Nous sommes Bob, T3 : Tous ces mondes (13 mars 2019) de Dennis E. Taylor

Le quotidien d’un vaisseau interstellaire intelligent devrait vraiment être plus fun. Pourtant, depuis qu’ils se sont éparpillés dans l’espace, Bob et ses clones ont toujours des ennuis.

Certes, ils ont établi assez de colonies extrasolaires pour empêcher l’extinction de l’humanité. Mais les querelles politiques ont la vie dure, et des sondes brésiliennes essaient encore d’éliminer toute concurrence. Sans parler du conflit avec une espèce extraterrestre technologiquement plus avancée, dotée d’un grand appétit et d’un caractère explosif.

Désormais les Bob doivent se préparer à une bataille décisive pour défendre les leurs. Ils vont avoir besoin de toute l’aide possible… or deux Bobs de la huitième génération ont fait une trouvaille dans l’espace profond. Une découverte qui pourrait sauver la Terre et peut-être l’humanité tout entière…

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Chronique : Et nous revoilà avec le troisième et dernier volume de la trilogie geek de Dennis E. Taylor. L’auteur parvient-il à conclure dignement sa saga spatiale ? C’est ce que nous allons voir.

Ce troisième volume se veut plus terre à terre que les précédents. L’exploration spatiale laisse place aux multiples colonisations par les humains des planètes découvertes par les Bob. Les intrigues se font plus humaines, plus sentimentales aussi, et cela n’est pas pour me déplaire. J’ai toujours trouvé que l’auteur s’en sortait mieux dans les interactions de Bob avec les humains que dans les scènes se déroulant dans l’espace. N’allez pas croire pour autant que l’on s’ennuie à la lecture de cet ultime tome. On a droit à une rébellion sur une planète aquatique, l’évacuation des derniers terriens et les premières guerres claniques. Les réunions de Bob et sa multitude de clone, les fameux grands raouts, sont toujours un délice de lecture. L’auteur conclue ici les intrigues débutés dans le premier volume tout en développant la mentalité des Bob, I. A. immortels destiné à survivre à cette humanité qu’il a sauvée de l’extinction.

Le côté space-opéra de la saga refait surface de manière plus sporadique, à l’occasion d’une bataille contre un ennemi de la première heure mais surtout face aux grand ennemis que sont les Autres, cette race insectoide qui moissonne les mondes pour piller les matières premières. Contrairement au précédent volume où je trouvais les batailles spatiales plutôt brouillonnes, celles décrites dans ce tome apparaissent beaucoup plus lisible et mettent toujours en avant l’ingéniosité des Bob.

En trois tomes l’auteur à livrer une saga qui est un hommage à la culture geek. Bob et son bataillon de clones, qui ont surmonté tous les obstacles avant tout avec leurs cerveaux, sont les équivalents de ces icônes pop immortelles, issues du cinéma ou de la bande dessinée, qui ont bercé, et continue à bercer, notre imaginaire.

Note : 8/10

 

  • Broché : 351 pages
  • Editeur : Bragelonne (13 mars 2019)
  • Collection : Bragelonne SF
  • Langue : Français
  • ISBN-13 : 979-1028106973

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Chambre 413 (2 octobre 2019) de Joseph Knox

Tournant le dos à sa vie d’avant, indifférent à son avenir, l’inspecteur Aidan Waits s’est résigné à intégrer la patrouille de nuit – cycle sans fin d’appels insignifiants et de solitudes insolubles. Jusqu’à ce que lui et son coéquipier, l’inspecteur principal Peter Sutcliffe, soient dépêchés au Palace, un immense hôtel désaffecté au cœur d’une ville en ébullition. Sur les lieux, dans la chambre 413, ils découvrent un homme. Il est mort. Et il sourit. On a retiré toutes les étiquettes de ses vêtements. On a limé et remplacé ses dents. Même ses empreintes digitales ne sont pas les siennes. Seule une pièce cousue à l’intérieur de son pantalon donne un indice sur son ultime acte désespéré…

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Chronique : Après plusieurs lectures décevantes (coucou la promesse de Tony Cavanaugh) ou maussade (coucou bloc 46 de Johanna Gustawsson), il était plus que temps pour moi de renouer avec un vrai bon polar. Joseph Knox avec son deuxième roman est arrivé à point nommé.

