Inkarmations de Pierre Bordage

Résumé :Opposés dans un affrontement qui semble sans fin, karmacharis et rachkas s’affrontent depuis la nuit des temps. Dans l’ombre, le souverain des abîmes et ses sbires, les rakchas, s’acharnent à précipiter l’humanité dans le néant tandis que les seigneurs du Karma veillent à sa survie et envoient leurs karmacharis pour intervenir dans les affaires humaines lorsque la trame karmique est déséquilibrée, qu’elle menace d’entraîner l’humanité et la Création tout entière à sa perte. Un conflit qui nous entraîne à travers le temps : passé, présent ou futur, moyen-âge, préhistoire, antiquité, colonisation spatiale, guerres futures, XXe siècle…

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Chronique : Croyez-le ou non mais je n’avais encore jamais lu un livre de Pierre Bordage. Cet auteur est reconnu comme un monument de la littérature fantastique française mais je n’avais jamais eu l’occasion de me plonger dans l’un de ses ouvrages. C’est chose faite aujourd’hui avec inkarmations, son dernier ouvrage parus chez la toute jeune maison d’édition leha.

L’auteur nous propose une relecture du sempiternel combat entre le bien et le mal. Il met en place une société, celles des karmarachis, aux règles complexes. Jugez un peu, si un karmarachis meurt lors d’une mission il doit patienter dans une cellule le temps que son ipa, ou enveloppe corporelle, se rétablisse. S’il échoue dans sa mission ou s’il trahit les principes des seigneurs du karma il est condamné à vivre une série de réincarnation pouvant durer plusieurs centaines d’années et le transfert vers notre monde les laissent affaiblis durant plusieurs heures, on a vu plus exaltant comme plan de carrière. Cependant malgré la complexité de cette société, qui trouve un début d’explication à mesure que l’on avance dans l’histoire, l’auteur expose son univers de manière abordable pour les lecteurs.

Il est dommage que l’auteur n’est pas approfondi ses personnages autant que son univers. Le nommé Djegou est une véritable girouette, passant de salaud égocentrique à allié dévoué en quelques pages. La pauvre Alyane n’est pas mieux lotie. Courageuse et brave elle n’en est pas moins trop lisse et un brin naïve.

Bordage applique ici un style de conteur. C’est à dire que le style est simple, sans relief et destiner à servir le récit. C’est efficace, à partir du moment où on se laisse emporter par l’histoire, mais empêche l’œuvre d’acquérir une véritable identité.

Au-delà de la thématique du bien et du mal, l’auteur développe une réflexion sur la corruption et la rébellion. Il est vrai que l’on peut se demander ce qui pousse les seigneurs du karma à placer l’humanité au centre de la création tant celle-ci est présentée sous un jour peu envieux.

Cette aventure de science-fiction reste divertissante mais il lui manque un réel développement des personnages pour atteindre le niveau des meilleurs récits de science-fiction.

Note : 7/10

Éditeur LEHA
Date de publication 20 septembre 2019
Langue Français
Longueur du livre 450
ISBN-13 979-1097270377

The new teen titans volume 1 / urban comics

Synopsis :Robin, Wonder Girl, Kid Flash, Changelin : autrefois, ils étaient les jeunes assistants des plus grands super-héros de la Terre, mais aujourd’hui, devenus de jeunes adultes, ces justiciers décident de reformer leur groupe des Teen Titans avec l’aide des nouveaux venus Raven, Cyborg et Starfire.

Chronique : Longtemps la série des teen titans à fait partie chez DC comics des séries à fort potentiel mais dont les ventes décevantes ont condamné l’avenir avant même qu’il ne soit écrit. Mais dans le monde des comics un concept ne meurt jamais il attend juste que les bons auteurs se penchent dessus. Et, par chance, c’est ce qui arriva aux jeunes titans. Marv Wolfman et George Perez ont lancé une nouvelle série dédié aux jeunes sidekicks au début des années 80. Série qui connut un succès retentissant, au point que la série faisait jeu égal avec les X-men, la série rivale de la maison des idées. Malheureusement ces épisodes sont longtemps resté inédits en France, un outrage qu’urban rattrape aujourd’hui.

