Living with yourself saison 1

Un homme blessé par la vie se soumet à un traitement expérimental pour tenter de trouver la clé du bonheur. Mais est-ce vraiment si simple ?

Avec une star de l’écurie Marvel studio en tête d’affiche, on pouvait espérer beaucoup de cette nouvelle série Netflix. Hors sans être un échec total elle est loin d’atteindre ses objectifs.

Paul Rudd s’en sort à merveille dans ce rôle de loser dépassé par sa vie. Il nous offre les moments les plus drôles de la série. Sa relation avec sa femme, interprété par Aisling Bea, est touchante.

Quand tu retrouves la magie dans ton couple

Le problème c’est que, sortie de son postulat de base, la série ne sait pas quoi faire de son concept et se contente de faire du surplace pendant 8 épisodes.

Les créateurs tentent d’enchaîner les situations comiques sans que jamais cela ne prenne vraiment, la faute à un manque d’ambition et à un scénario loin d’être palpitant comme le montre la scène de la réunion publique sur l’antenne relais hillstone d’un ennui abyssal.

Au milieu de ces scènes manquant d’enjeux, surnagent quelques bonnes idées comme les scènes avec les propriétaires de la boutique ou encore cet hilarant interrogatoire dans les locaux d’une parodie du FBI, enfin dans une partie très particulière de leurs locaux.

Je ne suis pas tout seul mais je me soigne

Mais au delà de ces éclairs de génie la série reste assez pauvre dans sa proposition d’humour et ne sait clairement pas quoi faire de son sujet. C’est d’autant plus dommage qu’il y avait un véritable potentiel.

Note : 6/10

Depuis 2019 / 27min / Comédie
De Timothy Greenberg
Avec Paul Rudd, Aisling Bea, Desmin Borges
Nationalité U.S.A.

Steve Cavanagh, Treize


Eddie Flynn doit défendre un célèbre acteur accusé du meurtre de sa femme. Mais ce qui ressemble à un crime passionnel pourrait bien être l’énième meurtre d’un des tueurs en série les plus intelligents qui aient jamais existé.
Le tueur se cache parmi les jurés
Rachel et Bobby Solomon étaient le couple le plus glamour d’Hollywood. Ils avaient le monde à leurs pieds. Mais Rachel est morte, l’arrière du crâne fracassé, et Robert se tient aujourd’hui dans le box des accusés.
C’est le procès médiatique du siècle et la défense exige qu’Eddie Flynn se charge du dossier. Tout indique de Robert est coupable et pourtant. Dès le début du procès, une série d’événements inquiétants fait germer le doute dans l’esprit de l’ancien escroc reconverti au barreau.
Et si Robert Solomon n’était pas le seul acteur de ce procès ? Le tueur peut-il assister à l’audience ? Pire, se peut-il qu’il fasse partie du jury ?

Tout bon blockbuster se doit d’offrir à ses lecteurs un spectacle haut en couleur, une intrigue pleine de rebondissements et des personnages crédibles. Le moins que l’on puisse dire c’est que Steve Cavanagh maîtrise les différents ingrédients qui font un page-turner.

Dans ce troisième volume des aventures d’Eddy Flynn, l’auteur peaufine son sens du rythme. Chaque chapitre alterne avec le point de vue des deux personnages principaux, telle la pièce avec laquelle le meurtrier joue avec la vie de ses victimes. Deux esprits antagonistes qui vont se livrer un duel à mort. Cette alternance pourrait faire craindre le pire puisque l’auteur prend le risque de divulguer l’identité du meurtrier mais il n’en ait rien tant l’auteur maîtrise son intrigue à la perfection et les fameux twist qui, en fin d’ouvrage se multiplient sans que le récit ne perde sa cohérence.

L’intrigue se situe à mi-chemin entre le thriller de sérail-killer et le polar juridique. L’équilibre entre les deux est maintenu par une narration constamment sur le fil du rasoir.

