Test Blu ray : A Ghost Story ( 24 avril 2018) de David Lowery avec Casey Affleck, Rooney Mara

Apparaissant sous un drap blanc, le fantôme d’un homme rend visite à sa femme en deuil dans la maison de banlieue qu’ils partageaient encore récemment, pour y découvrir que dans ce nouvel état spectral, le temps n’a plus d’emprise sur lui. Condamné à ne plus être que simple spectateur de la vie qui fut la sienne, avec la femme qu’il aime, et qui toutes deux lui échappent inéluctablement, le fantôme se laisse entraîner dans un voyage à travers le temps et la mémoire, en proie aux ineffables questionnements de l’existence et à son incommensurabilité.

Chronique : David Lowery réalise un film d’une intensité profonde, un film contemplatif et qui pousse à la méditation. Cette réflexion sur l’amour, le temps qui passe, la mort, est absolument fascinante et elle s’impose avec exactitude et justesse. Et cette invitation à la méditation nous est proposée avec une simplicité remarquable. En effet, le film se dispense largement de dialogues, la caméra est souvent fixe, ceci pour permettre de contempler les images proposées comme le fantôme, immobile. Ce fantôme est représenté de manière enfantine avec un simple drap posé sur lui, les personnages n’ont pas de noms mais sont juste les visages des acteurs tels que Casey Affleck ou Rooney Mara. Cette simplicité se retrouve aussi dans le format de l’image, un simple carré aux bords arrondis. Il est certain que la démarche du film peut surprendre aux premiers abords, car les séquences sont parfois longues, très longues, mais cela s’inscrit parfaitement dans la démarche que propose ce film. Ainsi, notre fantôme contemple la vie de la femme qu’il aimait après sa mort, il semble condamner à errer dans la demeure qu’il aimait tant, et constater les dégâts du temps qui passe, un temps destructeur qui ne laissera aucune trace de la vie du personnage. Cette immersion sensorielle est réellement bouleversante, et nous sommes obligés de souligner ici l’excellente bande son de Daniel Hart et plus précisément le brillant morceau de Dark Rooms, « I Get Overwhelmed ». Nous aurions presque voulu que ce film dure plus longtemps finalement, pour exploiter encore plus son concept qui est vraiment remarquable. « A Ghost Story » est vraiment un film comme il s’en fait peu, un film qui impressionne par sa simplicité et sa justesse. Brillant !

Note : 9,5/10

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Vidéo : Le film est fourni avec un transfert MPEG-4 1080p / AVC dans le format 1,33: 1. Marqué par un look discrètement stylisé, l’image modeste mais saisissante se concrétise par une présentation vidéo forte. Tourné sur l’Arri Aelxa, la source dispose d’une couche légère à modérée de grain numérique pour une texture supplémentaire qui, associée au format 1,33: 1, contribue à créer une qualité légèrement vintage. La clarté est solide mais l’image est nettement plus douce par rapport aux autres versions contemporaines, et si cette esthétique limite les détails, elle contribue à rehausser l’ambiance onirique du film. Les couleurs changent entre des tons principalement froids, accentuant le ton sombre de l’histoire, et les teintes plus chaudes pendant les scènes clés. Le contraste est décent, mais quelques séquences plus foncées présentent des noirs bleutés ou grisâtres. Et même si l’encodage lui-même est pour la plupart libre de tout problème, une postérisation extrêmement mineure se glisse au cours de quelques transitions évanescentes.Ce film arrive au Blu-ray avec une image à la fois sobre et puissante, préservant la cinématographie délicatement envoûtante du film grâce à un transfert techniquement sain.

Son : Le film est présenté avec des pistes en DTS-HD MA 5.1, ainsi que des sous-titres anglais et français en option. Tranquillement captivant, le mixage utilise des effets clés pour travailler et créer des repères musicaux pour prolonger l’atmosphère hypnotique du film.

Certaines conversations précoces et chuchotées sont un peu timides, mais l’utilisation clairsemée du dialogue par le film passe à travers et la scène de monologue étendue du film comporte une présence suffisante. Bien que subtil dans la nature, le paysage sonore délicate offre des notes immersives d’ambiance, de superbes carillons éoliens, des oiseaux qui gazouillent, des portes qui grincent et d’autres atmosphères tout au long de la piste. La directionnalité est également bien utilisée, faisant passer les pas de patinage vers la gauche, la droite et l’entoure, créant ainsi un sens étendu de l’espace. Le travail de conception sonore plus éthérée est également employé pendant des scènes spécifiques, y compris l’introduction initiale du fantôme, modifiant légèrement l’agitation d’arrière-plan d’un hôpital avec la distorsion inquiétante. De même, les séquences de touches offrent des salves robustes , y compris des coups de tonnerre et des indices agressifs lorsque le fantôme est en colère.

Bonus :

Commentaire audio  – Le réalisateur David Lowery, le directeur de la photographie Andrew Droz Palermo, le chef décorateur Jade Healy et le compositeur Daniel Hart offre une discussion décontractée et informative, élaborant sur les changements effectués pendant le tournage, l’éclairage et les choix de caméra, travaillant avec le rapport d’aspect 1,33: 1, le design sonore, la musique, les effets, l’origine de la longue scène du monologue du film. dépense étonnante d’effacer les tatouages ​​de Casey Affleck. Dans l’ensemble, une bonne écoute pour les fans du film.

Une histoire de fantômes et l’inévitable passage du temps (HD, 20 min) – Dans un clin d’œil ludique au sujet du film, il s’agit d’une table ronde avec des acteurs et des acteurs dans un endroit censément hanté dans la nuit. voir les participants). Le groupe discute des origines de l’histoire, du processus étonnamment complexe de conception du costume de fantôme, des visuels du film, des lieux et de leur étroite relation de travail sur le plateau.

L’histoire d’un compositeur (HD, 5 min) – Ici, nous recevons une interview du compositeur Daniel Hart, qui explique comment il a développé l’ambiance sonore et créé des morceaux de musique ambiante en étirant des sections de la musique centrale du film.

Scène supprimée (HD, 6 min) – Il s’agit d’une séquence excisée susceptible d’être rythmée par une autre longue prise alors que le personnage de Casey Affleck fait du café et se perd dans ses pensées le matin de sa mort.

 

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