Malgré ma joie de retrouver les débuts de cette équipe mythique il faut avouer que la lecture des neufs premiers épisodes fut assez laborieuse. Les épisodes sont ancrés dans leur temps la narration est lourde et répétitive, les retournements de situations sont abrupts et mal amenés et les personnages sont des monuments de naïveté. La découverte des aventures de Robin et ses compagnons s’engageaient assez mal.

Heureusement la situation s’améliore à partir de l’épisode 10. Les pérégrinations de nos héros restent toujours aussi farfelues, les auteurs enchaînent les clichés proprent aux comics des années 80 avec les méchants nazi ou encore les membres de la ruche, incapable de se déplacer sans leur bure de moine. Mais la narration s’est faite plus fluide et les auteurs ont fait de la naïveté de ces héros une caractéristique de la série permettant de développer le caractère des personnages. Le scénariste Marv Wolfman a compris qu’il fallait mettre l’accent sur la vie privée de ces jeunes super-héros pour captiver les lecteurs.

Les premiers éléments de la mythologie des teen titans, qui perdurent encore aujourd’hui, se mettent en place dans ces 16 premiers épisodes. On retrouve donc l’assassin Deathstroke, les liens de changelin avec la doom patrol, la menace de trigon et d’autres encore. L’affirmation de soi et l’opposition aux adultes sont au centre des préoccupations de nos jeune héros, des thèmes bien trouvés pour une série destiné à un public d’adolescents.

Grâce à urban et leur édition toujours soigné, les lecteurs d’aujourd’hui vont pouvoir partir à la rencontre de cette série qui a marqué l’histoire de DC comics.

Note 7/10

SCÉNARISTE : WOLFMAN MARV – DESSINATEUR : PÉREZ GEORGE
Public : 12+
Collection : DC Essentiels
Date de sortie : 30 août 2019
Pagination : 464 pages
Contenu vo : THE NEW TEEN TITANS #1-16, DC Comics Presents #26

L’ange gardien de Jérôme Leroy

Résumé : On veut tuer Berthet. C’est une assez mauvaise idée. » Agent de l’Unité, une police parallèle devenue au fil du temps un véritable état dans l’État, Berthet est désormais une cible. Il sait trop de choses, depuis trop longtemps. Berthet ne veut pas mourir, il doit raconter son histoire à Martin Joubert, poète et auteur de polars. Il doit aussi continuer à veiller sur Kardiatou Diop, jeune, belle, noire et ministre.

Chronique : L’ange gardien, derrière ce titre quelque peu banal se cache un palpitant thriller politique dans lequel on retrouve encore une fois le terrifiant bloc patriotique qui sert d’arrière-plan politique à l’auteur.

Dans le but de se démarquer du tout-venant de la production policière assez conséquente l’auteur à opté pour une narration morcelée entre trois narrateurs différents apportant ainsi une trilogie de couleurs au récit comme les trois couleurs du drapeau national français.

La première partie du récit nous invite à suivre Berthet, incarnation occulte du monde de l’espionnage français, alors qu’il parcourt les rues de Lisbonne. Entre souvenirs de missions et réflexions sur la politique française et les services de renseignements, Berthet nous plonge dans un monde où la vie d’un homme ou d’une femme ne vaut rien au nom de la raison d’État. Une entrée en matière glacante. Mais Berthet est aussi un homme éperdu d’amour pour une étoile montante de la politique française, Kardiatou Diop, véritable fil rouge du roman, qui va l’entraîner dans son baroud d’honneur.

