La part du ciel de Stéphanie Halperson | 6 mars 2019

A la fin de sa vie, Pauline s’était imaginé quitter la terre dans un épais brouillard. Esquisse d’une peur qui l’expédiait dans un gouffre inquiétant. Il n’en est rien. Légère, Pauline s’envole dans un tunnel étincelant à une vitesse vertigineuse. Mais au terme d’un voyage lumineux, Pauline ne peut rejoindre l’Origine. Il lui faut revisiter les étapes charnières de son existence : le chagrin d’une enfance volée, les amours cabossés, les coups infligés à ses proches pour étouffer la douleur. Parviendra-t-elle à consoler les coeurs meurtris pour consentir à son propre pardon ? Parviendra-t-elle à gagner l’Origine ?

Chronique : Malgré son titre et la quatrième de couverture le récit de Stéphanie Halperson aborde surtout la vie, le chemin que l’on y parcoure et les choix que l’on fait.

L’auteure nous invite donc à suivre la vie de son personnage à travers les épisodes les plus marquants de son existence, de l’enfance jusqu’à l’âge adulte. C’est l’occasion de revenir sur tout les non dits, ces moments que l’on a tous vécu un jour ou l’autre où l’on s’est tue au lieu de dire ce que l’on pensait, par peur d’être rejeté, moqué ou incompris.

En pleine rétrospective, l’auteure mélange le style direct et indirect dans de court paragraphe, rendant ainsi le voyage immersif pour le lecteur en quelques lignes seulement. Quelques pages suffisent pour planter les différents décors où vont se jouer les moments décisifs de la vie de Pauline.

L’accent est mis sur l’empathie, du moins dans la première partie du récit, il s’agit prendre conscience de ses douleurs muettes, de ce gâchis de sentiments inexprimés.

La seconde partie, consacré à l’âge adulte est plus détaché, plus froide tout comme l’adulte qui nous est décrite que l’on pourra parfois trouver antipathique. Adulte qui ne sait pas, ou plus, exprimer ce qu’elle ressent.

Chacun pourra trouver une résonance en lui à travers ce portrait de femme aux blessures d’enfance restés béantes. Blessures qui, plus tard, contribueront à créer une adulte aigri, aux désir flétris avant l’heure, renonçant à trouver le bonheur et rejetant son amertume sur autrui.

Le récit est court, L’auteure cherche à aller à l’essentiel. On peut cependant regretté que l’ouvrage ne soit pas plus épais. Ce portrait de Mme Bovary moderne aurait gagné à être un véritable fleuve de vie, aux eaux troubles par les sentiments contrasté du personnage, plutôt que ce mince ruisseau qui manque parfois de consistance.

La partie du récit consacrée aux spirituel et à la vie après la mort paraît plus anecdotique et trop idéalisé pour vraiment servir le récit. Le tout aurait pu être plus original si l’on avait eu droit à des dialogues entre les différents protagonistes, qui auraient profité de ces retrouvailles astrale pour se dire tout ce qu’ils n’ont pas su se dire de leur vivant.

En somme La part du ciel nous dévoile une morale que chacun d’entre nous connaît sans vraiment l’appliquer; pour être heureux, ou tout du moins un peu moins malheureux, il faut parler, communiquer, s’ouvrir aux autres avec toutes les difficultés que cela comporte.

Note : 7,5/10

Chronique de Christophe C.

 

  • Broché: 190 pages
  • Editeur : Editions La Bruyère (6 mars 2019)
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2750014476

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