TEST DVD : Pentagon Papers (29 mai 2018) de Steven Spielberg avec Meryl Streep, Tom Hanks

Katharine Graham, première femme directrice de la publication d’un grand journal américain, le Washington Post, s’associe à son rédacteur en chef Ben Bradlee pour dévoiler un scandale d’État monumental et combler son retard par rapport au New York Times qui mène ses propres investigations. Ces révélations concernent les manoeuvres de quatre présidents américains, sur une trentaine d’années, destinées à étouffer des affaires très sensibles. Au péril de leur carrière et de leur liberté, Katharine et Ben vont devoir surmonter tout ce qui les sépare pour révéler la vérité au grand jour.

Chronique : « Pentagon Papers » a l’intelligence de nous présenter un fait historique, à savoir la révélation d’un scandale d’État par un journal local à l’époque, sous le prisme original d’un duo formé de sa directrice de publication et propriétaire, et de son rédacteur en chef… Au sein de cette histoire dont s’est emparé le géant et doué Spielberg, on y trouve une réflexion de plus en plus palpitante sur le rôle de la Presse, sa liberté relative, d’autant plus intéressante qu’elle est doublée de la place de la femme en tant que directrice de publication, rôle hautement décisionnaire dans une entreprise comme l’était le Washington Post à l’époque… On suit donc le parcours de Katharine Graham, son évolution parmi tous ses atermoiements au sein d’un monde d’hommes aux esprits machistes et antagonistes, et finalement ses prises de position qui la placeront enfin à sa juste et vraie place ! En parallèle de ce portrait, qui sert aussi de fil conducteur, on est après une mise en route assez didactique, de plus en plus happé par la tournure des événements qui mêle à la fois les attentes frileuses du conseil d’administration, les aspirations fiévreuses de l’équipe de publication, la rivalité avec le NewYork Times,… tout cela avec des rebondissements de haut vol, qui nous tiennent en haleine vraiment ! De sacrés dialogues doublés de vérités évidentes et pourtant bonnes à rappeler sur le rôle de la presse, sont en plus un vrai plaisir à entendre ! Tom Hanks et Meryl Streep sont tous deux des personnages bien différents, un passionné pur et dur et une femme d’entreprise ambivalente, soumise à des contraintes bien spécifiques liées à sa fonction et à ses relations. Mais leur composition respective est justement plus qu’à la hauteur de ce qu’ils sont censés représenter ! Tous les tenants et les aboutissants forment ici une valse magistrale dans laquelle on ne peut qu’être emporté afin de se régaler à l’image d’une conversation téléphonique particulière qui restera dans les anales… De très bons moments, de plus très bien reconstitués, nous éclairent sur la fabrication d’un journal avec moult détails, ce qui ne se refuse pas ! Tout cela avec une maitrise du rythme, une mise en scène dont notre célèbre cinéaste a décidément le secret ! C’est ainsi, que passé une mise en bouche nécessaire mais un peu compliquée, on est vraiment surpris par la teneur et la qualité de la façon dont est traité ce pan d’histoire, révélateur de bien des maux et des travers des régimes politiques, dans lesquels la Presse est loin d’avoir toute latitude en tant que liberté d’expression ! Pressions, pouvoir, collusions, relations, conflits d’intérêt, sont de bien trop gros grains de sable pour que les rouages de cette « machine à informer objectivement » ait un fonctionnement parfaitement huilé, même si sa grande mission est pourtant de servir les gouvernés avant les gouvernants ! À découvrir sans hésitation…

Note : 9,5/10

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Test DVD :

Vidéo : Le film a été tourné avec un soupçon de grain visible qui préserve la sensation filmique et améliore le look nostalgique. La palette de couleurs en sourdine est appropriée pour un drame graveleux en milieu de travail, mais lorsque des éclaboussures de couleurs primaires ou pastels apparaissent, elles sont vives et accrocheuses. (Les costumes de hippie occupés pendant une scène de protestation sont un exemple particulièrement bon.) Les noirs sont richement riches (tellement, un peu de béguin s’insinue parfois dans le cadre), les blancs sont brillants, et les tons chair restent naturels et stables partout. La clarté est superbe. Les tissus tissés de costumes et de pulls, les fibres sur un brin de corde, les reflets sur le granit, les costumes et les décors sont tous brillamment définis. La photo est si claire, vous pouvez pratiquement lire les petits caractères sur les colonnes des journaux. Les gros plans pointus soulignent les pores du visage, les rides et les imperfections avec aplomb, et pas un seul point ne marque la matière première immaculée. Tout est dans les détails dans les films d’époque, et cet effort  haut de gamme nous permet d’en profiter un maximum.

