Les Murmures du lac de Karine LEBERT | 12 Mars 2020

En Vendée. Jusqu’où Isaure est-elle prête à aller pour endosser la vie presque rêvée et l’identité de sa jumelle décédée, celle à qui tout a réussi jusqu’alors ?
Cette sœur qu’elle a tant jalousée depuis l’enfance ?
Un suspense entre passé et présent autour de jumelles que tout sépare

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Chronique : Ce livre parle d’une revanche. La revanche d’une femme meurtrie qui décide sur un coup de tête de se réapproprier sa vie.

Isaure, le personnage principal, est l’atout majeur du récit. Quiconque a eu une enfance solitaire où s’est senti rejeté ne pourra que s’identifier à cette femme revenue sur son île natale pour régler ses comptes avec son passé et sa famille. Mais le destin lui réserve un tout autre débouché.

Passé le postulat de départ l’auteure développe un style cotonneux qui va envelopper le lecteur dans une douce litanie engoudissante. Comprenez par là qu’il ne se passe pas grand chose mais la narration est suffisamment fluide pour nous pousser à continuer la lecture. Les flash-back, agissants comme des interludes dans le récit, renforcent l’empathie envers Isaure tandis que le récit au présent poursuit son bonhomme de chemin sans qu’Isaure ne rencontre réellement de difficultés dans son projet un peu fou.

Le récit vaut aussi pour ses décors naturels. L’auteure possède un style visuel qui donne vie sous nos yeux de lecteur successivement à l’île d’Yeu, Noirmoutier et le marais poitevin.

J’aurais aimé que l’auteur permette à Isaure d’échanger avec ses proches, de lui laisser vider son cœur et son amertume mais le propos du livre est ailleurs.

Le livre, une fois refermé, laisse une impression de lecture sympathique mais qui n’a pas révélé tout son potentiel.

Note : 8,5/10

  • Broché : 360 pages
  • Editeur : Presses de la Cité (12 mars 2020)
  • Collection : Terres de France
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2258147190

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Mauvaise conscience de Fabio Benoit | 6 février 2020

Un dénouement à la déflagration surprenante et des situations à la fois réalistes et comiques font de ce nouveau roman une suite attendue et réussie de Mauvaise personne (réédité et primé en 2018), bien que pouvant parfaitement se lire de manière indépendante.

Chronique : Pour tout vous avouer j’avais un peu peur avant d’entamer la lecture de ce polar. En effet la quatrième de couverture promet une intrigue chorale, à mi-chemin entre terrorisme et comptabilité véreuse et dépassant les frontières de la Suisse.

Très vite j’ai compris que malgré la polyphonie narrative je parviendrai à suivre l’intrigue, même s’il faut parfois attendre cinquante pages avant de retrouver un personnage introduit précédemment, l’auteur parvient à conserver une unité de ton salvatrice pour le lecteur étant donné la complexité de l’intrigue et le fait qu’il s’agisse de la suite de « mauvaise personne » sortie en . Pour cela il use de chapitres courts assurants un rythme effréné au récit et d’un humour à froid qui maintient l’attention du lecteur en plus de rendre cocasses certains passages.

Cette unité qui cimente tout le récit est autant une force qu’une faiblesse. L’auteur entretient un style proche d’un rapport judiciaire lui conférant un détachement et une certaine désincarnation malheureusement. Les personnages sont travaillés mais un peu transparents, ils manquent de consistance et ce n’est pas faute d’essayer d’accorder du relief à chacun d’entre eux. Mais mise à part le tueur à gages Nono, qui mériterait une aventure à lui tout seul, aucun personnage ne tire son épingle du jeu. Ce qui est vraiment regrettable puisque l’auteur offre par ailleurs une intrigue solide, des scènes d’action maîtrisées et une touche d’humour morbide délicieuse.

En définitive une lecture haletante mais qui aurait mérité des personnages plus approfondis.

