Atypical saison 3

S’il y a bien un genre de série dans lequel Netflix excelle c’est bien les feel-good séries,ou dramedie si vous appréciez les néologismes, c’est à dire celles qui vous mettent du baume aux cœur et le sourire au lèvres. Ou pour reprendre une célèbre humoriste, vous mettent des paillettes dans les yeux.

Faciles à produire, ces séries pullulent sur la plate-forme, Grace et Frankie, dead to me, la méthode kominsky et bien d’autres encore mais atypical conserve ma préférence. Certes cette troisième saison ne révolutionne rien mais la formule est rodée et se montre toujours aussi efficace.

Pas de plan de caméra renversant, pas de narration alambiqué à coups de flash-back, dans ce genre de série tout repose sur les dialogues et les acteurs. De ce côté là la série a fait ces preuves. Les acteurs sont toujours aussi impeccables, on aurait apprécié d’avoir un peu plus de nouvelles têtes même si l’arrivée de Sara Gilbert et Éric Mccormack égaillent encore plus la série.

Sara Gilbert vu dans the big bang theory

La série ronronne gentiment durant les quatre premiers épisodes puis vient le dîner organiser par Paige, véritable ressort comique de la saison, et nous offre alors une scène de groupe délicieuse. C’est là que le show révèle toute sa saveur; dans l’alchimie entre ses jeunes acteurs.

Pendant ce temps-là les deux parents, interprétés par Jennifer Jason Leigh et Michael Rapaport, jouent à je t’aime moi non plus sans que cela ne soit lassant. Là encore l’alchimie entre les deux acteurs fonctionne à merveille et une scène de coiffure dans la cuisine suffit à le mettre en évidence.

Une relation frère sœur toujours aussi bien mené

Une série qui n’apporte rien d’original mais delivre son lot de bonne humeur et de bons sentiments sans tomber dans la niaiserie. Et franchement en ces temps de grisaille, de pluie et d’orage que pourrait on demander de plus ?

Ne répondez « une raclette !!! » la raclette est hors-concours.

Note: 8/10

Depuis 2017 / 30min / Comédie, Drame
Nationalité U.S.A.

Forçats de Bedouel et Perna (6 novembre 2019)

Résumé : Eugène Dieudonné lutte pour sa liberté. Albert Londres contre l’injustice. Ensemble, ils vont changer l’histoire du bagne.

Chronique : La sortie en intégrale de cette œuvre magistrale est l’occasion pour tous ceux qui l’avaient loupé, comme moi, de rattraper leur retard.

Forçats revient non pas sur une mais bien sur deux pages noires de l’histoire française, à savoir le procès à charge d’Eugène Dieudonné et le bagne de Cayenne.

Les dialogues ciselés ramènent à la surface un passé que beaucoup voudraient oublier. Le langage soutenu qu’emploie Eugène Dieudonné pour raconter son calvaire éclaire d’une lumière crue le sort des bagnards.

Si j’ai été déçu au départ que les auteurs ne se penchent pas plus sur l’errance de Dieudonné dans la jungle ou sur son séjour au Brésil, j’ai fini par comprendre que le but n’était pas de livrer un parcours exhaustif de la vie de cet homme courageux mais de donner un aperçu de sa vie, de son combat.

L’absence de colorisation n’est pas anodine. La balance entre les blancs et ses grands aplats de noirs nous rappelle qu’aussi sombre et sordide qu’elle a été, cette histoire est aussi celle d’un homme qui ne s’est jamais avoué vaincu.

Soulignons les dessins élégants et les traits expressifs qui renforcent l’attrait de cette œuvre qui représente un véritable devoir de mémoire.

Enfin il est à noter le magnifique travail des éditions Les arènes sur cette intégrale. Avec son papier glacé et sa couverture rigide d’un noir ténébreux, elle est l’écrin parfait pour ce qui est plus qu’une simple BD.