Le personnage d’Eddy Flynn est un savant mélange entre Jack Reacher de Lee Child et Mickey Haller, personnage d’un autre grand nom du polar Michael Connelly. Avoir fait de lui un outsider épris de justice, que pas grand monde ne prend au sérieux, permet de s’identifier facilement à lui. On navigue à vue avec lui parmi les requins qui rôdent dans les couloirs des tribunaux.

Le rythme nerveux imposé par la narration empêche cependant qu’une véritable atmosphère se dégage du récit. À aucun moment on a l’impression d’être dans un tribunal à New York mais cela reste un défaut mineur tant on est happé par l’intrigue.

Note : 9 /10

Éditeur Bragelonne
Date de publication 17 octobre 2018
Langue Français
Longueur du livre 432
ISBN-13 979-1028104559

The sinner saison 2

Dans la grande famille des séries télévisés policières il en est une qui est en train de se tailler une place à part. Il s’agit de the sinner créé par Derek Simonds et adapté du roman de Petra Hammesfahr.

La première saison offrait une enquête ciselée où les révélations s’enchainaient toutes plus glaçantes les unes que les autres.

Cette deuxième saison applique la même recette sans rien changé à son style narratif ni à son ambiance mais il y a un tel travail sur l’écriture des personnages et l’intrigue que cela importe peu.

On retrouve donc le lieutenant Ambrose, personnage hautement empathique à travers lequel va nous parvenir toute la souffrance et la détresse des victimes de cette nouvelle affaire. Personnage énigmatique portant sa part de traumatisme qui va se révéler petit à petit. Ambrose est le digne héritier de ces enquêteurs insatiables dotés d’une vision qui leur permet de voir au-delà des apparences, un don qui l’oblige souvent à dépasser le cadre de ses attributions afin de faire toute la lumière sur les crimes.

Ambrose n’est que l’un des nombreux personnages finement écrits qui se débattent avec leurs démons intérieurs. On peut citer Heater, la flic locale noire et homosexuelle, pétris de remords et de regrets, ou encore Vera, gourou manipulatrice, qui voit son univers s’écrouler au fur et à mesure que l’enquête se poursuit.

Certains pourront reprocher à la série de prendre son temps pour dérouler son intrigue mais c’est pour mieux dégainer ses révélations dans la deuxième partie de la saison. Les quatre premiers épisodes ont la lourde charge d’introduire les différents protagonistes et les premiers éléments de l’enquête. S’il faut attendre le cinquième épisode pour que le récit prenne un autre tournant, les premiers épisodes n’ont pas à rougir de leur rythme plus posé, notamment l’épisode deux avec la scène de la perquisition de la grange par Heater.

Dotée d’une intrigue solide qui offre des moments de tension, à la limite du film d’épouvante, notamment ces fameuses séances de thérapie de groupe, et de personnages attachants, the sinner est une excellente série à côté de laquelle il serait dommage de passer.

Note 9/10

Robert Pobi Les Innocents

Son corps est une cartographie de la violence, son âme, une nébuleuse fort sombre. L’inspectrice Alexandra Hemingway n’hésite pas à prendre tous les risques. Habituée aux noirceurs les plus effroyables de l’âme humaine, elle pensait avoir tout vu. Chargée d’enquêter sur le meurtre d’un enfant retrouvé dans l’East River les pieds sectionnés, elle découvre qu’elle n’a pas connu le pire…

Parfois on passe à côté d’un auteur, d’un ouvrage sans que l’on puisse vraiment se l’expliquer. C’est ce qui m’est arrivé avec Robert Pobi, déçu par la lecture de son premier livre, l’invisible, j’avais écarté son second opus. Une erreur que j’ai depuis corrigée.

Car force est de constater que ce second ouvrage est addictif, impossible de le lâcher une fois commencé. L’enquête est mené tambour battant, les chapitres courts imposent un rythme effréné. Pobi maîtrise la recette d’un page-turner imparable et s’amuse des codes des thrillers contemporains. En effet quelle ne fut pas ma frayeur lorsque j’ai cru que Pobi avait cédé à cette pratique, bien trop répandue, de consacrer des chapitres entiers aux tueurs, évacuant ainsi tout suspens mais remplissant l’ouvrage de pages dispensables. Or après quelques pages je fus rassuré, Pobi s’était juste assuré de faire un clin d’œil à ses collègues de plume, créant ainsi le premier twist, et le plus réussi, de son récit.