Note: 7/10

  • Broché : 326 pages
  • Editeur : Favre (6 février 2020)
  • Collection : Thriller
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2828918092

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Le don de Skullars Newton de Jean-François Chabas / 15 janvier 2020

Skullars Newton, rastafari du quartier misérable de Tivoli Gardens, en Jamaïque, est né avec un don extraordinaire : il peut lire les corps, décrypter les rouages des organismes vivants d’un simple regard. Mais ce don est aussi sa malédiction, car certains n’apprécient pas de voir leur intimité et leurs faiblesses ainsi exposées. Et seraient prêt à tuer pour s’assurer de son silence.

Chronique: Voilà sans doute ma lecture la plus étrange depuis le début de l’année, pas déplaisante, loin de là mais étrange.La particularité de ce roman est d’être à la croisée de plusieurs genres très codifiés. Le roman policier, le récit fantastique et la littérature blanche. Il en résulte une oeuvre hybride inclassable mais passionnante.Le don de ce cher Skullars est original, bien décrit et apporte au récit un atout fantastique des plus appréciables. Cependant le personnage de Skullars est un peu désincarné et passif, surtout comparé aux deux autres personnages principaux. En avançant dans la lecture on se rend compte qu’il restera en retrait de l’histoire principale. Les chapitres qui lui sont consacrés sont introspectifs et contemplatifs, ce qui est quand même dommage pour le personnage qui donne son nom à l’ouvrage. Ses souvenirs de son enfance en Jamaïque sont bien amenés à chaque fois ainsi que ses nombreuses anecdotes liées à son pouvoir mais il est dommage de ne pas le voir faire autre chose que contempler les montagnes autrichiennes ou la bagatelle avec une autochtone.Avec les chapitres consacrés à son frère ennemi, le terrible Jay-Jay « Fyah » Hearts, on verse dans le thriller d’action sanglant au rythme effréné. Ce Caïd impitoyable mais intelligent et vicieux offre une déferlante de violence digne d’un scarface ou d’un Pablo Escobar. Par contre le lien qui l’unit à Skullars n’est pas suffisamment étayé pour installer une tension narrative entre les deux protagonistes. Les deux personnages vivent leurs trames séparément et la raison de la rancoeur de Fyah paraît assez ténue.Le personnage le plus intéressant reste celui de Sissi Hearts, la sœur de Jay-Jay et éperdument amoureuse de Skullars, qui parcourt le globe à sa recherche. Sissi est une femme qui a compris qu’elle vivait dans un monde d’homme, qu’elle ne pourrait rien n’y changer mais qui a décidé de s’adapter en retournant les règles du jeu contre ces mâles dominants qui pullulent son entourage. Elle suit ses propres règles tout en offrant un masque de conformisme qui lui permet de survivre dans la haute-société.Malgré le plaisir que l’on prend à dévorer les chapitres il faut reconnaître que le récit reste assez plat, il manque un pic de tension finale qui viendrait cristalliser la rage meurtrière de Fyah et les attentes romantiques de Sissi face à Skullars qui ne cherche qu’à fuir toute cette agitation. Pour tout dire jusqu’à la dernière page j’étais persuadé de lire le premier tome prometteur d’une saga mais il n’en est rien c’est bien un roman d’un seul tenant. Ce qui n’empêche pas d’espérer relire un jour les aventures de ce personnage si original en espérant qu’il soit mieux mis en scène.

Note : 8,5/10

  • Broché : 378 pages
  • Editeur : Calmann-Lévy (15 janvier 2020)
  • Collection : Littérature Française
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 270216546X
  • ISBN-13 : 978-2702165461

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Celle qui pleurait sous l’eau de Niko Tackian | 2 janvier 2020

Aujourd’hui, Clara n’est plus qu’un dossier sur le bureau de Tomar Khan. On vient de la retrouver morte, flottant dans le magnifique bassin Art Déco d’une piscine parisienne. Le suicide paraît évident.

