Ils étaient vingt et cent… de Stanislas Petrosky | 11 avril 2019

Par l’auteur de REQUIEM et UN HAVRE DE PAIX
Un roman noir glaçant, pour ne jamais oublier.
L’histoire d’un homme qui a vu la construction et la libération du plus grand camp d’extermination de femmes du IIIème Reich, un homme qui a vécu des deux côtés des barbelés et qui a eu la vie sauve grâce à son art.

Gunther, jeune allemand opposé au régime nazi, excelle dans l’art du dessin.
Il se retrouve promu illustrateur officiel du camp de Ravensbrück, son œil d’artiste interprète la vie et surtout la mort.
L’histoire d’un homme qui a vu la construction et la libération du plus grand camp d’extermination de femmes du IIIème Reich, un homme qui a vécu des deux côtés des barbelés.
Prix des blogueurs 2016

Chronique : Il est inutile de rappeler que les récits consacré aux sorts des détenus des camps de concentration sont légions, pourtant Stanislas Petrosky apporte à son tour sa plume à l’édifice de la mémoire.

Son récit des mémoires d’un engagé de force dans la machine mortelle du troisième reich est poignant d’humanité et glaçant d’une horreur jamais à court de nouvelles atrocités.

Ici pas d’évasion héroïques, pas de père qui raconte des fables à son fils pour lui caché la réalité, pas de résistance acharné face à la monstruosité nazie non, rien de tout ça, juste l’horreur, pure, clinique et instrumentalisé aux profit d’un système qui n’a plus rien d’humain.

À travers les yeux, et aussi le coup de crayon de son personnage-narrateur, on assiste à la création de l’un des plus grands camps de concentration d’Allemagne, ravensbruck. Page après page ce lieu, qui deviendra l’antre de l’horreur, prend forme. À mesure qu’il se développe, s’agrandit, avalant toujours plus de condamnés dans ses fours, le sadisme et les tortures s’agrandissent en proportion.

Le camp de la mort devient ainsi l’un des personnages principaux de l’histoire, lieu d’exactions innommables, symbole du pouvoir nazi et ultime sépulture de tant d’anonymes.

La place accordé aux camp n’occulte cependant pas le témoignage empreint d’humanité du jeune Gunther, qui pris entre la crainte d’être envoyé au front en tant que soldat ou de rejoindre la cohorte de malheureux destiné à disparaître, choisis ce qui lui paraît être un moindre mal. Gunther pourrait être n’importe lequel d’entre nous, confronté à l’horreur il décide d’en faire le portrait afin de conserver une trace des actes commis au nom de l’idéologie aryenne.

Cette forme de résistance s’avérera salvatrice dans un premier temps, lui permettant de conservé son humanité mais elle l’amènera bien vite à être témoin de torture mené au nom d’une certaine science.

L’auteur prend le parti de tout décrire. Cela donne lieu à des scènes de torture abject, brut ou le sadisme le dispute à la froideur clinique des médecins, contés dans un style détaché de tout pathos.

Ce distanciation du récit par rapport aux scènes et aux réactions qu’elles provoquent chez le lecteur pourra en rebuté certains mais c’est ce détachement même qui permet de rendre compte au mieux de l’horreur qui a eu lieu entre les blocks de ravensbruck.

Et pourtant malgré cette déshumanisation, ces brimades constantes et les visions d’horreurs, c’est l’humanité persistante des prisonniers qui interpelle, tel un ruisseau qui refuse de s’aseché, l’entraide et la solidarité sont des valeurs omniprésente chez ces compagnons d’infortune.

Tout comme son narrateur, le lecteur restera longtemps hanté par le témoignage de ce que l’homme est capable de pire.

Note :9/10

Chronique de Christophe C.

 

  • Broché: 240 pages
  • Editeur : French Pulp éditions (11 avril 2019)
  • Collection : Grands romans
  • Langue : Français
  • ISBN-13: 979-1025105412

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