Cela dit aussi astucieux soit-il son livre n’est pas exempt de défauts.

Tout d’abord on peut louer les efforts pour donner de la profondeur au personnage d’Alexandra Hemingway mais cela reste trop superficiel pour être vraiment concluant. L’enquétrice hargneuse et déterminée a du mal à s’extirper du cliché du personnage féminin badass et à acquérir une vraie profondeur.

Ensuite il est regrettable que malgré son rythme soutenu, l’auteur ne parvienne pas à instauré un véritable climax final. La faute à une fin précipité et un assassin manquant de charisme.

Malgré ces petits écueils les innocents rempli parfaitement son rôle de thriller distrayant. À voir maintenant si l’auteur sera capable de confirmer son talent dans un futur ouvrage.

Note : 7/10

Éditeur Points
Date de publication 3 novembre 2016
Langue Français
Longueur du livre 480
ISBN-10 2757841963

Laisse le monde tomber de Jacques-olivier Bosco | 31 octobre 2019

Des âmes perdues, en colères qui n’ont plus que la haine comme point de repère… Des flics désabusés, en bout de course. Des jeunes en colère, prêts à tout pour de l’argent facile.Des tueurs de flics qui ont soif de meurtres. Un homme en quête de vengeance.
Des ingrédients explosifs pour un roman qui vous tient en haleine de la première à la dernière page !

Achat du livre https://amzn.to/33ASUao

Chronique : Il vaut mieux toujours savoir dans quelle lecture on s’aventure avant de commencer un nouveau livre, ça évite les déceptions et autres frustrations. Mais parfois même en étant averti cela ne suffit pas, toutes les quatrièmes de couverture ne suffisent pas à protéger des rafales que tirent certains auteurs.
Et des rafales Jacques-Olivier Bosco en mitraille tout son livre. Des tirs précis qui atteignent directement au ventre et au cœur empêchant le lecteur de décrocher le regard des lignes incisif qu’il trace de sa plume. On a beau connaître l’œuvre de cet auteur, la misère qu’il étale tout au long du récit tétanisé et rappelle ce que l’on voudrait trop souvent oublier, à savoir que le monde décrit dans ces pages existe réellement.
Chaque chapitre est un parpaing lancé à la figure du lecteur qui, sous le choc, prend en pleine face cette banlieue sordide, désœuvrée, en proie à la misère et aux désillusions. Avec pour titre seulement bat, pour bâtiment, puis les lettres de l’alphabet les chapitres s’alignent telle une cité Hlm anonyme pour nous présenter les tranches de vie de ces occupants, aussi bien les rares anciens reclus dans leurs haines ne rance que les jeunes bouillonnant de rage. Sans oublier ces flics désemparés face à cette tragédie qui se répètent jour après jour et qui les entraînent petit à petit dans un gouffre de rancœur et d’addictions.
Cette plongée dans les tréfonds d’une société qui ignore cette guerre sans nom pourrait être déprimante au point d’en abandonner la lecture s’il n’y avait pas cette hargne, cette rage de justice qui anime ces deux flics, Jef et Hélène, alias la trique.
Portrait poignant de deux flics au bord de la dépression. On suit leur course désespéré pour amener un peu de lumière à ce monde de plus en plus sombre. En cela une tirade d’Hélène nous rappelle que la banlieue ce n’est pas que le trafic de drogue et la délinquance mais aussi des travailleurs matinaux, des familles soudées et des étudiants qui veulent s’en sortir. À ce portrait d’une France trop facilement ignorée vient se greffer une enquête sur fonds d’agressions barbares qui laisse un sentiment mitigé. Glaçante de par sa nature l’enquête tire à blanche car trop saugrenue et improbable pour vraiment captiver. Sans parler de la bande de braqueurs qui malgré la menace qu’ils font peser sur les personnages agissent plus comme des pièces rapportées que comme de véritables éléments du récit. Malgré ces défauts, l’intrigue suit son cours portés par des personnages à bout de nerfs mais déterminés à ne pas laisser les crimes impunis ni a n’abandonner leurs humanités. La lecture reste saisissante et marquera longtemps le lecteur une fois la dernière page tournée.