Chronique  :Je me souviens d’avoir découvert, il y a un an ou deux, le style frontal de Niko Tackian à travers son premier ouvrage, Toxique, qui met en scène son personnage fétiche de Tomar Khan. J’ai conservé de ma lecture un souvenir agréable bien que j’aie regretté le manque de densité du récit malgré un personnage principal qui n’en manque pas, Tomar étant un personnage torturé ainsi qu’une armoire à glace. Aujourd’hui alors qu’il livre son nouveau polar l’auteur a-t-il progressé dans ce domaine ?Notons tout d’abord que le récit repose une fois de plus sur les larges épaules de ce brave Tomar. On prend plus de plaisir à suivre ses escapades pour tenter de laver son honneur que l’intrigue principale qui se révèle somme toute assez prévisible. Alors que l’enquête principale se poursuit gentiment et poliment, Tomar nous entraîne dans des lieux glauques où le danger guette le moindre faux-pas. Le récit n’est jamais aussi incarné que lors de ces passages. À côté l’enquête menée par sa collègue et Amante Rhonda fait pâle figure. Le thème sous-jacent est d’actualité mais son traitement n’apporte rien d’original. C’est la partie du récit qui aurait mérité plus de développement. On a l’impression que l’auteur ne fait que gratter la surface du sujet. Surtout que ce thème commence à être souvent mis en avant dans la littérature et qu’il est de plus en plus difficile de le traiter de manière intéressante. Niko Tackian a pour lui un style brutal, frontal. Ses polars sont inspirés par la rue, les personnages jurent, les poings se lancent facilement. Du vrai polar urbain qui malheureusement se marie mal à l’intrigue principale. Ce qui renforce mon impression que l’auteur gagnerait à concentrer ses récits sur le personnage de Tomar Khan afin de livrer une bonne fois pour toutes le polar musclé et viscéral que l’on attend de lui.

Note : 8/10

  • Broché : 250 pages
  • Editeur : Calmann-Lévy (2 janvier 2020)
  • Collection : Les enquêtes du commandant Tomar Khan (3)
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2702166245

The naked director saison un (Netflix)

Découvrez le parcours hors du commun de Toru Muranishi, que l’on surnomma le pape du porno, dans la première saison de cette série débridée.

Un tel pitch de départ pourrait en repousser plus d’un, pourtant la série mérite le coup d’œil à plus d’un titre. Tout d’abord son côté loufoque permet d’aborder le sujet principal de manière décontracté. L’aspect pornographique reste soft et moins vulgaire que ce à quoi on pourrait s’attendre. Les coulisses et les astuces de l’industrie sont dévoilés au fil des épisodes permettant de désacraliser un propos loin d’être aisé à traiter.

La série comporte également un aspect sociologique. Au fil des épisodes on voit la société japonaise changée, coincé entre une pudibonderie héritée des siècles passés où le rôle de la femme était plus effacé et l’arrivée de technologie qui désinhibe une population plus vite que ses dirigeants ne peuvent l’accepter.

Si le personnage principal est un homme et que le casting ne comporte qu’un seul rôle principal féminin, la série n’en est pas moins une ode féministe. Toru Muranishi a articulé toute son œuvre autour du plaisir féminin, il a ainsi pris le contre-pied de la production pornographique de l’époque où les actrices n’étaient que des réceptacles au plaisir masculin. En accordant à ses actrices une place centrale, le réalisateur participe à sa manière à la libération des femmes, du moins sur le plan de la sexualité.

Il est dommage que le ton léger et loufoque empêche la série de développer plus profondément ses personnages. Dès que le ton se fait plus sérieux, les créateurs évacuent la tension sans fioritures. Même si l’on peut comprendre qu’ils aient voulu conserver une unité de ton, il est regrettable que cela se fasse au détriment de la psychologie des personnages. Du fait de cette légèreté les personnages ont l’air de se sortir des épreuves trop facilement et sans conséquence. En témoigne le passage en prison de Muranishi.