Note: 10/10

Éditeur Les Arènes

Date de publication 6 novembre 2019

Langue Français

Longueur du livre 116
ISBN-10 271120183X

Le second disciple de Kenan Görgün (6 novembre)

Résumé : Xavier Brulein, ancien militaire de retour du Moyen-Orient, est écroué après une rixe sanglante dans un bar. En prison, il rencontre Abu Brahim, prédicateur islamiste, l’un des cerveaux du terrible « attentat de la Grand-Place ». Seul membre de son réseau capturé, Brahim est convaincu d’avoir été sacrifié.
Converti avant sa remise en liberté, Xavier devient Abu Kassem. Il infiltre une cellule terroriste pour démasquer ceux qui ont trahi Brahim, devenant l’instrument de sa vengeance, un homme machine que rien ne saurait faire dévier de sa mission : « En comparaison, le 11-Septembre sera l’enfance de l’art. »

Chronique :Tout commence par la description d’une zone industrielle que l’on croirait tout droit sortie d’un conte apocalyptique avant d’enchaîner sur l’enfance chaotique de Xavier, l’anti-héros de cette histoire.

En une trentaine de pages l’auteur met une claque à toute la production littéraire française. Il dégaine une idée par paragraphe, son style est à la fois visuel, frénétique, métaphorique, cynique, humaniste et j’en passe.

Si l’auteur se contentait de son style riche et puissant mais non il faut en plus qu’il brosse le portrait saisissant de deux hommes qui n’ont plus rien à perdre. Pour éviter de nous perdre dans ce duo tragique l’auteur pratique une narration double. On a presque l’impression d’avoir une autre plume tant les deux récits diffèrent dans leur style. Cependant ils se rejoignent tellement sur d’autres points que ce n’est guère gênant.

On a donc xavier d’un côté, gamin sans repères, soldat sans histoire, assassin. Un homme brisé par la vie et qui voit dans la religion un ultime recours, un dernier refuge. Les chapitres qui lui sont consacrés sont de vrais dialogues intérieurs dans lesquels les mots filent à la vitesse de la pensée. Ils sont parfois scandés et répétés tels des mantras. Un peu comme les lignes de code qu’alignent les machines pour parvenir à réaliser leurs objectifs. Dans ces chapitres transparaît l’urgence du personnage, l’urgence de sa mission, l’urgence de se réaliser et de réalisé quelque chose, enfin.

De l’autre côté on a Abu Brahim, gamin heureux, jeune homme en colère, terroriste. Ses chapitres sont écrits à la deuxième personne du singulier. Une pratique peu courante qui renforce l’immersion dans l’esprit de cet homme rongé par la haine et qui va voir ces convictions volés en éclats. C’est une autre urgence qui apparaît dans ces chapitres-là, l’urgence de reconquérir sa vie, l’urgence de la vengeance.

À travers les yeux de ces deux personnages, c’est un portrait de l’Occident peu reluisant qui nous est offert. Entre les lignes percutantes on devine la misère sociale, la faiblesse des politiques, l’incompréhension entre communautés, la bêtise des médias. C’est un déferlement d’idées et de concepts à chaque page.

À cela s’ajoutent des chapitres qui vont faire office d’interlude et de compte à rebours jusqu’à l’explosion finale mais pas celle à laquelle on s’attend.

Il y aurait tant et tant de plus à dire sur ce roman magistral mais il faut surtout retenir que c’est une œuvre qui va prendre les lecteurs à contre-courant, il ne s’agit pas d’un polar ni d’un récit d’espionnage mais d’une tragédie en trois actes où chaque personnage va jouer son rôle jusqu’au dénouement final.