Note : 9 /10

 

  • Broché : 372 pages
  • Editeur : French Pulp éditions (31 octobre 2019)
  • Collection : Polar
  • Langue : Français
  • ISBN-13 : 979-1025106525

 

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L’affaire Lord Spenser de Flynn Berry

Claire est médecin et mène à Londres une vie apparemment sans histoires. Enfant, elle a pourtant eu à subir un événement traumatisant : tandis qu’elle dormait à l’étage de la propriété familiale, sa nounou a été assassinée et sa mère a échappé de justesse à l’agresseur. Le meurtrier présumé serait le père de Claire, un membre de l’aristocratie britannique, disparu sans laisser de traces.

Chronique : À travers le récit de Claire l’auteure Flynn Berry nous offre un aperçu du mental d’une femme prête à tout pour découvrir la vérité.

Le récit est très introspectif, on suit Claire dans sa vie de jeune célibataire marqué par la tragédie. Cette nuit fatidique a laissé une empreinte traumatisante dont les victimes survivantes ont bien du mal à se remettre. Claire nourrit une obsession pour ce père fugitif et les nombreuses questions sans réponses l’empêchent de bâtir une vie équilibrée.

On ressent un certain malaise à voir cette jeune femme consacrée tous ses efforts à la poursuite de son nemesis paternel dans l’espoir d’apaiser enfin ses interrogations sans fin. Si l’on ne peut qu’admirer la détermination dont elle fait preuve il faut reconnaître que son obsession a tendance à la rendre quelque peu antipathique. Claire est un personnage froid que seul sa tendre relation avec son frère éclaire en de trop rare occasion .

Quelques chapitres flash back nous narrent l’idylle entre Faye, la mère, et Colin dans une ambiance feutrée typiquement anglaise. Cela aurait été l’occasion de développer le personnage du père, plus complexe qu’il n’y paraît, mais ces chapitres consacrés au passé disparaissent de manière abrupte et laissent un goût d’inachevé à l’ouvrage.

Au final oubliez les réflexions sur les violences domestiques et la lutte des classes promises en quatrième de couverture par l’éditeur, ce roman est avant tout une plongée dans la psyché d’une femme en quête de réponse, de justice, de liberté et de vengeance.

Note : 8 /10

Lien achat du livre : https://amzn.to/32cyFzK

Éditeur Presses de la Cité
Date de publication 10 octobre 2019
Langue Français
Longueur du livre 276
ISBN-10 2258151473

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Série TV Netflix : Big Mouth saison 3

Bonjour mes chers élèves. Tout le monde est là . Parfait. Que tout le monde s’assied à sa place le cours va commencer. Léo et Hubert-Maurice vous ne commencez pas à discuter sinon ça va finir en heure de colle.
Le cours d’aujourd’hui aura pour thème l’une des séries animées les plus inventives et loufoques qui vient de faire son retour sur Netflix pour une saison 3 des plus réjouissantes, j’ai nommé bigmouth.

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Quelqu’un peut me rappeler de quoi parle cette série .
De sexe ? Merci Alphonse tu aurais pu lever le doigt mais pour une fois que tu participes… Alors oui mais non pas uniquement. Durant la saison un et deux lum série s’est surtout attaché à explorer les effets de la puberté sûre de jeunes adolescents. Tout d’abord sur les changements physiques que l’on subit tous à cet âge-là, les auteurs abordent donc tous les petits moments gênants de cette période aux combien charnières, les poils qui poussent, la voix qui mue, j’en passe et des meilleures. Et comme un changement ne vient jamais seul l’esprit et le caractère changent aussi bien souvent à cette période grâce à une montée d’hormones parfois incontrôlable.
Et comment la série est-elle parvenue à incarner cette révolution qui arrive sans crier gare ? Oui Églantine ? Tu disais . Les hormones monsters oui c’est bien ça. Génie monstrueux qui apparaît alors que personne ne les invoquer, les hormones monsters se présentent comme des guides chargés de mener l’adolescent qu’ils accompagnent, ou hantent selon le point de vue, à travers les méandres de la puberté. Sauf que comme leur nom l’indique ce sont des concentrés d’hormones rarement capables de prendre les bonnes décisions.
Et c’est là tout le génie de la série, et son humour aussi, quelqu’un peut-il m’expliquer pourquoi ? Oui Gontrand ? Car cela crée une dichotomie entre le réel et la vision du téléspectateur tout en créant un sentiment de détachement qui permet à la série de tout oser ?