L’œuvre baigne tellement dans une atmosphère glauque et obscure que c’est à se demander si le soleil éclaire parfois cette sombre ville de Manchester. L’auteur a le style idéal pour retranscrire cette ambiance poisseuse d’un été meurtrier dans les nuits de Manchester. Soyez donc prêts à embarquer à la découverte d’un Manchester nocturnes des plus reluisants, entre hôtel abandonné, bar miteux et appartement crasseux.

En plus d’une atmosphère convaincante, le récit est porté par des personnages terriblement attachants chacun à leur manière. Le personnage d’Aidan coche toutes les cases d’un modèle rabattu: alcoolique, honni par les siens, qui flirte avec les deux côtés de la loi, mais investi d’une mission de justicier. Toutes les caractéristiques de l’anti-héros sont remplis. Cependant son passé trouble suffit à faire de lui un personnage complexe qui n’a sans doute pas encore révélé tous ses secrets.

Le coéquipier de ce cher Aidan, le fameux Peter Sutcliffe, est délicieusement odieux. Ses réparties caustiques et vulgaires, aussi déplacés soient-elles, allègent quelque peu un récit des plus sombres. Les trop rares interventions du superintendant Parrs sont du même ordre. Il fait plus figure de parrain mafieux que de chef de la police mais il n’en reste pas moins que ces dialogues sont un régal de cynisme. On a même droit à un ersatz de femme fatale avec le personnage d’Alicia Russel. Ce polar offre tout un spectre de personnages que l’on prend plaisir à suivre.

Terminons par l’intrigue en elle-même. Si j’étais un peu rebuté au début par les interludes sur le jeune garçon tout finit par s’expliquer et trouver sa place dans l’ensemble du récit.Les différents faisceaux de preuve s’imbriquent de façon naturelles et malgré les nombreuses pistes étudiés l’auteur parvient à garder une cohérence jusqu’au final où tous les nœuds de l’intrigue se dénouent alors que l’auteur gardent suffisamment de cartouches pour poursuivre les patrouilles nocturnes d’Aidan Waits.

Même si pour rien au monde je ne voudrais rejoindre ce pauvre Aidan dans ces patrouilles à la rencontre de ce que l’humanité a de pire à offrir il me tarde quand même de le retrouver dans sa prochaine enquête.

Note : 9/10

 

  • Broché : 384 pages
  • Editeur : Le Masque (2 octobre 2019)
  • Collection : Grands Formats
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2702448526

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Vivants de Isaac Marion

Résumé : R est un zombie. Il n’a pas de nom, pas de souvenirs, pas de pouls. Mais il rêve. Dans les ruines d’une ville dévastée, R rencontre Julie. Elle est vivante, palpitante. C’est un jaillissement de couleurs dans un camaïeu de gris. Et sans vraiment savoir pourquoi, R choisit de ne pas la tuer. C’est le début d’une étrange relation, à la fois tendre et dangereuse. Ce n’était jamais arrivé. R bafoue les règles des Vivants et des Morts. Il veut respirer de nouveau, il veut vivre, et Julie va l’aider. Mais leur monde ne se laissera pas transformer sans combattre. Une émouvante parabole sur notre époque et la nostalgie d’une vie pleine.

Chronique : Les zombies. Vous pensez avoir tout vu et tout lu sur cette mode littéraire et cinématographique ? Cet ouvrage paru en 2011 risque de vous faire changer d’avis.

Conter une histoire de monde post-apocalyptique envahi de mort-vivants teinté d’une romance originale est pour le moins un exercice délicat. Hors Isaac Marion s’en sort admirablement bien, les différents ingrédients de l’intrigue sont bien dosés.

Le style est fluide, traversé de fulgurance poétique, et parsemé de références à la culture pop, surtout aux Beatles en fait. En trois cents pages l’auteur parvient à créer un récit au cœur palpitant d’émotions.

Les personnages sont consistants, si vous me permettez l’expression, aussi bien les ceux qui ont encore une chaleur corporelle que ceux qui voient leurs chairs pourrir sur place. On a là une belle galerie de personnages, certes, une fois dépassé le concept de base, il n’y a pas vraiment d’originalité. Tous correspondent à un moule bien connu des amateurs de romance fantastique. On a donc deux héros, opposés à l’ordre établi dans chacun de leurs camps et les personnages secondaires sympathiques qui vont les épauler dans leur quête. Le schéma est connu mais reste bien traité.

La romance entre nos deux héros, qui pourrait peut-être en rebuter certains, est tissée avec finesse et une poésie discrète mais juste. La complicité entre R et Julie prend corps sous nos yeux et devient petit à petit le cœur vibrant du récit.