Note : 10/10

Date de publication : 6 novembre 2019
Éditeur : Les Arènes
Langue : Français
ASIN : B07ZTMFMYV

Chambre froide (6 Novembre 2019) de David Koepp

1987. Des débris de la station spatiale Skylab tombés dans le désert australien ont libéré les spores d’un champignon génétiquement modifié hautement létal. Bilan : vingt-six morts, le corps atrocement mutilé. Les deux agents gouvernementaux et la microbiologiste dépêchés sur place arrivent trop tard pour sauver quiconque, mais ils parviennent à prélever un échantillon du fongus et à le confiner dans un complexe de stockage militaire au Kansas, dans un environnement qui devrait l’empêcher de se développer.
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Chronique: À l’heure où chaque nouvelle parution dans les librairies n’est pas seulement un livre mais aussi, bien souvent, le premier volume d’une trilogie posant les bases de tout un univers David Koepp prend le contre-pied de cette tendance avec son premier roman à l’intrigue certes simple mais malicieuse et trépidante.

Comme sa carrière est mis en avant par l’éditeur on sait déjà que l’auteur est habitué à l’écriture. Il a participé à l’élaboration de nombre de Blockbuster fameux. Il connaît parfaitement les rouages permettant d’embarquer le lecteur dans une histoire captivante.

Pourtant son style se révèle moins cinématographique que l’on pourrait s’y attendre. Si ces personnages sont bien écrits ce sont les passages consacrés à l’antagonisme principal qui retiennent l’attention. L’auteur s’amuse à personnifier ce champignon déterminé à proliférer à tout prix. Cela en devient drôle lorsqu’il compare les tentatives de prolifération aux différentes villes américaines terrifiant lorsqu’il détaille les processus chimiques à l’œuvre dans cette machine à tuer.

Ce style comico angoissant rattrape quelques soucis de narration, notamment un flash-back assez brutal au début du livre mal amené.

Le récit se dévore comme ce champignon dévore les organismes dont il prend possession, construit comme un compte à rebours à la tension grandissante. On suit le combat des personnages pour la survie de l’humanité avec délectation.

À mi-chemin entre Alien, pour l’aspect huis clos durant une partie du récit, et la nuit des morts-vivants, David Koepp nous offre une honnête série B qui vous tiendra en haleine lors de ces longues nuits automnales .

Note : 8,5/10

  • Broché : 352 pages
  • Editeur : HarperCollins (6 novembre 2019)
  • Collection : HarperCollins
  • Langue : Français
  • ISBN-13 : 979-1033904380

American son de Kenny Leon

Synopsis : Deux parents mixtes réunis dans un commissariat de police de la Floride pour chercher des réponses sur la disparition soudaine de leur fils de 18 ans, Jamal. Mais, alors que la mère de l’adolescent cherche à assembler les pièces du puzzle, elle se retrouve confrontée à de nombreux préjugés, à des perspectives qui s’entremêlent ainsi qu’à la relation tendue avec son ex-mari.

Avant d’être un film que propose Netflix sur sa plate-forme, American son est une pièce de Christopher Démons-Brown qui fit beaucoup parler d’elle lors de sa représentation à broadway. Il faut dire qu’elle offre un portrait glaçant de l’Amérique contemporaine.

Ou plutôt deux Amériques, qui se font faces d’un air mauvais, les mâchoires crispées et les poings serrés. Deux Amériques qui ne se comprennent pas et ne cherchent même plus à se comprendre. À l’image de ce jeune officier, d’une maladresse inouïe, qui en vient à demander le nom de rue de son fils à une mère dévoré par l’angoisse. Incapable de comprendre l’inquiétude grandissante de cette mère et d’instaurer un climat de confiance, il va en quelques instants aligné les poncifs racistes et accroître ainsi le malaise.

La mère, Kendra, impeccablement interprétée par Kerry Washington, que l’on a déjà pu voir dans la série scandal, assiste à l’effondrement de son univers en à peine 90 minutes. Alors que ses espoirs de retrouver son fils s’amenuisent elle ne voit pas d’autres alternatives que de se radicaliser face à des forces de l’ordre engoncé dans un discours déshumanisé qui n’offre guère d’espérance à laquelle se raccrocher.

Le constat est amer. À aucun moment les deux parties ne parviennent à s’entendre voir à s’écouter. On ressort du visionnage de ce huis-clos, au casting resserré convaincant, inquiet quant au futur d’une Amérique divisé ou la question raciale n’a jamais été aussi prégnante.

