Test DVD : American Nightmare 4 : Les Origines (The First Purge) (14 novembre 2018) de Gerard McMurray avec Y’lan Noel, Lex Scott Davis

Pour faire passer le taux de criminalité en-dessous de 1% le reste de l’année, les « Nouveaux Pères Fondateurs » testent une théorie sociale qui permettrait d’évacuer la violence durant une nuit dans une ville isolée. Mais lorsque l’agressivité des tyrans rencontre la rage de communautés marginalisées, le phénomène va s’étendre au-delà des frontières de la ville test jusqu’à atteindre la nation entière.

Chronique : The First Purge ou American Nightmare 4: Les Origines en VF est vraiment l’aboutissement de la saga. Ici, tout est politique. La forme ne sert que le fond, qui est le propos du scénariste et créateur de cette histoire, James de Monaco. Tout est plus radical, plus clair, plus premier degré au sujet de la société américaine. Politique vient du grec Polis, à savoir la vie de la cité, et c’est bien ce dont il s’agit avec cette première purge qui ne se déroule que dans un seul quartier de New York. Il s’agit de Staten Island, qui est une île comme son nom l’indique et qui est totalement dans les dimensions d’une cité antique. Mais point d’antiquité ici, ce quartier a un taux de pauvreté alarmant et est surtout habité par des afro américains et des latinos. Un peu une cité de métèques pour conserver la métaphore antique. Enfin, métèque pour le gouvernement des nouveaux Pères fondateurs qui voit ces personnes comme autant de fardeaux et non comme des citoyens à part entière. Ainsi, au bout du quatrième opus, on n’a plus la naïveté de penser que la purge annuelle où tous les crimes sont autorisés est une catharsis. Non, il devient de plus en plus clair qu’il s’agit juste ici d’un moyen pour les puissant de réaliser une sorte d’eugénisme social, de faire une ablation des éléments qu’ils estiment inutiles, à savoir, de tuer les pauvres. Mais plus que cette démarche assumée dans le fond par l’auteur, l’intérêt est d’aller au bout de cette ignominie. En effet, pour cette première purge, on parle d’expérimentation scientifique. On se cache derrière la recherche afin de poursuivre des objectifs politiques inavouables. La façade est propre, on mène des entretiens, on sonde les candidats au massacre, on les rémunère, on les observe. De là découle une innovation, pour que rien n’échappe aux scientifiques (et au gouvernement), chacun des participants qui souhaite être actif, et non pas seulement rester dans le quartier pendant la purge, doit porter des lentilles afin de filmer toutes ses actions. Cela donne un effet visuel assez effrayant avec ces personnages déshumanisés à l’allure de zombies dans la nuit avec des yeux très colorés et lumineux. Choc visuel garanti dans la composition de nombreux plans. Mais la science n’a pas toujours le résultat escompté. Comme pour les thèses racistes qui ne résistent pas aux arguments scientifiques, la science ne démontre pas une volonté chez l’Homme de s’entretuer, hormis quelques rares exceptions de psychopathes ou de gangsters qui souhaitent régler leurs comptes. En effet, là ou un seul Jack l’éventreur fera un nombre de victimes qui se compte sur les doigts d’une main, combien une idéologie morbide parvient-elle à supprimer d’individus ? Des millions… Ce film dénonce une certaine idéologie, un certain culte de la violence qui existe bel et bien dans les Etats-Unis. Il dénonce aussi les fausses solutions apportées par les populistes pour régler les vrais problèmes. Il dénonce également le mensonge. Quelqu’un risque encore une fois de se reconnaitre. Là où les précédent opus le faisaient en sous texte, ici, tout est au premier plan, premier degré, assumé. Mais dans ce tableau sinistre dressé de la société américaine, il y a aussi des choses positives, des motifs d’espoirs. D’une part, cette autorisation du crime n’amène dans un premier temps que des comportements à peine déviants, dans une certaine naïveté face au danger. Fêtes en plein air, quelques menus pillages. D’autre part, la résistance face à cette injustice, bien avant qu’elle ne survienne, mais surtout en réaction à celle-ci, pendant l’action. Et une fois de plus, la présentation des personnages ordinaires dans leur contexte habituel ne les rend que plus attachants une fois qu’on les balance dans cette nuit de folie. Ainsi le caïd du quartier qui se mue en héros face à l’injustice, les gentils anciens qui détiennent la sagesse, la fille rebelle. Tout ce beau monde fait face à ces mercenaires un peu fascisants, surtout au niveau des costumes, face à ces drones qui ne sont pas là que pour espionner. Et ces gens ordinaires triomphent de tout, en attendant la prochaine purge. Excellent casting pour l’ensemble des personnages avec notamment un Y’Lan Noel très charismatique (et musclé). Enfin, la mise en scène ne se prive pas de petits plaisirs, notamment au niveau pictural de la violence, du sang, la photographie est oppressante, même lorsqu’il ne s’agit que de plaisanteries. Cette saga s’améliore d’opus en opus, ça tombe bien, une série télé arrive ! Le temps de la home invasion simplette est bel et bien révolu.