Malgré ce léger défaut la série est un concentré d’énergie originale doublé d’un pari osé pour Netflix qui a du porter ses fruits puisque la série a apparemment été renouvelé pour une saison deux.

Note : 8/10

Depuis 2019 / 40min / Comédie, Drame, Biopic

Nationalité Japon

La mort du temple T. 1 secretum templi de Hervé Gagnon

Résumé : Paris, 1307.

Depuis que le transport du trésor a débuté, quelque chose a changé à la Villeneuve du Temple. Tous les frères qui y vivent savent ce que trame le roi Philippe et, à l’intérieur des murs, la tension, mêlée de défaitisme, d’un sentiment de trahison, de résignation et de rancoeur, est palpable. Bientôt, l’Ordre des Pauvres chevaliers du Christ et du Temple de Salomon cessera d’exister sous la forme qui a fait sa gloire depuis presque deux siècles. Il survivra sans doute, mais personne ne s’illusionne : les choses ne seront plus jamais pareilles. Qui plus est, nul n’est dupe : parmi les frères, les victimes seront nombreuses.

Hugues de Malemort n’est pas différent des autres. L’obéissance a régi sa vie au Temple et il se contente de servir Dieu et son Ordre de son mieux, sans poser de questions. Si les soldats du roi viennent l’arrêter, il déposera les armes et les suivra car telle sera la volonté divine. Mais comme les autres, il est habité par le pressentiment d’une apocalypse imminente qui ne le quitte plus.

Chronique : Le prétendu mystère des templiers ainsi que leurs derniers jours de règne sur le royaume français ont fait les beaux jours de la littérature ésotérique. Il semblerait que l’auteur ait encore des choses à dire sur le sujet.

La chute des templiers est devenu un épisode bien connu de l’histoire de France. Entre la saga des rois maudits de Maurice Druon, adapté en téléfilm, et les multiples œuvres tout support confondu qui y font référence, la déchéance de l’ordre religieux le plus puissant du moyen-âge est un sujet vu et revu. L’auteur parvient à y insufler une certaine originalité en adoptant le point de vue des sergents, chevalier de base qui composait la grande majorité de l’ordre. On découvre ainsi le quotidien de ces hommes, souvent issu du peuple, aux origines modestes, qui ont juré de servir le seigneur.

On navigue donc des messes en latins au dialogues entre chevaliers beaucoup plus familiers, voire vulgaire. Si je n’éprouve aucune affection pour les locutions latines, le côté grivois des compagnons d’Hugues de Malemort est parfois trop appuyé, rendant la lecture moins agréable.

L’intrigue se dévoile au fil de chapitres courts au style simple et efficace. Beaucoup de questions apparaissent dans ce premier volume et bien peu trouvent une réponse à la fin de l’ouvrage. Une fin un peu abrupte qui aurait mérité un traitement plus approfondi et un cliffhanger mieux amené.

Ce premier tome se voulant comme une mise en bouche sympathique on peut espérer que la suite soit un peu plus épique.

Note: 7/10

Éditeur Hugo Roman
Date de publication 5 mars 2020
Langue Français
Longueur du livre 387
ISBN-10 2755647248

Darktown de Thomas Mullen

Résumé : Atlanta, 1948. Sous le mandat présidentiel de Harry S. Truman, le département de police de la ville est contraint de recruter ses premiers officiers noirs. Parmi eux, les vétérans de guerre Lucius Boggs et Tommy Smith. Mais dans l’Amérique de Jim Crow, un flic noir n’a le droit ni d’arrêter un suspect, ni de conduire une voiture, ni de mettre les pieds dans les locaux de la vraie police. Quand le cadavre d’une femme métisse est retrouvé dans un dépotoir, Boggs et Smith décident de mener une enquête officieuse.
Alors que leur tête est mise à prix, il leur faudra dénouer un écheveau d’intrigues mêlant trafic d’alcool, prostitution, Ku Klux Klan et corruption.