La deuxième partie met en scène un certain Martin Joubert, ancien prof, écrivain méconnu, vrai alcoolique dépressif. Le ton du livre change radicalement, de mémoire sanglante d’ancien barbouze on bascule dans la comédie dramatique où on ne peut s’ aimer sans se faire souffrir et où l’on meurt avec des morceaux de baguette chinoise dans le nez. L’auteur parvient à maintenir son récit en dehors des limites de l’absurde surtout que la réalité sordide dans laquelle évoluent les protagonistes les rattrape très vite.

Ces deux premières parties malgré leurs ton radicalement différents partagent un toc d’ écriture. Il s’agit de la répétition de deux phrases en ce qui concerne la première partie et de la répétition du nom de Martin Joubert à quasiment chaque phrase pour la deuxième. Cela donne un rythme acéré à l’œuvre rappelant le stataco d’une mitraillette, même si cela fonctionne surtout dans la première partie.

Enfin la troisième et dernière partie se veut plus poétique, plus romantique, avec là aussi la répétition d’une certaine phrase qui rythme le récit. On assiste à un nouveau changement de point de vue. Le nouveau narrateur nous servira de témoin impuissant de la tragédie finale dans laquelle chacun des protagonistes n’aura au final joué qu’un rôle parcellaire. Les véritables instigateurs restant caché dans l’ombre.

Trois récits. Trois voix distinctes. Trois styles uniques qui jouent chacun un morceau d’une partition qui se révèle tantôt sombre, tantôt mélancolique et tantôt féroce tout en restant harmonieuse. Un grand polar à savourer.

Note : 8/10

Editeur
Editions gallimard
Date de parution
février 2016
Collection
Folio policier

Celle qui n’avait pas peur de cthulu

Résumé :

Qu’est-ce qui est vert, pèse 120 000 tonnes, pue la vase, n’a pas vu le ciel bleu depuis quarante siècles et s’apprête à dévaster le monde ?
Ingrid n’en a aucune idée.

Et elle s’en fout.

Autant dire que lorsque des hurluberlus lui annoncent qu’elle est le Centre du pentacle et que la résurrection de Cthulhu est proche, ça la laisse de marbre.

Jusqu’à ce que les entités cosmiques frappent à sa porte…

Chronique : ouvrir un livre de Karim Berrouka c’est la promesse d’une histoire déjantée, aux personnages hauts en couleurs et à l’humour omniprésent. L’auteur s’attaque aux grands mythes de la littérature fantastique pour mieux les déconstruire et les désacraliser. Après les fées et les zombies il s’attaque au mythe lovecraftien dans un récit en demi-teinte.

Le premier problème vient du personnage d’Ingrid, présenté comme une jeune branleuse je m’en foutiste dans les premiers chapitres, elle fait cependant preuve d’une bienveillance et d’une curiosité envers le bestiaire lovecraftien qui arrange bien l’intrigue. Ainsi cette jeune héroïne prometteuse se révèle au final bien fade, elle aurait pu faire preuve d’une gouaille à toute épreuve pour faire face aux profonds et autres bestioles tentaculaires mais ses répliques, bien qu’empreint d’un air bravache, restent souvent un peu plates.

Le rythme pose également problème. Lintrigue démarre rapidement avec des airs de thriller mais s’embourbe vite dans une routine paresseuse qui a bien du mal à nous captiver. À défaut de s’approprier le mythe de Lovecraft Berrouka en propose une relecture multi-référencé mais un peu bancal.

Toutefois j’ai apprécié la réflexion sur les religions et le final explosif avec un doigt d’honneur final au mythe de cthulu mais je regrette que le potentiel de l’œuvre ne soit jamais exploité.

Note : 6/10

La méthode kominsky saison 2

Vous voyez ces vieillards , pardon, ces personnes du troisième âge, que vous croisez dans la rue ou en voiture, ceux qui roulent lentement ? Ou dans les magasins, qui payent en liquide à la caisse ? Ces vieux qui vous font enrager au point de vous faire revoir votre position sur l’euthanasie ? Et bien Chuck Lorre a décidé d’en faire une série.