Audio : La piste en Dolby  est étonnamment immersive accentue l’impact du film. Depuis les premières scènes de la guerre du Vietnam, avec des tirs incessants de mitrailleuses jusqu’aux tapotements incessants des touches de la machine à écrire dans la salle de rédaction, des sons finement rendus donnent un sens critique de l’atmosphère et gardent les sens en éveil. L’activité Surround est remarquable, notamment lors d’une séquence de pluie et dans les salles de rédaction et d’impression. Des éléments isolés tels que les flashs et les portes qui claquent s’intègrent parfaitement dans le tissu de la piste, tandis qu’une séparation stéréo distincte élargit le paysage sonore. . Les fréquences basses puissantes fournissent le poids nécessaire et une échelle dynamique large manipule tous les hauts et les bas sans un soupçon de déformation. Tout le dialogue est clair et facile à comprendre, et la partition majestueuse de John Williams remplit la pièce avec aisance, grâce à une fidélité et une profondeur tonale exceptionnelles. Les films qui se déroulent dans les bureaux, les salles de réunion, les restaurants et les manoirs ne comprennent généralement pas de bandes sonores intéressantes, mais The Post est une exception notable, et cette piste de haute qualité maximise tous les éléments.

Bonus : « Ligne éditoriale » : recréer une époque : Ce Bonus couvre le large spectre des artistes qui peuplent le film, des stars majeures comme Streep et Hanks, Spielberg nous apprend que tous ses premiers choix ont facilement accepté d’apparaître dans le film, et Spielberg et Hanks louent généreusement le travail de Streep. Streep elle-même parle de sa préparation à son rôle, des défis qu’elle a affrontés et de la façon dont elle espérait avant tout capturer la «grâce personnelle» de Kay Graham. La collaboration à long terme de Spielberg-Hanks est également abordée.
« Arrêtez les presses » : le tournage du film : Ce mini documentaire examine le planning de production précipité (qui n’incluait pas de temps de répétition pour les acteurs, au grand désarroi de Streep), la genèse de l’implication de Spielberg dans le projet, la cinématographie et l’éclairage du film, la direction de «jouer à l’oreille» de Spielberg, et les thèmes de l’égalité des genres et de la liberté de la presse que le film aborde si adroitement. La scénariste Liz Hannah révèle son « obsession » avec Katharine Graham, Streep loue le style et la direction de Spielberg, la séquence de la guerre du Vietnam est disséquée, et nous apprenons plus de femmes ont travaillé sur le film   que les hommes. Spielberg note que tout s’est bien mis en place pendant la production, ce qui l’amène à croire The Post  était « censé arriver ».
« Arts & divertissements » : la musique du film : Le légendaire John Williams, avec une aide de Spielberg, parle de comment rendre la musique « constructive », comment elle peut améliorer la performance, et sa décision de employer des thèmes orchestraux et électroniques pendant le film. La collaboration de longue date entre Spielberg et Williams est également abordée dans ce bref bonus.

 

  • Acteurs : Meryl Streep, Tom Hanks, David Cross, Jesse Plemons, Sarah Paulson
  • Réalisateurs : Steven Spielberg
  • Format : Couleur, Plein écran, Cinémascope, PAL
  • Audio : Russe (Dolby Digital 5.1), Allemand (Dolby Digital 5.1), Anglais (Dolby Digital 5.1), Français (Dolby Digital 5.1)
  • Sous-titres : Russe, Allemand, Français
  • Sous-titres pour sourds et malentendants : Anglais
  • Région : Région 2
  • Rapport de forme : 1.85:1
  • Nombre de disques : 1
  • Studio : Universal Pictures France
  • Date de sortie du DVD : 29 mai 2018

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