Majipoor, Intégrale : Volume 2, Le cycle de Prestimion (7 juin 2018) de Robert Silverberg

Pour la première fois, Mnémos réunit dans une édition intégrale en trois volumes les huit tomes de la création foisonnante de Robert Silverberg : Le Cycle de Majipoor, l’une des oeuvres magistrales de la science-fiction.

Chronique : Prestimion est écarté de la succession de Lord Confalume par le fils de ce dernier, Korsibar, qui prend d’autorité la couronne et le trône du Coronal…
La scène se passe un millénaire avant le règne de Valentin, à une époque où Majipoor n’a pas encore de Roi des rêves. Et cela permet à Robert Silverberg de prendre un nouveau départ dans le cycle de Majipoor.C’est ici que le volume 2 commence.

C’est un départ éminemment politique qui est pris car, à partir de l’usurpation, Les sorciers de Majipoor est un roman qui n’est fait que d’alliances, de manigances et de trahisons, jusqu’à l’inévitable guerre.
C’est aussi un second souffle pour le cycle car il permet à l’auteur d’adopter une démarche totalement différente de celle des précédents tomes, en particulier ceux consacrés à Valentin. Cette fois-ci il n’y a pas de périples de plusieurs années à travers tout Majipoor, mais tout se passe à la cour du Coronal, ou dans ses environs immédiats. Il n’y a pas non plus de personnages très sympathiques, à l’exception de quelques personnages secondaires. Même Prestimion n’est pas spécialement charismatique ; c’est un arriviste, imbu de lui-même, qui recherche la couronne plus parce qu’il s’estime meilleur que Korsibar, que parce qu’il s’estime plus apte à faire le bien que son concurrent. On aura compris que la psychologie politique des personnages est nettement plus fouillée qu’auparavant. Cela étant les autres traits de leurs caractères restent simplistes, voire caricaturaux, en particulier la subite idylle de Prestimion. Les sorciers de Majipoor n’en est pas moins d’une lecture agréable et pleine de rebondissements.  Le second tome Prestimion le coronal  raconte comment Prestimion occupe enfin la charge de Coronal. Mais il est immédiatement confronté aux conséquences de la guerre civile qui a présidé à son ascension sur le trône, et ce en dépit du fait qu’il a fait retirer de la mémoire de chacun tout souvenir de cette guerre…Avec l’aide de quelques sorciers, Prestimion a décidé d’effacer de la mémoire collective ce triste épisode de l’histoire de la planète. Mais dans cette suite, on apprend qu’une inquiétante vague de folie se propage sur toute la planète et Prestimion craint qu’elle ne soit la conséquence de sa décision. La planète géante Majipoor fait partie de ces univers riches et chatoyants dans lesquels on a ordinairement plaisir à se replonger. Hélas, ce nouvel épisode du cycle est extrêmement décevant. L’intrigue est aussi mince que le roman est volumineux. Robert Silverberg tire à la ligne et nous égare dans un nombre incroyable de digressions, ce qui donne l’impression que le roman a été écrit au fil de la plume. Cela occasionne des scènes parfois surprenantes ou incongrues perdues au milieu d’une foule de lieux communs et de répétitions. Ainsi Dantirya Sambail, le puissant procurateur du continent voisin de Zimroel qui a failli tuer Prestimion lors de la guerre civile, recouvre fort opportunément la mémoire et parvient non moins opportunément à s’échapper des prisons du château du Coronal  ! Prestimion, nouveau monarque d’une planète de plusieurs milliards d’individus, s’empresse alors de délaisser ses devoirs et passe le plus clair de son temps à parcourir la planète à la poursuite de son ennemi. Entre deux escapades, il trouve tout de même le temps de se marier, mais la romance est bien vite expédiée et fort peu crédible. Prestimion est un personnage pour lequel on n’éprouve pas de sympathie, et on a d’autant plus de mal à s’intéresser à ses problèmes. Il ne reste guère pour le plaisir du lecteur qu’une succession de descriptions des lieux les plus étranges de Majipoor. Mais Le château de Lord Valentin nous a déjà permis de parcourir ce monde fascinant dans de bien meilleures conditions, et Prestimion le Coronal fait bien pâle figure en comparaison. Le roi des rêves conclut plutôt bien un cycle inégal en qualité.  mais sait bien ce finir avec ce tome qui développant une trame et une intrigue intéressantes, est d’une lecture plutôt agréable. les personnages, qui semblent toujours manquer de profondeur et de substance; les caractères ne sont pas assez fouillés, manquent de complexité et certains sont même assez simplistes, tels les cinq frères Sambailids complètement idiots…
Mais cette impression est peut-être due au fait qu’ils ont déjà été présentés dans les tomes précédents. En outre, beaucoup de temps est passé à décrire les étapes de la passation des pouvoirs (avant et après la mort de Confalume), les doutes ressentis par Prestimion et Dekkeret quant à leur capacité à assurer au mieux leurs nouveaux rôles respectifs, mais également à nous convaincre de la supériorité morale des deux monarques (au point de les rendre presque parfaits), alors que les situations conflictuelles sont abordées et résolues un peu trop rapidement, qu’il s’agisse de brouilles amoureuses (entre Dekkeret et Fulkari ou entre Keltryn – sœur de Fulkari – et Dinitak – ami de Dekkeret), de désaccords entre Prestimion et Dekkeret sur la stratégie à suivre ou bien de la confrontation finale entre Dekkeret et Mandralisca… En effet, cette rencontre débutant à peine s’achève déjà sans qu’on ait eu la chance d’assister à un véritable duel (combat physique ou, pourquoi pas, psychique) entre ces deux forts caractères (ou du moins présentés comme tels).…
Nous avons là un livre intéressant, mais dont certains aspects essentiels n’ont pas été assez approfondis. Ce roman aurait mérité, bien qu’il compte déjà plus de 450 pages, d’être un peu plus long.  Un volume pour ce qui aime le Cycle de Majipoor mais qui reste de grande qualité.

Note : 9/10

 

  • Broché: 1072 pages
  • Editeur : MNEMOS (7 juin 2018)
  • Collection : Univers

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