Si ce nom vous dit quelque chose c’est tout simplement qu’il s’agit du créateur des sitcoms Mon oncle Charlie et the big bang theory, pas le premier venu donc. Il s’essaye ici à la comédie dramatique pour un résultat plutôt réussi même si la série s’en sort mieux lors des moments de comédie pure. La première saison a d’ailleurs été reconpensé par deux golden globes, dont celui du meilleur acteur pour Michael Douglas.

Vu l’âge de ces protagonistes il serait aisé de comparer cette série avec Grace et Frankie, une autre série Netflix traitant du troisième âge mais, si les deux séries se rejoignent dans leur volonté de mettre en avant une frange de la population souvent ignorée par les médias, les séries s’éloignent sur d’autres aspects.

Défi du jour : réussir à descendre avant que ma vessie ne me lâche

La méthode kominsky se distingue en effet par un esprit caustique, nos deux vieux messieurs respectables degainent plus de punchline qu’il y en a dans un album de rap. Cette deuxième fournée de huit épisodes accentue le ton sarcastique au détriment des moments intimistes. Les bons sentiments n’ont pas vraiment leur place, même si les intrigues offrent quand même leur instants familial. le propos est plutôt de montrer la difficulté de vieillir dans un monde ou vieillir est interdit, la solitude qui s’installe, les problèmes de santé entre autres. L’humour acide est alors devenu un mécanisme de défense pour nos personnages qui font preuve de résilience face au temps qui passe.

Quand tu te marre à l’idée d’annoncer l’âge de ton petit ami à ton père

Les acteurs sont excellents, mention spéciale à Alan Arkin, qui vole la vedette à Michael Douglas. Tout le casting offre une prestation convaincante, voire bluffante par moments, notamment lors des cours de Sandy.

Une série mordante et touchante qui vous fera porter un regard nouveau sur nos personnes âgées.

Note : 8/10

Depuis 2018 / 28min / Comédie, Drame
Titre original : The Kominsky Method
De Chuck Lorre
Avec Michael Douglas, Ashleigh LaThrop, Alan Arkin
Nationalité U.S.A.

Nous sommes Bob volume 2 : Nous sommes nombreux de Dennis E. Taylor

Résumé : Bob Johansson et ses copies ont désormais quitté la Terre depuis quarante ans, et sont à la recherche de nouvelles planètes habitables. Mais c’est la seule partie du plan encore viable. Une guerre globale a éclaté, éliminant 99,9% de l’espèce humaine. Un hiver nucléaire rend progressivement la Terre inhabitable. Un groupe d’extrémistes souhaite finir le travail et supprimer ce qui reste de l’humanité. Les sondes brésiliennes sont encore en activité et continuent à vouloir écarter toute concurrence. Et les Bob ont découvert une espèce capable de voyager dans l’espace qui considère toute forme de vie comme de la nourriture…

Chronique : La lecture du premier volume de la trilogie m’avait enthousiasmé grâce à son concept original et son style lui permettant d’introduire des concepts propres à la science-fiction de manière abordable.

Ce second volume confirme la place de la saga dans la longue histoire de la science-fiction. Une place à part tant l’auteur cultive un style léger et humoristique, en témoigne les nombreuses références à la culture pop, au détriment du style épique qui est de mise le plus souvent dans ce genre de récit. Un choix qui sert le plus souvent l’intrigue dans le bon sens, il est toujours amusant de lire les réactions des I. A. que sont devenus les bobs face aux dérives humaines. Le revers de la médaille est que l’auteur a bien du mal rendre palpitantes les différentes confrontations spatiales qui parsèment son œuvre. d’autant plus que ces lors de ces passages que l’auteur multiplie les termes techniques qui, à titre personnel, ne me parle pas.