Rituels d’Ellison Cooper

Résumé : Spécialiste des neurosciences, Sayer Altair étudie pour le FBI les profils psychologiques de tueurs en série. Déroutée par une scène de crime très particulière, sa hiérarchie fait appel à elle. On vient de trouver, dans une maison abandonnée de Washington, le corps d’une jeune fille à qui l’on a injecté une drogue hallucinogène utilisée par les shamans d’Amazonie durant les cérémonies rituelles. Lorsque l’on découvre d’étranges symboles mayas sur les lieux, l’enquête se dirige vers un tueur aussi passionnant qu’insaisissable.

Chronique: Construire une intrigue qui tient la route est loin d’être une tâche aisée. L’auteur doit prêter attention à la chronologie des faits, au mobile, à la résolution de l’enquête ainsi qu’aux différents éléments qu’il souhaite faire apparaître dans son livre. C’est une entreprise si ardue que certains en oublie de se construire un style littéraire.

C’est là tout le problème d’Ellison Cooper avec son premier roman. Elle aligne au fil des paragraphes un style fonctionnel, froid et distant, empêchant toute identification à ses personnages. Ce n’est que lorsque l’enquête s’accélère, aux alentours de la page 200, que l’on parvient à mettre de côté ce problème d’écriture pour s’intéresser de près à l’histoire.

Son personnage de Sayer Altair s’approche dangereusement du cliché du l’enquêtrice badass, comme aiment à les écrire les auteurs de thrillers contemporains, sans pourtant y parvenir tout à fait à cause du style terne évoqué plus haut. Paradoxalement c’est ce qui sauve le personnage tant ce cliché est usé. Seul les personnages de la grand-mère et du voisin charitable viennent égayé les chapitres. Pas assez souvent toutefois pour relever le niveau.

Reste une intrigue suffisamment haletante pour les amateurs de thrillers et de série télé, on a d’ailleurs l’impression d’assister à un épisode d’esprits criminels, plombé par un final qui arrive comme un cheveu sur la soupe, bourré d’incohérences et trop invraisemblable pour être crédible. Un final qui gâche la seule force du livre, à savoir son intrigue mené tambour battant.

Espérons que l’auteur aura su développer son style et ses conclusions pour le deuxième volume des enquêtes de son héroïne

Note : 6 /10

Éditeur Cherche Midi
Date de publication 4 octobre 2018
Langue Français
Longueur du livre 432
ISBN-10 2749157684

L’Incroyable histoire de la littérature française de Catherine Mory et Philippe Bercovici | 6 novembre 2019

Quatrième de couverture : Savez-vous que Hugo faisait tourner les tables ? Que Balzac a pensé devenir cultivateur d’ananas ? Que Voltaire appelait ses contes des « couillonnades » ? Que Pascal a inventé la première calculette ? Que Baudelaire se teignait les cheveux en vert ? Ou que La Fontaine a écrit des contes grivois ?

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Chronique : Monuments de la littérature. Voilà un titre informel, souvent délivré longtemps après la mort d’un auteur, qui sacralise et dépouille de son humanité les quelques élus qui s’en voient parés. Des siècles plus tard ces monuments se retrouvent érigés en programme imposé par l’Education Nationale achevant ainsi de transformer ces riches oasis de la littérature française en désert aride, synonyme d’ennui et de rêveries pour des millions d’écoliers.

Pourtant avant d’être élevés sur un piédestal, tout auteur est un homme, ou une femme, dans toute sa grandeur et sa bassesse, en proie aux passions du cœur et des corps, souvent emporté dans le grand fleuve de l’Histoire.

Il s’agit donc de désacraliser ces grandes plumes afin de les rendre plus humain. C’est à cette lourde tâche que se sont attelés Catherine Mory et Philippe Bercovici.

