Dans les bois (The Woods) : que vaut la série thriller Netflix adaptée d’Harlan Coben ?

Après « Intimidation », Netflix poursuit ses adaptations de best-seller d’Harlan Coben avec « Dans les bois », disponible depuis ce vendredi sur la plateforme. Ce thriller polonais sur fond de disparitions mérite-t-il le détour ? Voilà notre avis.

De quoi ça parle ?

En Pologne, durant l’été 1994, quatre adolescents d’un camp de vacances disparaissent mystérieusement dans les bois. Les corps de deux d’entre eux finissent par être retrouvés, tandis que le mystère demeure pour les deux autres, dont Kamila, la soeur de Pawel Kopiński, alors moniteur au sein de la colo. Mais 25 ans plus tard, Pawel, devenu procureur de Varsovie, voit sa vie à nouveau bouleversée lorsque le cadavre du second disparu, Artur, visiblement assassiné il y a peu de temps, est découvert par la police. Caressant l’espoir que sa soeur puisse encore être vie, Pawel va tout faire pour comprendre ce qui s’est passé dans la forêt lors de cette nuit fatidique de 1994…

Dans les bois (The Woods), développée par Agata Malesińska et Wojtek Miłoszewsk d’après le roman éponyme d’Harlan Coben.

Avec Grzegorz Damiecki, Agnieszka Grochowska, Hubert Milkowski, Wiktoria Filus, …

Disponible depuis le 12 juin sur Netflix. 6 épisodes vus sur 6

À quoi ça ressemble ?
Dans les bois - saison 1 Bande-annonce VO

Ça vaut le coup d’oeil ?

Après la création originale Safe en 2018, portée par Michael C. Hall, et Intimidation, adaptation du roman The Stranger sortie en février dernier, Netflix continue sa collaboration fructueuse avec l’auteur américain Harlan Coben pour la série Dans les bois, tirée de son best-seller éponyme paru en 2007. Produit et tourné intégralement en Pologne, avec des équipes et des comédiens locaux, inconnus du public français, ce thriller en six épisodes prouve ainsi que le pays d’Europe centrale a décidément le vent en poupe en ce moment sur la plateforme de streaming, après la mise en ligne récente du film érotique 365 Dni, mais peine à tirer son épingle du jeu tant l’intrigue, inscrite dans un genre vu et revu, manque d’originalité. D’autant plus qu’Harlan Coben a une petite tendance, comme beaucoup d’autres auteurs à succès, à user des mêmes codes à chacune de ses oeuvres.

Plus proche de The Five que de Safe ou Intimidation, Dans les bois nous plonge dans un mystère raconté sur deux époques – 1994 et 2019 – à travers l’enquête du procureur Pawel Kopiński (l’équivalent du Paul Copeland du roman), qui tente de découvrir ce qui s’est réellement passé la nuit où deux de ses amis sont morts et sa soeur a disparu. Avec à la clé des révélations qui vont venir déterrer des secrets enfouis par chacun des protagonistes de cette histoire et vont bouleverser tout ce que Pawel pensait savoir sur ce fameux été 1994 et sur sa famille. Jouissant d’une esthétique léchée, d’un jeu sur les couleurs et les tons, d’une bande-son travaillée, et d’une réalisation habile, qui se sert notamment des gros plans pour osculter les émotions de ses héros, Dans les bois est avant tout une série d’ambiance, et ses réalisateurs, Leszek Dawid et Bartosz Konopka, parviennent sans mal à nous happer à chaque fois qu’ils nous emmènent dans cette forêt inquiétante où un drame innommable s’est produit. C’est d’ailleurs sûrement en cela que cette proposition polonaise se démarque des précédentes adaptations d’Harlan Coben qui, a l’exception de Ne le dis à personne (qui réussisait sur les deux tableaux), ont toujours fait passer l’intrigue avant l’ambiance visuelle.

 

Malheureusement, les qualités esthétiques d’une série ne font pas tout et c’est bien sur le plan scénaristique que le bât blesse (un peu) puisque Dans les bois souffre d’un rythme trop lent, surtout dans la partie « enquête » se déroulant de nos jours. L’intrigue ne démarre vraiment qu’à partir de l’épisode 2 et les révélations, ou en tout cas les rebondissements, se font trop attendre par la suite. Les choses s’accélèrent heureusement sur les deux derniers épisodes – qui nous mènent vers une conclusion assez étonnante – mais le ventre mou des épisodes précédents pourrait bien coûter son intérêt au téléspectateur un tant soit peu exigeant. Ce petit manque de souffle est d’ailleurs regrettable car, en plus de tisser un mystère de base plutôt intrigant, la série peut compter sur des interprètes talentueux (dont Grzegorz Damiecki et Hubert Milkowski, les deux Pawel de l’histoire) et une relation Pawel-Laura finement construite, qui se veut le reflet du poids des secrets et non-dits sous lequel croulent les personnages depuis des années. Loin d’être un ratage complet, Dans les bois saura sûrement satisfaire de nombreux abonnés de la plateforme amateurs de thrillers vite vus (et vite oubliés). Mais son manque de nervosité, et surtout d’inventivité, peine à la faire sortir du lot et on finit par se dire qu’une telle intrigue aurait peut-être davantage profité du format plus resserré d’un film de 2 heures.

Reste qu’avec un contrat signé avec Netflix lui assurant l’adaptation de 14 de ses romans, et l’arrivée prochaine des adaptations de Stay Close et de Six Years, Harlan Coben n’a pas fini de faire les beaux jours du géant du streaming. Pour le plus grand bonheur de ses fans, à n’en pas douter.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s