Derrière le ton léger du récit, la première partie est teintée d’un humour à froid très plaisant, l’auteur nous offre une critique sur le danger de l’homogénéité et ce que risque une société qui se focalise sur la survie en banissant la culture.

On pourra regretter une fin un peu précipitée et brouillonne mais qui garde intacte jusqu’à la fin le charme de cette fable de fin du monde.

À noter que le film a été adapté au cinéma en 2013 par Jonathan Levine, avec Nicolas Hoult (la série skins, mad max fury road) dans le rôle de R et Teresa Palmer (numéro quatre, tu ne tueras point) dans celui de Julie. L’adaptation est tout à fait correct, avec une fin plus orienté action, mais elle parvient à conserver tout le sel de cette romance hors-norme.

Éditeur Bragelonne
Date de publication 19 avril 2013
Langue Français
Longueur du livre 320
ISBN-10 2352946999

La daronne de Hannelore Cayre

Résumé :Patience Portefeux, 53 ans, deux filles, un chien, un fiancé flic et une vieille mère en EHPAD. Patience trime, Patience est traductrice de l’arabe pour le ministère de la Justice. Des milliers d’heures à transcrire des écoutes entre petits dealers et grands bandits. Puis Patience franchit la ligne jaune : elle détourne une montagne de cannabis issue d’un Go Fast. Sans culpabilité ni effroi. Simplement une petite entorse morale. Et encore.

Et Patience devient la Daronne.

Chronique : Aussi mince soit-il par son nombre de pages ce polar soulève des vagues d’émotions, ce n’est pas pour rien qu’il a remporté des prix littéraires récompensant les meilleurs polars l’année de sa parution.

Armé de sa plume caustique Hannelore Cayre brosse le portrait d’une mère de famille, la renversante Patience Portefeux, qui voit arrivée calmement la soixantaine sans que son avenir ne semble s’alléger. Sa mère est placé en EHPAD ce qui ronge la majeure partie de son budget, son travail l’amène à se frotter aux pires aspects de l’humanité. Plus le temps passe plus son regard sur la société se teinte d’un cynisme mordant.

Au travers de ses péripéties de dealeuse de shit en herbe, notre brave Patience porte un regard acide sur la société, la religion, l’hypocrisie de la justice et le traitement de la population âgée. C’est tout le côté absurde de notre société qui transparaît sous la plume acérée de Hannelore Cayre.

Les confidences de Patience sur son enfance, pour le moins particulière, montrent bien qu’il suffit de quelques pages pour créer un personnage. Nul besoin d’entasser les pages comme certains auteurs de pavés le font.

Et même si le récit est parfaitement maîtrisé du début jusqu’à la fin on en vient à désirer que l’histoire se prolonge sur une centaine de pages supplémentaires afin de passer plus de temps avec ces personnages haut en couleur.

Note 9 /10

Éditeur métaillé
Date de publication 8 mars 2018
Langue Français
Longueur du livre 172
ISBN-10 2757871099

Réveiller les lions de Ayelet Gundar-Goshen

Résumé : Le Dr Ethan Green est un homme bien. Il sauve des vies. Il aime sa femme. Il adore ses deux petits garçons. Le Dr Ethan Green a de la chance : il est né du bon côté. Cette nuit-là, pourtant, le neurochirurgien prend la fuite après avoir percuté un homme sur une route, dans le désert. Le lendemain, la femme de la victime se présente à la villa du médecin : elle a tout vu. Sirkitt, qui partage une caravane avec d’autres clandestins soudanais ou érythréens, découvre un monde de confort. Cependant, ce qu’elle exige d’Ethan en échange de son silence ne se quantifie pas en argent…

Chronique : S’il y a un mot qui doit résumer cet ouvrage c’est dense. Dense par sa narration, dense par son histoire, dense par les interrogations qu’il suscite.

Le style de l’auteure fait la part belle aux monologues intérieurs où les pensées se bousculent. Un choix narratif qui laisse peu de place à la respiration, le récit n’est pas des plus aéré en effet, on a parfois l’impression d’étouffer comme les personnages étouffent dans cette ville de poussière.

Mais il faut savoir voir au-delà de cette narration resserrée et capter les notes de suspens que distille l’auteure au milieu de son récit. Car l’œuvre est avant tout le récit d’une fuite en avant où les conséquences inéluctables se rapprochent tel le pare-buffle d’un 4×4 lancé à pleine vitesse.

