Le Triomphant de Clément Milian | 2 mai 2019

Cinq guerriers français, lassés des combats, ont décidé de s’en prendre à l’un des leurs qui tue et viole sans distinction. Surnommé la Bête, il répand la désolation sur son passage. Les compagnons se lancent ensemble à sa poursuite. Avec la guerre de Cent ans en toile de fond.

Chronique : Certains auteurs ont besoin d’un nombre conséquent de pages pour aboutir à la réalisation de leurs livres, empressés qu’ils sont par l’éditeur qui sent la poule aux œufs d’or ou bien sujet aux divagations et aux digressions. D’autres relève le défi de narrer une histoire en peu de mot, se forçant eux mêmes à tirés de leurs plumes, ou bien de leur clavier, le nombre précis de mots nécessaires à la réalisation de leurs œuvres, Clément Milan est de ceux là.

Avec son style sec et nerveux, faits de courtes phrases, l’auteur nous plonge dans une guerre, au moyen âge, sans plus de précision. C’est probablement durant la période de la guerre de cent ans mais au final peu importe le siècle car la violence, la sauvagerie et la brutalité sont les mêmes, qu’importe les armes avec lesquels les hommes s’entretuent, les victimes s’entassent et l’innocence est souillé.

Le récit est sujet à interprétation, entre la bête, qui est bien plus qu’une personnification de la guerre et le groupe de soldat qui la pourchasse, dont chacun des membres est une facette d’un même stéréotype, chacun pourra y trouvé sa propre interprétation de cette traque intense au final irrémédiable.

En lisant l’ouvrage d’une traite comme je l’ai fait on a l’impression d’être prisonnier d’un long cauchemar qui refuserait de prendre fin malgré les tentatives de notre esprit pour s’en défaire. La mort et la violence omniprésente contribue à créer une atmosphère empli de désespoir alors même que seule la haine semble motivé le groupe de soldat à poursuivre leur traque.

Une haine implacable qui tel une vague de sauvagerie irrépressible leur intime de poursuivre leur mission.

Il est souvent question de Dieu dans le récit, que ce soit lorsque les personnages lui adressent des suppliques ou bien des prières ou bien lorsque l’auteur se sert de lui pour démontrer tout l’absurdité de cette guerre sans fin. Un Dieu que l’auteur nous montre comme étant complice de ce massacre, il suffit de noter que Dieu est toujours mentionné lors des passages décrivant la guerre ou dans la bouche des soldats qui n’ont de cessent d’en appeler à sa clémence et sa divine intervention pour comprendre que l’on a affaire à un récit plus complexe qu’en apparence.

Un récit qui lorsqu’on en achève la lecture laisse au lecteur la sensation désagréable que, quelques soient les efforts que l’on fourni, la rédemption reste hors de portée.

Note 8 /10

Chronique de Christophe C.

 

  • Editeur : Les Arènes (2 mai 2019)
  • Collection : AR.HORS COLLECT
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2711201074

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