Les chapitres les plus intéressants sont ceux où Bob et ses nombreux clones explorent l’espace et se prêtent à des études anthropologiques sur des espèces extra-terrestres. Chapitres durant lesquels Bob se rapproche le plus du concept d’humanité, le voir interagir et trouver une solution à chaque nouvel obstacle rencontré est vraiment plaisant.

L’histoire, éclatée entre différentes versions de Bob, espacé de plusieurs années-lumière, propose de nombreux rebondissements. Pourtant on ne ressent jamais de réelles difficultés pour les bobs. Ces immenses ordinateurs réfléchissant à la vitesse de la lumière trouvent très vite des solutions à tous les problèmes, empêchant ainsi la création d’un suspens haletant.

Malgré ses légers défauts la lecture de cette saga reste un plaisir de lecture agréable et distrayant.

Note : 8/10

Éditeur Bragelonne
Date de publication 12 septembre 2018
Langue Français
ISBN-13 979-1028111427

Le corbeau d’oxford de Faith Martin (13 novembre 2019)

Résumé : Oxford, 1960. Lorsque Sir Marcus Deering, un riche industriel de la région, reçoit plusieurs lettres de menace anonymes, il prend le parti de ne pas s’en inquiéter.
Mais bientôt, un meurtre est commis, et les meilleurs éléments de la police d’Oxford sont mobilisés.
La toute jeune policière Trudy Loveday rêverait de participer à une affaire aussi importante, mais ses supérieurs coupent rapidement court à ses ambitions. Écartée de l’enquête et chargée d’assister le brillant mais peu amène Dr Clement Ryder, médecin légiste, sur une affaire classée, elle se retrouve pourtant très vite au cœur d’une énigme qui pourrait bien la mener sur la piste du mystérieux corbeau d’Oxford…

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Chronique : Disons-le tout net l’originalité n’est pas le point fort de ce roman. Une ambiance anglaise feutrée, un duo d’enquêteurs complémentaires, tous les ingrédients sont réunis pour un polar des plus classiques.

Le point fort du livre est le personnage principal de Trudy Loveday, ça ne s’invente pas un nom pareil, toute jeune stagiaire de police ambitieuse mais qui doit encore faire ses preuves. Mais l’action du roman se situe dans une Angleterre des années soixante où pour beaucoup la place des femmes est encore dans la cuisine en tablier et pas dans la rue en uniforme de police. Trudy se retrouve donc en butte à la misogynie ambiante qui règne dans cette société anglaise qui a bien du mal à accepter le changement.

Malgré cette ambiance hostile Trudy reste positive, avec sa mentalité combative et volontaire et juste ce qu’il faut de naïveté, elle est le personnage parfait pour nous conduire dans les rues d’oxford.

Si vous affectionnez les ambiances à l’anglaise ce polar est fait pour vous, Faith Martin, ou plutôt Jacquie Walton de son vrai nom, invoque tous les éléments qui font le charme de ces Intrigues feutrée, où la violence est absente, le langage châtié la plupart du temps, sans oublier une légère note d’humour.

Le duo incarné par Loveday et Ryder se révèle par contre un peu décevant. Certes on peut apprécier la relation maître-élève qui s’instaure très rapidement entre les deux protagonistes mais le personnage de Ryder, présenté comme un indécrottable empêcheur d’enquêter en rond, relève finalement plus de l’ours mal léché dont le bon fond se découvre trop facilement.

La toute première enquête de ce duo se laisse suivre sans ennuie, malgré une fin précipité et mal amené, mais il manque tout de même une étincelle qui rendrait l’ensemble plus palpitant.

Ce premier roman est censé lancer une nouvelle saga avec ses deux personnages en tête d’affiche. Espérons que L’auteure parviendra à étoffer leur relation et à apporter un peu d’originalité dans ses intrigues futures.