Le récit se double d’une réflexion sur le couple et les mensonges dans lesquels un homme est capable de s’enfermer. Cette partie n’est guère original, on a déjà lu de tels récits auparavant. Surtout que le couple incarné par Ethan et Liath manque de complicité. Si leurs problèmes et leur vie de couple nous sont présenté de manière concrète, on ne ressent pas vraiment de danger pour ce gentil couple de la classe moyenne israélienne. C’est d’autant plus dommage que, pris individuellement, ses deux personnages sont très bien décrits. Deux vrais boules de névroses qui ne demandent qu’à exploser.

Le personnage de Sirkitt met en lumière un aspect d’Israël méconnu, la vie misérable et l’exploitation des immigrants africains. Invisibles la plupart du temps, il faut qu’Ethan en renverse un pour se rendre compte de leurs existences, ces immigrants sont en butte à toutes les injustices, surtout les femmes, la misère, la violence et le mépris sont leur lot quotidien.

Dans ce quotidien qui ne supporte aucune lueur d’espoir, Sirkitt a fait le choix de se faire aussi dure que le diamant afin de s’extirper de cette misère. Pour cela elle doit oublier toute empathie afin d’être la lionne qui pourra se tailler un chemin vers un avenir meilleur. Peu importe que son plan soit voué à l’échec pour Sirkitt il n’y a plus d’alternative possible. Son parcours est à mettre en parallèle avec celui d’Ethan, qui a fait des choix contraires afin de sauvegarder sa famille.

Deux personnages opposés mais au chemin de vie cabossé et qui se retrouvent associés malgré eux pour faire face à la tempête qui les menacent.

Un récit qui, par sa description sociale d’un pays noyé dans la corruption et le racisme, ne laissera pas indifférent.

Note : 8/10

Éditeur Presses de la Cité
Date de publication 7 septembre 2017
Langue français
Longueur du livre 416
ISBN-10 225813384X

Le cheptel de Céline Denjean

Résumé :Le corps d’une jeune femme est retrouvé en Lozère. Au regard des éléments qu’ils détiennent, les enquêteurs de la SR de Nîmes se forgent rapidement un avis : elle a fait l’objet d’une chasse à l’homme… Pour le capitaine Merlot, d’Interpol, les conclusions médico-légales placent cette victime dans une longue série. Les gendarmes nîmois vont alors apprendre à leur grande stupéfaction, qu’Interpol tente depuis vingt-cinq ans de démanteler un réseau de trafic d’êtres humains

Chronique : Maintenir un rythme enlevé sur plus de 600 pages n’est pas chose aisée, nombre d’auteurs s’y sont cassé la plume. Pourtant Céline Denjean y parvient à merveille, aidée en cela par une intrigue s’étalant sur des décennies et une profusion de personnages.

Le nombre important de personnages pourrait alourdir le récit déjà complexe mais le talent de conteuse de Denjean empêche le lecteur de s’y perdre. Rien de très original dans la caractérisation de ceux-ci mais leur description est suffisamment efficace pour nous emmener à les suivre dans leurs enquêtes. Chaque personnage principal se concentre sur un aspect de la vaste enquête ce qui permet de reconstituer le puzzle pièces après pièces.

En adaptant sa narration à chaque personnage, L’auteure permet de situer immédiatement où en est dans le récit, une technique simple mais efficace qui permet de ne jamais se sentir perdu dans l’enquête.

À titre personnel je dois reconnaître que j’ai été déçu par la fin que j’ai trouvé cynique mais cela dépend de l’interprétation de chacun.

Note : 8/10

Éditeur Marabout
Date de publication 17 janvier 2018
Langue Français
Longueur du livre 656
ISBN-10 2501122550

Block 46 de Johanna Gustawsson

Résumé : Falkenberg, Suède. Le commissaire Bergström découvre le cadavre terriblement mutilé d’une femme. Londres. Profileuse de renom, la ténébreuse Emily Roy enquête sur une série de meurtres d’enfants dont les corps présentent les mêmes blessures que la victime suédoise : trachée sectionnée, yeux énucléés et un mystérieux Y gravé sur le bras. Étrange serial killer, qui change de lieu de chasse et de type de proie… En Suède, Emily retrouve une vieille connaissance : Alexis Castells, une écrivaine pleine de charme spécialisée dans les tueurs en série. Ensemble, ces deux personnalités discordantes se lancent dans une traque qui va les conduire jusqu’aux atrocités du camp de Buchenwald, en 1944. Johana Gustawsson vit à Londres, avec son fils et son mari.

