-fleuves sont au cœur de la série : les personnages discutent ainsi de concepts philosophiques au cours d’une fuite en avant qui fera la part belle aux situations plus surréalistes les unes que les autres. L’animation est d’une créativité hallucinante, très portée sur le psychédélisme. Alors que l’objectif semble être de lier ces dialogues existentiels à la profusion visuelle, qu’en est-il vraiment ?

Un pari à moitié réussi

Le discours est très souvent dissocié de l’image, alors que l’objectif avoué de Ward était bien de réunir deux opposés. La faute à un dialogue en grande partie non narratif décorrélé de ce qu’on voit à l’écran. Il ne faut donc pas s’attendre (sauf à quelques occasions) à ce que l’image rencontre l’écrit, alors que l’animation fait parfois office d’une visualisation Winamp (OK boomer) extrêmement bien conçue des podcasts d’origine. La série nécessitera donc plusieurs visionnages afin de capter la synergie voulue, qui s’applique à des niveaux plus abstraits et conceptuels.

Cependant, une fois la série terminée, on comprend réellement son intention : celle d’être une méditation existentielle sur la mort qui, même si elle frise parfois avec le livre de développement personnel, offre de vrais moments de grâce. C’est notamment le cas avec ce dernier épisode qui met en visuel des concepts puissants de manière vertigineuse. On ne boude donc pas notre plaisir quand une telle générosité visuelle sert efficacement des réflexions aussi universelles.

À première vue, The Midnight Gospel a tout l’air d’un dérivé de Rick & Morty avec cette histoire de mondes simulés teintée d’existentialisme. Et même si elle montre à certains moments des similarités avec la série d’Adult Swim, elle offre une proposition bien différente dans sa folie formelle et son discours à visée transcendantale. C’est une œuvre singulière, difficile d’accès, qui se perd parfois dans sa propre ambition, mais qu’on a envie de revisiter une fois le voyage terminé.

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