Chronique : Ô toi, courageux lecteur, qui s’apprête à tourner les pages de ce polar attend toi à serrer les dents, à trembler de rage et à perdre tes dernières illusions sur l’humanité.

Ce premier tome de cette saga policière plante parfaitement le décor. La ville d’Atlanta suffoque mais difficile de dire si c’est à cause du soleil écrasant ou de la corruption rampante et du racisme assumé qui règnent dans les rangs de ses forces de police.

Ce roman entretient une part historique importante. Il permet de rappeler combien fût long et ardu le combat du peuple noir pour gagner leurs libertés dans une société qui les rejettent massivement. Le récit égraine donc des anecdotes tragiques sur le sort de citoyens de couleurs qui ont eu le malheur de croiser le chemin d’homme blancs gorgés de haine. La lecture en devient parfois difficile, non pas à cause du style de l’auteur, qui ne démérite pas, mais à cause de cette haine crasse qui cimente une grande partie de la société américaine à cette époque. Certains chapitres accordent leurs voix à des personnages qui n’hésitent pas à prononcer l’horrible mot en N à de multiples reprises. Le contexte historique et géographique justifie l’emploie d’un tel mot mais il n’empêche que j’ai eu parfois besoin de reposer le livre pour respirer un peu.

Pourtant que l’on ne s’y trompe pas ce roman est un excellent polar, l’intrigue est solide et rondement mené par un trio d’enquêteurs que rien n’arrête, ni les guet-apens de shérif sudistes, ni les anciens flics déchus. L’auteur possède un style journalistique qui permet de s’immerger dans une époque charnière mais oublié de l’histoire du peuple noir américain mais également du sud profond aussi difficile que ce soit à accepter pour certains.

L’auteur parvient également à nous attacher à ses personnages, notamment Boggs et Smith, aux caractères opposés mais complémentaires. Le personnage de l’inspecteur Rakestraw est plus classique mais il incarne une lueur d’espoir par rapport aux autres personnages masculins blancs qui sont de piètres représentants de l’espèce humaine. À noter que l’auteur fait de ce personnage le porte-parole d’un discours qui porte en lui les germes du communautarisme qui gangrène nos sociétés occidentales modernes. Les autres personnages du roman brosse un portrait peu élogieux de la société sudiste de l’époque et nous offre différents portraits d’hommes et de femmes qui composent, chacun à leurs manières, avec ce racisme ambiant qui imprègne la ville d’Atlanta à l’époque.

Le seul échec du livre ,selon moi, est le personnage de l’agent Dunlow. Vieux roublard alcoolique,engoncé dans sa haine. En voulant lui donner plus d’épaisseur par le biais d’une anecdote maladroite qui ne justifie en rien son comportement, l’auteur ne fait que le rendre encore plus misérable et méprisable.

Un roman important, tant il démontre que les luttes d’hier résonnent encore aujourd’hui dans le bruit des tirs qui fauchent encore des vies innocentes. Un roman qui rappelle que le chemin vers l’égalité est fait de sacrifices et d’injustices.

Note : 8/10

Éditeur EDITIONS PAYOT & RIVAGES
Date de publication 3 octobre 2018
Langue Français
Longueur du livre 432
ISBN-10 2743644958

Mage de bataille de Peter A. Flannery

Résumé :Falco Danté est un gringalet dans un monde en guerre peu à peu conquis par l’armée infernale des Possédés. Pire, Falco est méprisé, mis à l’écart, à cause de son père qui fut un immense mage de bataille avant de sombrer dans une folie meurtrière. Alors que la Reine tente de rassembler toutes les forces armées pour repousser les Possédés, Falco prend une décision qui va l’amener aux marges du désespoir : il va entrer à l’académie de la guerre, une école d’excellence pour les officiers. Là, il devra surmonter ses doutes, ceux de ses amis et même ceux de la Reine.