Chronique : Contrairement à ma lecture précédente, dont vous pouvez retrouver la chronique plus bas, celle-ci a mal commencé. Les personnages sont inconsistants et malgré le fait que l’enquête se déroule sur deux pays différents à aucun moment on a l’impression d’être à Londres ou en Suède. Je vais éviter de m’étendre sur les chapitres où le narrateur semble aussi être l’assassin vous savez dorénavant ce que j’en pense.

J’entamais donc ma lecture avec difficulté. L’enquête piétine pendant les deux cents premières pages et seuls les chapitres se focalisant sur les camps de la mort revitalisent le récit par l’horreur mortifère qu’ils amènent.

J’étais tellement lassé de la construction du récit que je ne m’attendais plus à rien de la part de l’œuvre. Aussi lorsque tombe la révélation finale j’avoue avoir été surpris, L’auteure est parvenue à me prendre à mon propre piège de lecteur désabusé. Mais d’autres ne s’y laisseront peut-être pas conter.

Cependant malgré ce retournement de situation bienvenue, le style générique de l’auteure ne m’accroche pas suffisamment pour que j’ai envie de découvrir le reste de ses ouvrages.

Note :6/10

Éditeur Bragelonne
Date de publication 21 octobre 2016
Langue Français
Longueur du livre 480
ISBN-10 2811218297

La promesse de Tony Cavanaugh

Résumé : Ex-flic des homicides à Melbourne, Darian Richards a laissé derrière lui un cortège de vies anéanties, de familles en deuil, de réponses impossibles à donner. Épuisé par cette litanie de souffrances, il a pris une retraite solitaire dans le Queensland, loin des villes et de leurs turpitudes. Mais les démons sont partout. Et dans la région, depuis quelques mois, des adolescentes disparaissent sans laisser de traces. La police locale parle de fugues. C’est en général ce qu’on dit quand on ne retrouve pas les corps, Darian le sait, mais il ne veut plus s’en mêler.
Ce n’est plus son histoire. Et pourtant… malgré la promesse qu’il s’est faite de se tenir éloigné des tragédies, l’idée de laisser toutes ces familles sans réponses le hante. Aussi décide-t-il de prendre les choses en main. Mais à sa façon cette fois, sans s’encombrer du protocole. Il est loin d’imaginer ce qui l’attend.

Chronique : Encore un polar qui démarre de manière excellente. On a un personnage d’enqueteur misanthrope plutôt bien trempé et l’équipe qui l’entoure est attachante. La région du Queensland est très bien retranscrite. Malgré l’omniprésence du soleil, les paysages baignent dans une sorte de pénombre sordide. L’office du tourisme australien ne risque pas d’embaucher l’auteur pour rameuter les touristes. Les premières pages se dévorent aisément alors que se met en place l’intrigue. Malheureusement l’auteur va très vite saborder son récit.

Si vous suivez mes chroniques sur le blog vous savez qu’il y a un mécanisme d’écriture que je réprouve, ce sont les chapitres consacrés à l’assassin. Sous prétexte de rentrer dans la tête du tueur, tentative le plus souvent vouée à l’échec, les auteurs de polars multiplient les passages narratifs sur l’assassin. Dans ce polar les chapitres remplissage sur le tueur prennent de plus en plus de place au fur et à mesure que l’on avance dans l’intrigue. Ils sont là uniquement pour cacher la pauvreté d’une intrigue qui, passer les deux cents premières pages, n’a plus rien à offrir. Et si vous attendez une fine analyse psychologique d’un serial-killer vous pourrez repasser. Le psychopathe décrit dans ces pages est un être pathétique et mesquin, tout dans sa caractérisation tend à le rendre détestable. Ce qui n’apporte rien, ni à l’intrigue ni à la psychologie des sérail-killers en général.

Un polar à éviter, si vous voulez voyager dans la région du Queensland je vous conseille la lecture du livre du diable dans la peau de Paul Howarth dont la chronique est sur le site.