Note : 9/10

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Vidéo : Les nouveaux pères fondateurs honorent les citoyens avec un merveilleux encodage MPEG-4 1080p / AVC proche de la référence. Venant directement d’une source numérique HD, la vidéo est merveilleusement nette du début à la fin. Les coutures fines des vêtements et du tissu des meubles sont détaillées, le lettrage sur les affiches, les publicités et les fenêtres est lisible à distance, et les briques individuelles des bâtiments et les fissures sur les murs sont pratiquement comptées. Les visages de la distribution sont très révélateurs et réalistes, dévoilant toutes les rides, pores et imperfections négligeables, en particulier lors des gros plans. La photographie stylisée d’Anastas Michos affiche un contraste délibérément atténué, mais la vidéo reste néanmoins vivante et dynamique à la lumière du jour tandis que les rues la nuit sont couvertes de beaucoup de blancs éclatants et éclatants. Heureusement, les primaires sont somptueuses avec plusieurs scènes baignant dans un blues énergique, des rouges vifs et des verts vifs – quelque chose qui rappelle le Giallo italien. Pendant ce temps, les teintes secondaires sont richement saturées avec beaucoup d’oranges jaunes et ambrées chaudes, et le teint du visage semble en bonne santé avec des tons de chair précis et réalistes. Le seul problème avec une présentation par ailleurs spectaculaire est le niveau de luminosité, qui dépend de l’aspect et de la sensation du film. Ne vous méprenez pas, les Noirs sont, pour la plupart, propres et cohérents, mais ils pourraient aussi être un peu plus forts. Dans l’ensemble, les ombres sont plutôt ternes et du côté obscur, ce qui donne l’impression que l’image 2.40: 1 est plutôt plate et assez terne. Heureusement, la visibilité dans les coins les plus sombres est excellente et les informations de base restent distinctes.

Audio : La violence se propage dans les rues du disque  grâce à une bande son exceptionnelle qui génère une présentation plus nuancée et subtile plutôt qu’un paysage sonore agressif et accablant. Bien que cela ne semble pas être le cas pendant le visionnage du film, les canaux de plafond sont utilisés en permanence avec diverses ambiances sobres et les sons résonnants du quartier urbain. L’agitation de la ville, le gazouillis occasionnel des oiseaux, le bruissement des feuilles au loin ou le son des coups de feu se déplacent sans effort sur les frais généraux pour générer habilement une expérience auditive hémisphérique, implacable mais sans prétention. Les enceintes sont également actives avec une directionnalité exceptionnelle et un mouvement sans faille des fronts vers les côtés et vers l’arrière, maintenant un champ sonore immersif.

Ce n’est pas surprenant, car une grande partie de l’action se déroule sur les trois canaux avant, affichant une séparation et un équilibre excellents dans l’espace hors écran, offrant ainsi une scène sonore attrayante et spacieuse. Avec le score de Kevin Lax, une partie de l’activité en arrière-plan saigne légèrement vers le haut pour créer un effet de demi-dôme étonnamment captivant, en particulier au cours de la seconde moitié de la saison. Les médiums extrêmement étendus affichent une clarté et des détails remarquables dans les segments les plus forts, permettant ainsi à tous les coups de feu, aux débris d’explosions et aux bruits de métal d’être projetés dans toute la pièce et d’être parfaitement entendus. Au milieu du chaos, la voix reste distincte et bien hiérarchisée, et un bas de gamme copieux et agréablement réactif emballe un poids et un poids appréciés pour chaque coup de poing, collision, coup de feu ou explosion.

Bonus :

  • Une expérience radicale (HD, 5 min): des interviews de l’équipe de casting et de l’équipe discutent des thèmes de l’intrigue et de la manière dont ils reflètent le climat sociopolitique actuel et les angoisses culturelles.
  • Bringing the Chaos (HD, 1 min): bref aperçu du précédent qui élargit l’univers de la franchise en augmentant soi-disant le jeu.
  • Les masques (HD, 1 min): Exactement comme le titre le suggère, les fans peuvent en apprendre davantage sur les costumes et les masques utilisés tout au long du film.
  • Scène supprimée (HD, 2 min): une scène excisée enregistrée du sol de la salle de montage.

 

 

  • Acteurs : Y’lan Noel, Lex Scott Davis, Joivan Wade, Marisa Tomei, Luna Lauren Velez
  • Réalisateurs : Gerard McMurray
  • Format : PAL
  • Audio : Italien (Dolby Digital 5.1), Allemand (Dolby Digital 5.1), Anglais (Dolby Digital 5.1), Français (Dolby Digital 5.1), Espagnol (Dolby Digital 5.1)
  • Sous-titres : Danois, Portugais, Espagnol, Islandais, Allemand, Arabe, Italien, Turc, Suédois, Finnois, Norvégien, Hindi, Français, Néerlandais
  • Sous-titres pour sourds et malentendants : Anglais
  • Région : Région 2
  • Rapport de forme : 2.39:1
  • Nombre de disques : 1
  • Studio : Universal Pictures France
  • Date de sortie du DVD : 14 novembre 2018
  • Durée : 93 minutes

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Une réflexion sur “Test DVD : American Nightmare 4 : Les Origines (The First Purge) (14 novembre 2018) de Gerard McMurray avec Y’lan Noel, Lex Scott Davis

  1. Merci pour cette critique très complète. J’avais bien aimé le premier mais depuis j’hésite à poursuivre de peur du redondant et du format direct to dvd. Visiblement l’ensemble de la saga vaut le coup… ou des épisodes de préférence?

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