Chronique : Un souffle épique balaye cette saga de fantasy rédigée d’une main de maître par un auteur qui connaît son affaire.

Classique mais efficace, c’est par cette formule que l’on pourrait résumer le premier tome de cette saga de fantasy. En effet l’œuvre ne brille pas par son originalité. On y retrouve tous les ingrédients d’une bonne saga de fantasy. Un héros orphelin, malmené par ses pairs mais rempli de potentiel, des amis fidèles, un rival haineux et mesquin, une éminence grise qui complote dans son coin, des royaumes qui se méfient les uns les autres et un monde au bord de la destruction. Sans oublier les dragons, ne jamais oublier les dragons. L’auteur s’est nourri à la source de la fantasy et a parfaitement assimilé les éléments qui font une excellente saga fantastique.

L’ennui pourrait vite gagner le lecteur à la vue de cette formule bien trop connu pourtant la lecture reste jouissive. Le mérite en revient au style de l’auteur. Le récit est traversé par des moments intenses et épiques qui vont accélérer les battements de cœur des lecteurs. Aussi classique soient-ils les personnages sont attachants et bien écrits. Mention spéciale à Falco, le héros principal, dont les sentiments contradictoires sont parfaitement rendus, l’emphatie pour ce personnage est total.

En refermant la dernière page de ce premier volume on pourrait regretter le manque d’epique de cette fin ouverte et l’impression d’avoir lu une longue introduction est tenace mais d’un côté on pourrait se dire que l’auteur sait où il va, ce qui promet le meilleur pour la suite de sa saga.

Éditeur Albin Michel
Date de publication 26 septembre 2018
Langue Français
Longueur du livre 544
ISBN-10 2226435778

Carnaval de Ray Celestin

Résumé : Au cœur du Sud profond, La Nouvelle-Orléans, construite sur des marécages en dessous du niveau de la mer, a toujours été aux prises avec tornades, inondations et épidémies de toutes sortes. La nature du sol en fait une cité qui s’affaisse, où les morts ne peuvent être enterrés. Alligators, serpents, araignées hantent ses marais. Nombre de menaces ont toujours plané au-dessus de la ville. Et pourtant…

Lorsqu’en 1919 un tueur en série s’attaque à ses habitants en laissant sur les lieux de ses crimes des cartes de tarot, la panique gagne peu à peu. On évoque le vaudou. Les victimes étant siciliennes, les rivalités ethniques sont exacerbées. Un policier, Michael Talbot, un journaliste, John Riley, une jeune secrétaire de l’agence Pinkerton, Ida, et un ancien policier tout juste sorti de prison, Luca D’Andrea, vont tenter de résoudre l’affaire. Mais eux aussi ont leurs secrets… Alors qu’un ouragan s’approche de la ville, le tueur, toujours aussi insaisissable, continue à sévir. Le chaos est proche.

Chronique : Avec la lecture de ce roman je rattrape un retard de plusieurs années. Et vu le plaisir pris à la lecture, j’ai envie de dire qu’il était temps de partir à la découverte de la Nouvelle-Orléans de Ray Celestin.

Ray Celestin n’est pas un auteur c’est une agence de voyages. Sa plume est le vaisseau par lequel il nous fera voyager jusqu’à la Nouvelle-Orléans de 1919. La ville prend vie sous nos yeux, ses couleurs, ses odeurs, son atmosphère entre violence raciale et célébration sans fin. C’est un don précieux que possède l’auteur de pouvoir insuffler un tel aura d’imagination autour de son ouvrage. Avec ce premier roman Ray Celestin rejoint le groupe restreint des auteurs qui offre un billet d’avion à chacune de leurs parutions. À noter que la carte placée au début de l’ouvrage aide bien à se rendre compte de la diversité et de la richesse ethnique de la ville.