Note :5/10

Éditeur Sonatine
Date de publication 12 avril 2018
Langue Français
Longueur du livre 432
ISBN-10 2355846596

Emergency 911 de Ryan David Jahn

Résumé : A Bulls Mouth, Texas, quand on fait le 911, on tombe directement sur le Bureau du shérif. Collé derrière le central, son adjoint Ian passe ses journées à jouer aux cartes sur l’écran de son ordinateur tout en répondant aux rares appels d’urgence. Il faut dire qu’il n’a plus du flic que l’uniforme. Il y a sept ans, sa fille Maggie a été kidnappée, et l’enquête n’a jamais rien donné. Depuis, Ian s’est mis à boire, sa femme l’a quitté et le shérif lui a retiré son arme de service. Ce jour-là, il lui reste une heure à tirer quand il reçoit un coup de fil un peu spécial. « Je vous en prie, aidez-moi ! » La voix a changé, mais c’est bien sa petite fille qui l’appelle au secours avant que la communication ne s’interrompe brutalement. Ian n’a que très peu d’informations, mais il ne laissera pas Maggie disparaître une seconde fois. Alors il prend son sig Sauer, grimpe dans sa Mustang 1965 et part à sa recherche. Du Texas à la Californie, il enfile l’Interstate 10 à tombeau ouvert sur la trace du monstre qui lui a volé sa vie.

Chronique : Soyez prévenu, ce thriller est un bolide lancé sur une autoroute sanglante que rien ne peut arrêter.

Ryan David Jahn signe ici son second roman. Et il a décidé de nous emmener sur des montagnes russes dès le début du récit. L’ambiance s’installe rapidement, le nombre de personnages réduits permet un démarrage de l’action quasi immédiat. On est dans une situation d’urgence et l’auteur parvient parfaitement à traduire ce sentiment. L’action redescend un peu le temps pour l’auteur d’installer les éléments du drame à venir. Enfin les montagnes russes repartent vers les hauteurs pour ne plus jamais les quitter.

L’auteur place en miroir un homme obligé de devenir prédateur et un autre qui en est un de naissance. Un homme prêt à tout pour récupérer sa famille et l’autre prêt à tout pour la garder. Le tout sur fond de course poursuite et un final apocalyptique qui rappelle les meilleurs westerns.

Inutile d’en rajouter sur ce roman, un véritable shoot d’adrénaline qui ne laissera personne indifférent.

Note: 8/10

Éditeur Actes Sud Editions
Date de publication 7 mai 2014
Langue Français
Longueur du livre 402
ISBN-10 2330028687

Les 13 commandements / série Netflix

Synopsis :En pleine tempête médiatique, deux enquêteurs belges traquent un tueur en série décidé à devenir célèbre en s’inspirant des Dix Commandements.

Chronique : En me renseignant sur cette série policière néerlandaise, j’ai été surpris de lire autant de critiques négatives sur son compte. Certes elle n’apporte rien d’original, que ce soit au niveau du scénario que des personnages, l’intrigue s’essouffle quelque peu sur la fin mais le tout reste de bonne facture.

J’ai apprécié l’idée d’un serial killer qui ne tue pas mais marque ses victimes à vie physiquement et psychologiquement. L’ambiance glauque colle parfaitement au récit. La série baigne dans des couleurs grisâtre, verdâtre ou bleu-gris créant ainsi une atmosphère dépressive. Il faut dire que le plat pays, et notamment la ville d’Aalst, est le lieu idéal pour mettre en place une intrigue aussi noire. On suit au plus près l’enquête de la police qui va les mener dans les tréfonds de la nature humaine. Dans ce que celle-ci peut offrir de plus sombre et de plus mesquin.

En ce qui concerne les personnages les scénaristes ont opté pour du grand classique. On a donc le flic en pré-retraite, fatigué, désabusé et à la vie de famille chaotique et la jeune flic brisée mais tenace au caractère bien trempé. Les critiques d’internautes que j’ai pu lire reproche à certains acteurs leur jeu perfectible mais, à part certains dialogues un peu maladroits, j’ai trouvé que le casting s’en sortait plutôt bien.

La série pêche sur son rythme, pas vraiment aidée par son format de 13 épisodes de 45 minutes en moyenne. Le rythme s’essouffle dangereusement vers la moitié de la saison alors qu’intervient une révélation qui dessert le récit plus qu’autre chose. Les deux derniers épisodes enchaînent les invraisemblances et la saison s’achève dans un final en demi-teinte.

À défaut de révolutionner le genre les 13 commandements propose une intrigue solide handicapé par un rythme bancal. À voir si une saison deux saura confirmer la série ou non.

Note : 7/10

Depuis 2018 / 46min / Drame, Policier
Titre original : 13 Geboden
De Ed Vanderweyden
Avec Dirk van Dijck, Marie Vinck, Karlijn Sileghem
Nationalité Belgique