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On s’en souviendra que tu as sauté une classe mais l’idée est là oui les hormones monster agissent comme ces petits diables que l’on représente juchés sur notre épaule lorsque l’on s’apprête à commettre un acte répréhensible. Car tout le monde sait qu’il n’y a pas de petit diable au final, celui qui prend la mauvaise décision c’est nous-mêmes. Ainsi en regardant Andrew, Nick ou Jessie suivre les conseils de leurs hormones monster on se revoit à leurs âges prendre les mêmes mauvaises décisions et se retrouver dans les mêmes situations gênantes.La saison trois délaisse quelque peu les affres de la puberté pour abordé de plain-pied la question des relations sentimentales et de l’attirance sexuelle. Vaste sujet qui nécessite que les créateurs Nick Groll et Andrew Goldberg… Oui Zabrina ? Oui effectivement ce sont les mêmes prénoms que les deux personnages principaux, c’est bien tu suis. Que les créateurs donc, disais-je, élargissent leurs caméras afin de laisser plus de place aux personnages secondaires. La série adopte un aspect choral parfaitement dosé où nos petites bombes à hormones peuvent s’exprimer vulgairement et de manière maladroite mais tellement touchante.

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Puisque la série se veut pédagogique depuis ses débuts, les sujets de société qui animent les débats actuellement ont aussi droit à un traitement. On aura donc un épisode sur le sexisme scolaire et sur le harcèlement. Alors oui ça manque parfois de subtilité mais les auteurs ont le mérite de montrer un large panel de réactions et d’avis sur ces questions sans jamais porté de jugement sur les choix que font les jeunes personnages de la série. Ce qui est déjà une réussite.Il y aurait tant et tant à dire sur cette série, sur ses dialogues savoureux, sur les fantômes de la pop qui hantent le grenier de Nick, sur la relation parents-enfants et bien d’autre chose encore mais la fin de la cour approche et je j’entends déjà les chaises racler le sol au fond alors pour finir je vous dirais de foncer regardé cette si ce n’est pas encore fait et d’avaler les trente épisodes plus l’épisode saint Valentin… quoi Leo ? Je peux savoir pourquoi tu rigoles .

Depuis 2016 / 27min / Comédie, Animation
De Nick Kroll, Mark Levin, Andrew Goldberg
Avec John Mulaney, Nick Kroll, Maya Rudolph
Nationalité U.S.A.

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Comment élever un super-héros saison 1

Après la perte des droits des séries Marvel Netflix se devait de rebondir et de proposer une nouvelle série pour les amateurs du genre. Cependant cette nouvelle licence tient-elle ses promesses ?

Comment élever un super-héros, ou raising Dion en version originale, est adapté d’un comics de Dennis Liu et Jason Piberberg publié en 2015. Deux ans plus tard Netflix commande une adaptation avec la participation de l’auteur en tant que producteur et réalisateur, il réalisera l’épisode 6 de la saison.

Avec un titre pareil on pourrait s’attendre à ce que la relation mère-fils soit au cœur de l’intrigue mais le manque d’alchimie entre les deux acteurs et l’aspect trop lisse de l’ensemble du show n’aide pas vraiment à ressentir de l’empathie pour cette famille.