Note : 7/10

  • Broché : 352 pages
  • Editeur : HarperCollins (13 novembre 2019)
  • Collection : HarperCollins Noir
  • Langue : Français
  • ISBN-13 : 979-1033904151

 

La piste aux étoiles de Nicolas Lebel (14 novembre)

Résumé : Quand on propose à l’embaumeur de participer à un projet de plastination, il faut s’attendre à un refus.
Un défunt, ça se respecte, ça n’exhibe pas !
Le souci c’est que dans la vie on ne fait pas toujours ce que l’on veut, Mandoline va devoir rentrer dans le délire d’un mégalo morbide et tenter de comprendre un trafic de cadavres…

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Chronique : On dit que le talent n’attend pas le nombre d’années, j’ai envie d’ajouter que le talent n’attend pas le nombre de pages.

La piste aux étoiles est en effet un roman très court, 200 pages à peine, mais là où d’autres auraient épaissi leur intrigue d’une centaine de pages supplémentaires, Nicolas Lebel lui se contente d’une intrigue courte mais rondement menée.

L’auteur a eu la bonne idée de nous faire vivre son récit avec les yeux de M. Mandoline. Celui-ci se lance dans l’aventure, armé de son savoir-faire de thanatopracteur, de deux-trois astuces issues de son passé dans la légion étrangère et surtout de son esprit irrévérencieux et de son humour noir.

Associer ce grinçant personnage à une intrigue sordide de trafic de cadavres avec en arrière-plan le désastre humanitaire des migrants et vous obtenez un délicieux roman d’espionnage, avec ce qu’il faut d’action et de romance pour nous rassasier, doté d’une fin cynique qui laisse un goût amer et guère rassurant quant à l’avenir de l’espèce humaine.

Note : 8/10

 

  • Broché : 232 pages
  • Editeur : French Pulp éditions (14 novembre 2019)
  • Collection : L’Embaumeur
  • Langue : Français
  • ISBN-13 : 979-1025106549

 

 

Le diable dans la peau de Paul Howarth

Résumé : Australie, Queensland, 1885. Une vague de sécheresse conduit la famille McBride au bord de la ruine. Lorsque la pluie revient enfin, la famille pense être tirée d’affaire. Mais le destin en a décidé autrement. Un soir en rentrant chez eux, Billy et Tommy, les jeunes fils McBride, découvrent leur famille massacrée. Billy soupçonne immédiatement leur ancien vacher aborigène. Les deux garçons se tournent vers John Sullivan, leur riche et cruel voisin, pour qu’il les aide à retrouver le coupable. Sullivan fait appel à la Police aborigène, menée par l’inquiétant inspecteur Edmund Noone. Les frères McBride vont alors être entraînés dans une chasse à l’homme sanguinaire à travers l’outback désertique. Témoin impuissant des ravages que laisse la petite troupe dans son sillage, Tommy ouvrira les yeux sur le vrai visage de la colonisation australienne.

Chronique : les pages les plus sanglantes de l’histoire d’un pays en font souvent les récits les plus poignants.

Et sanglante la conquête de l’Australie par le fier homme blanc l’a été c’est un fait connu de tous. Mais éloigné comme nous le sommes de ce pays on a tendance à oublier ce que cela implique en réalité. Heureusement Paul Howarth est là pour nous le rappeler.

Le récit est donc un western et dès le début l’auteur nous fait bien comprendre qu’ici règne la loi du plus fort. Nul shérif héroïque pour défendre la veuve et l’orphelin ici, qui détient les terres détient le pouvoir et l’emprise sur les hommes. Une ambiance bien sombre malgré la sécheresse magnifiée par le style de l’auteur. Sous sa plume c’est l’outback australien qui prend vie, le bush poussiéreux et hostile. Mais toujours moins hostile que les prédateurs pibèdes qui le hantent.