L’entreprise est une réussite. De manière simple la profeseur de français parvient à nous enthousiasmer pour ces récits de vie. À l’aide d’une double narration qui instruit autant qu’elle amuse. Les cases du haut sont réservées à la biographie des auteurs ou aux événements historiques tandis que les bulles de dialogue dispensent de l’humour parfaitement dosé et permettent de remettre en situation les grands, et petits, moments de la vie de ces grands noms de la littérature. Quelques anecdotes hautes en couleurs viennent parfois compléter l’ensemble. Le tout forme un banquet conséquent au vue de la période parcouru, cinq siècles tout de même, mais reste digeste tant chaque page est distrayante et pédagogique.

Le trait caricatural de Bercovici se prête à merveille à ce projet. Grâce à son trait de crayon irrévérencieux il redonne vie et stature humaine à des grands noms tels que Victor Hugo, Émile Zola ou Albert Camus.

Dense, passionnant d’une époque à l’autre, souvent drôle, cet ouvrage pourrait peut-être plus se voir comme une boîte de chocolats dans laquelle le lecteur est invité à piocher à sa guise pour découvrir à chaque bouché de nouvelle saveurs.

Note : 10/10

Extrait :

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  • Album : 284 pages
  • Editeur : Les Arènes (6 novembre 2019)
  • Collection : AR.HORS COLLECT
  • Langue : Français
  • ISBN-13 : 979-1037500052

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L’art de courir sous la pluie de Garth Stein | 6 novembre 2019

Enzo est tout sauf un chien ordinaire. Il est persuadé qu’il sera un jour réincarné en homme.
Cette certitude, il l’a acquise en regardant un documentaire sur la Mongolie. Ce qu’il a vu de mieux a la télé – sa passion – après un grand prix de Formule 1 ou un champion brésilien a laissé éclater son génie sur une piste détrempée.

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Chronique : Il y a un moment, dans la vie de chacun, où l’on grandit, notre regard sur le monde change, où la naïveté bienheureuse de l’enfance nous quitte. Généralement lorsque l’on atteint ce palier l’on porte un regard dédaigneux sur les petits bonheurs de l’enfance, cette magie qui imprégnait tout ce que l’on regardait ou lisait s’est évaporée. On appelle cela devenir adulte mais parfois un auteur bien malin nous prend par la main, parce que au final on est toujours des enfants, et nous dévoile cette magie restée cachée, juste là sous nos yeux. Nous permettant de redécouvrir, le temps d’une lecture, la magie enfantine.
Une fois accepté le postulat de base, à savoir que le narrateur principal est un chien, nous voilà embarqué dans une course de longue haleine qui nous laissera que peu de répit à notre âme d’enfants.
Qui dit narrateur inhabituel ne dit pas narration pauvre, la plume de l’auteur est généreuse en figure de style. La métaphore filée sur les courses automobiles et la vie n’en est qu’un exemple. On a aussi des descriptions en forme d’énumérations humoristiques ou encore l’allégorie du zèbre qui revient souvent dans le récit. Un style riche qui donne de la profondeur à ce récit d’un chien débordant d’amour.
L’autre force du livre, magie suivant votre préférence, est le personnage principal qui par son regard canin parvient à nous faire voir la vie pour ce qu’elle a de plus important, la famille et l’amour que l’on leur porte. Dire que ce personnage est attachant est réducteur, il est porteur d’optimisme, de sagesse et d’une joie pure.
Un personnage empathique auquel on s’attache aux bouts de deux pages. Nous transportant tout le long de cette histoire, certes au trajet connu car sans grande surprise, mais dont le voyage est un plaisir que l’on voudrait sans fin.
Alors ils ne vous restent plus qu’à laisser votre cynisme d’adulte aux vestiaires, à enfiler votre casque et ont laissé Enzo vous conduire sur les pistes pour une excursion qui vous laissera avec un sourire d’enfant dans le cœur.