La prestation du jeune Ja’Siah Young manque de conviction, il faut reconnaître que l’écriture de son personnage ne l’aide pas à révélé tout son talent. Durant les 9 épisodes il nous est présenté comme un gamin capricieux, qui n’a pas vraiment l’air de souffrir de l’absence de son père. Écrire le personnage d’un enfant n’est jamais facile, surtout lorsqu’il s’agit du personnage principal, mais cela n’excuse pas tout.

Alisha wainwright, dans le rôle de la mère courage, s’en sort mieux mais cela ne suffit pas à élever le niveau de la série. À part un dialogue où elle tente d’expliquer à Dion le concept de racisme elle n’a pas assez d’échange profond avec lui pour créer véritablement un lien. C’est bien simple on la voit plus souvent se débattre avec son patron exigeant et flirter avec un collègue que participer à l’éducation de son fils.

Le reste du scénario se déroule mollement sans originalité tout au long des épisodes. L’intrigue s’accélère dans les trois derniers épisodes, avec son lot d’incohérences et de facilité scenaristiques, mais n’offre rien d’autre qu’un résucé de la série heroes, qui n’est pas non plus un chef-d’œuvre.

Ce n’est pas avec cette série que Netflix va pouvoir muscler son catalogue super héroïque. Le propos paraît bien trop lisse et pas suffisamment approfondi pour être convaincant.

Note: 5/10

Titre original : Raising Dion
De Carol Barbee
Avec Alisha Wainwright, Ja’Siah Young, Jazmyn Simon
Nationalité U.S.A.

À l’ombre du pouvoir de Neely Tucker

Lorsque Billy Ellison, le fils de la famille afro-américaine la plus influente de Washington D.C., est retrouvé mort dans le fleuve Potomac près d’un refuge de drogués, le reporter chevronné Sully Carter comprend qu’il est temps de poser les vraies questions, peu importent les conséquences. D’autant plus qu’on fait pression sur lui pour qu’il abandonne son enquête et que la police n’a aucune piste. Carter va découvrir que la portée de l’affaire dépasse le simple meurtre de Billy et semble concerner les hautes sphères de la société de Washington. Ancien alcoolique toujours hanté par ses années passées en Bosnie comme correspondant de guerre, Carter doit trouver un dangereux équilibre entre deux extrêmes – les quartiers pauvres et violents de la ville, et les sommets du pouvoir – alors que certains sont prêts à tout pour l’empêcher de découvrir la scandaleuse vérité. Après le succès de La voie des morts, Neely Tucker confirme ici son talent pour les personnages authentiques et des intrigues complexes abordant les thèmes du racisme, de la fortune et de la corruption.

Il n’existe que peu d’auteurs capable de vous tisser une sombre histoire de meurtre tout en vous embarquant pour un voyage dans la capitale du crime et vous faire arpenter les rues de Washington comme s’y vous y étiez.

Évacuons tout d’abord le problème du titre du roman en francais. C’est peu dire que l’éditeur n’a pas fait preuve d’une grande imagination en choisissant ce titre qui fait espéré au lecteur une intrigue politique tortueuse, pleine de rebondissements tel que l’on peut en lire chez James Patterson ou Robert Harris. En vérité l’aspect politique dans cette enquête du reporter grande gueule Sully Carter reste en arrière plan. Le but de l’auteur est de nous faire découvrir sa vision de Washington, ce qu’il a retranscrit dans le titre original du livre, c’est à dire Murder D. C., qui paraît plus fidèle à l’intrigue développé par l’auteur que le titre français qui, en plus d’être trompeur, ne brille pas par son originalité.

Passons sur les errances de l’édition française et attaquons nous au livre en lui même.

Neely Tucker fait partie de ces auteurs qui aime planter leur décor dans une ville et la rendre plus glauque qu’elle ne l’ait réellement. En effet comme il le précise à la fin de son ouvrage, il s’est permis de prendre quelques libertés avec l’histoire et la géographie de la ville. Il n’en reste pas moins que la Washington qu’il nous décrit nous fait l’effet d’être une grande dame malade. Par les mots de son héros torturé et alcoolique, c’est toute la crasse et la misère qui nous est décrite. Washington nous est présenté sous un jour peu fameux, l’auteur s’amuse à en faire une cité sombre, glauque, où les quartiers mal famé côtoie les riches demeures centenaires.