La puissance évocatrice de la ville la plus mystérieuse des U. S. A. a malheureusement tendance à effacer quelque peu les personnages. Ceux-ci sont bien écrits, bien décrits mais peut être un peu trop convenu pour apporter ce supplément de densité à l’ouvrage. On a donc la jeune métisse courageuse, le flic ripoux coincé par ses liens qui le relient à la mafia italienne et enfin l’enquêteur intègre mais vulnérable. On prend plaisir à les suivre dans leurs enquêtes respectives, aidé en cela par le rythme soutenu, mais aucun d’entre eux ne recèle cette petite chose en plus qui permettrait de les rendre mémorables.

L’intrigue est haletante mais semble avoir été compléxifier de manière artificielle bien que l’auteur parvienne à conserver une certaine clarté malgré le nombre conséquent de personnes impliquées dans l’histoire. Ceci dit ce carnaval sanglant est un divertissement honnête qui promet le meilleur pour la suite de la trilogie.

Note : 7/10

  • Date de publication : 13 mai 2015
  • Éditeur : Cherche Midi
  • Langue : Français

Comment cela finit de Saskia Sarginson

Résumé : 1957 : la famille Delaney débarque dans une base américaine du Suffolk. Le père, Todd, vient y travailler sur un projet militaire confidentiel, accompagné de sa femme Ruby et de leurs jumeaux Hedy et Christopher, âgés de douze ans. Mais au bout d’à peine un an, cette famille si parfaite a volé en éclats… L’un d’entre eux a-t-il découvert quelque chose qu’ils n’étaient pas censés voir ? Quelques années plus tard, Hedy, jeune fille rebelle, questionne avec courage le passé familial, à la recherche de ce qui s’est réellement passé derrière les portes fermées du secret militaire. Le voyage de Hedy la conduit sur les traces de son frère jumeau, décédé mystérieusement. En essayant de finir ce que son frère avait commencé, Hedy découvre progressivement la vérité sur ce qui a anéanti à sa famille.

Chronique : Une première chronique a été publié par mon binôme mais ce livre a été un tel coup de cœur que je me devais de partager mon ressenti sur ce petit bijou de lecture.

Pourtant on ne partait pas très bien lui et moi, le titre me parressait commun et pas vraiment attractif. De plus si l’auteure possède une plume agréable et fluide il faut reconnaître qu’il ne se passe pas grand chose durant les deux cents premières pages. Cette longue introduction permet de faire connaissance avec des personnages éblouissant de justesse. Le personnage principal, Hedy, porte le récit sur ses épaules solides, et heureusement pour elle vu les épreuves qu’il l’attende.

Lorsque survient la première des nombreuses tragédies qui va frapper la famille d’Hedy, le rythme s’emballe et l’émotion ne vas plus quitter les pages du récit.

Le récit devient alors ce que je nomme un livre-destin. L’intrigue se recentre sur Hedy, on suit ce petit bout de femme supporter les épreuves que lui impose la vie et se métamorphoser en adulte qui va devoir faire face à son passé dans l’espoir de faire la paix avec elle-même.

Les scènes déchirantes s’enchaînent, notamment une discussion à cœur ouvert avec son oncle qui m’a mis ému aux larmes, sans que jamais l’auteure ne verse dans le mélo. Les années défilent et Hedy se révèle toujours aussi troublante d’émotions et courageuse, épaulée par une galerie de personnages secondaires tout aussi émouvant, Ms Rose par exemple, et finement décrit, Scott en autres.

Alors que le ciel d’Hedy se dégage enfin et que son chemin s’éclaire de réponse si longtemps désirée on pourrait regretter qu’elle n’est pas l’occasion de se confronter au responsable de ses malheurs mais ce serait oublier que la vie ne nous offre que rarement l’occasion de régler nos comptes avec les gens qui nous ont blessés.

Un bijou d’émotions qui restera longtemps dans mon cœur de lecteur.

Note : 9/10

Éditeur Marabout
Date de publication 29 janvier 2020
Langue Français
Longueur du livre 288
ISBN-10 2501138457