Bien plus qu’une peinture sauvage de l’Australie du 19 siècle, le roman est surtout un récit initiatique. On suit le jeune Tommy, dont l’enfance vient de prendre fin brutalement, tout au long de son périple ses convictions vont être mises à rude épreuve. Il est le témoin moral de cette expédition vengeresse qui va peu à peu remettre en cause tout ce qu’on lui a appris sur la place des aborigènes dans la société de cette époque. Désemparé face à la vague de violences auquel il doit prendre part malgré lui, il refuse cependant d’enterrer son humanité.

Son personnage se heurte à un autre, celui de Noone, véritable miroir inversé de Tommy. Noone est censé représenter la justice et la loi mais se révèle être un être cynique, nihiliste, corrompu et cruel. Il méprise ouvertement la religion ainsi que les pauvres diables qui se croient puissants, comme cet ogre insatiable de Sullivan finira par s’en rendre compte. Doté d’une intelligence de prédateur, il repère très vite en Tommy un égal, voir un rival, qu’il va tenter de convertir à sa vision pervertie du monde avant de comprendre que leurs conceptions du monde sont diamétralement opposé.

Le livre s’achève sur une fin douce amer où l’auteur nous montre que les traumatismes sont toujours aussi vivaces et l’apaisement un rêve inaccessible.

Un premier roman magistral et sans concessions.

Note : 9 /10

Éditeur Denoël
Date de publication 18 octobre 2018
Langue Français
Longueur du livre 432
ISBN-10 2207137767

Les illusions de Jane Robins

Résumé : Callie a toujours vécu dans l’ombre de sa sœur, Tilda, à qui tout réussit. Celle-ci est actrice et forme un couple heureux avec Felix, un riche banquier, alors que Callie vit seule et végète dans la librairie où elle travaille. Si elle admire toujours autant sa sœur, elle ne peut néanmoins s’empêcher de penser que quelque chose se cache sous ce vernis de perfection. Tilda ne serait-elle pas sous l’emprise de Felix, dont les comportements obsessionnels sont de plus en plus inquiétants ? Ou bien Callie se fait-elle des illusions ? N’est-ce pas plutôt elle qui a un problème avec la réussite de Tilda ? Lorsque Felix décède d’une crise cardiaque, les relations entre les deux sœurs prennent un tour complètement inattendu.

Chronique : Il y a deux sous-genres de romans policiers que je trouve particulièrement « casse-gueule », le thriller psychologue et le thriller domestique. Alors quand un auteur décide de marier les deux le risque est d’autant plus grand.

Entendons-nous bien, je ne me suis pas ennuyé à la lecture de ces bien pâles illusions, le style de l’auteur et la narration immersive maintiennent suffisamment l’attention pour continuer la lecture. Le problème vient surtout d’un manque de tension. La prétendue révélation finale se laisse doucement présager à mesure que l’on avance dans l’intrigue. Le jeu manipulateur des personnages est aussi subtil qu’un éléphant dans un magasin de porcelaine.

Le personnage principal de Callie se révèle décevant, d’abords inquiétante dans ses rapports ambiguës avec sa sœur, puis tout simplement agaçante par son côté ingénue. Elle est tout simplement un personnage trop fade et pas vraiment attachante pour porter un récit sur autant de pages.

Le livre a le mérite d’attirer l’attention sur le douloureux sujet du feminicide en mettant l’accent sur la détresse ressenti par certaines femmes, prisonnières d’une relation toxique. Toutefois cela ne suffit pas à relever le niveau du récit.

Je passe assez rapidement sur l’aspect psychologique du récit. Mis à part Callie, qui est le personnage principal, la psychologie profondes des autres personnages est à peine effleuré.

Malgré des efforts louables, l’auteur ne parvient à illusionner personne d’autre que son personnage principal. Et moi de me dire que j’ai suffisamment laissé ma chance à ce sous-genre pour passer à autre chose.

Note : 5/10

Éditeur Sonatine
Date de publication 4 octobre 2018
Langue Français
Longueur du livre 360
ISBN-10 2355846294