Mais l’auteur ne s’arrête pas là car il confronte aussi la ville à son passé de ville esclavagiste dans un pays où la question du racisme reste épineuse. L’histoire révoltante de la traite des noirs nous est distillé à travers des anecdotes qui font froid dans le dos. Aussi terrible soit-il ce rappel d’un passé peu glorieux donne de l’épaisseur à l’enquête déjà solide de Sully Carter. Ajoutez à ces éléments un personnage bien campé, convaincant autant dans sa soif de justice que dans ces failles, et vous obtenez un polar haletant à l’ambiance parfaitement sordide.

Note : 9/10

Éditeur Gallimard
Date de publication 14 septembre 2017
Longueur du livre 368
ISBN-10 2070106659

Nous sommes Bob, T1 : Nous sommes Légion (Nous sommes Bob)

Bob Johansson vient de vendre son entreprise d’informatique et a hâte de pouvoir enfin profiter de la vie. Tant de lieux à visiter, de livres à lire et de films à voir… Il est donc un peu injuste qu’il se fasse écraser en traversant la rue.

Lorsque Bob revient à lui, un siècle plus tard, c’est pour découvrir que les « congelés » n’ont aucun droit, et qu’il appartient désormais au gouvernement. Téléchargé dans un ordinateur, il est pressenti pour devenir l’IA aux commandes d’une sonde interstellaire destinée à la recherche de planètes habitables. Les enjeux sont considérables. S’il refuse cet honneur, on l’éteindra, et un autre prendra sa place. S’il accepte, il deviendra une cible de choix. Au moins trois autres puissances tentent d’être les premières à envoyer leur sonde, et tous les coups sont permis. Pour Bob, l’endroit le plus sûr, c’est dans l’espace, le plus loin possible de la Terre. C’est du moins ce qu’il croit. Parce que l’univers regorge de mauvaises surprises, et les intrus sont mal vus. Très mal vus…

Tout genre littéraire à tendance à créer ses propres codes, ses stéréotypes, ses mécaniques bien huilé qui peuvent tout aussi bien être des refuges sécurisants pour les auteurs que des carcans dont il est difficile de s’extraire.

C’est pour cela ce présent ouvrage a agi tel une rafale d’air frais chargé d’originalité sur l’ensemble de la science fiction littéraire.

Nous sommes Bob est originale à plus d’un titre, il est quand même rare que l’histoire commence avec la mort du personnage principal. Je ne gache rien c’est dans les vingts premières pages. Le tour de force de l’auteur est de nous faire suivre les pérégrinations d’une IA. Comprenez un personnage qui n’a rien d’humain, à part l’intelligence, mais qui en outre ne va rien faire de physique. Bob ne marche pas, ne cours pas, et n’aura que très peu d’échanges avec des êtres humains. On est donc dans un récit qui se démarque du reste de la production littéraire de manière générale.

N’en croyez pas que, pour autant, le récit est ennuyeux. Bob sait faire preuve de beaucoup d’humour malgré sa situation et malgré le peu de moyen qui lui est alloué pour remplir sa mission il sait faire preuve d’ingéniosité et se révèle plein de ressource.

Ressource dont sait aussi faire preuve l’auteur dans sa narration. Là où on aurait pu craindre un long monologue entre bob durant son errance interstellaire, il parvient à mettre en place tout une mosaïque de protagonistes alliant trait d’esprit et référence culturelle.

La problématique de ce premier tome, qui constitura à terme une trilogie, est simple ; bob fait face à un problème et doit mettre en œuvre toutes ses ressources pour le résoudre. La fin de ce volume laisse présager une évolution des enjeux. À voir si l’auteur confirme son coup de maître avec le deuxième volume des aventures de bob

Note : 9/10

Éditeur Bragelonne
Date de publication 20 juin 2018
Langue Français
Dimensions du produit (L x l x h) 14.3 x 2.5 x 21.2 cm
Longueur du livre 380
ISBN-13 979-1028109257