Note : 10/10

Bande annonce de l’adaptation :

Distribution : Milo Ventimiglia, Amanda Seyfried, Gary Cole, Kathy Baker, Ryan Kiera Armstrong, Martin Donovan et la voix de Kevin Costner

 

  • Broché : 304 pages
  • Editeur : Archipel (6 novembre 2019)
  • Collection : Romans
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2809827265

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Embruns de Louise Mey

Ils sont beaux, sportifs, complices. Mangent local. Achètent cher, mais pour durer. Un bon goût à toute épreuve. Monsieur et Madame Parfait et leurs enfants. Quand les Moreau prennent possession, pour le week-end, d’une belle maison bretonne, sur cette île perdue en forme de haricot, tout annonce des vacances idéales. C’était compter sans la tempête, la disparition de Marion, le sang sur le couteau… Et l’étrange collaboration des habitants, pour lesquels  » les Parisiens  » font par-dessus tout un gibier parfait…

Ah la Bretagne, son air vivifiant, sa météo instable, ses habitants solidaires, ses chasses à l’homme au clair de lune.

En trois cents pages à peine, Louise Mey parvient à établir un récit viscéral et addictif. Et ce même si l’on peut sentir venir la grande révélation de loin, tel l’horizon lors des jours de mer plate, la tension injectée tout au long du récit est suffisamment prenante pour passer outre.

Les chapitres courts et l’action resserrée dans le temps sont les outils parfaits permettant de captiver le lecteur, lui aussi prisonnier de cette île battu par les vents. Le changement de narrateur à chaque chapitre ou presque n’est pas un souci car la plume incisive de l’auteure nous introduit au plus profond de leur psyché.

Jusqu’à la grande réunion finale, où les masques tombent, où les intentions se révèlent et où les loups montrent les crocs.

On peut cependant regretter un épilogue dénué d’émotion, centré sur un personnage auquel on n’a pas pu s’attacher du fait qu’elle apparaît très tardivement dans le récit.

Note : 7/10

Éditeur fleuve noir
Date de publication 24 mai 2018
Langue Français
Dimensions du produit (L x l x h) 10.8 x 1.9 x 17.8 cm
Longueur du livre 335
ISBN-10 2266286439

Serre moi fort de Claire Favan


 » Serre-moi fort.  » Cela pourrait être un appel au secours désespéré.
Du jeune Nick, d’abord. Marqué par la disparition inexpliquée de sa sœur, il est contraint de vivre dans un foyer brisé par l’incertitude et l’absence. Obsédés par leur quête de vérité, ses parents sont sur les traces de l’Origamiste, un tueur en série qui sévit depuis des années en toute impunité.
Du lieutenant Adam Gibson, ensuite. Chargé de diriger l’enquête sur la découverte d’un effroyable charnier dans l’Alabama, il doit rendre leur identité à chacune des femmes assassinées pour espérer remonter la piste du tueur. Mais Adam prend le risque de trop, celui qui va inverser le sens de la traque. Commence alors, entre le policier et le meurtrier, un affrontement psychologique d’une rare violence…

Le livre étant séparé en trois partie, difficile de ne pas faire pareil pour la chronique.

Dans la première partie le choix d’un narrateur à la première personne renforce l’empathie envers le personnage mais ne peut empêcher le lecteur de mettre le doigt sur les premiers écueils de l’intrigue avant que l’auteur n’acheve cette première partie avec une révélation qui va anéantir tout suspens. Les choses sont claires il ne s’agit ici d’enquêter ni d’égrainer les indices ou les suspects. Le propos est ailleurs.

Et c’est fort dommage car c’est lorsqu’il s’agit de décrire une enquête classique que l’auteure s’en sort le mieux. Son personnage du lieutenant Gibson est bien planté, sa relation conflictuelle avec sa fille est crédible et apporte le surcroît d’humanité au personnage pour que l’on s’attache à lui puis tout vole en éclat dans une débauche de violence sordide qui permet de passer à la troisième et dernière partie.

Troisième partie qui est censée représenter le climax du livre. Seulement celle-ci est tellement invraisemblable et victime de longueur que le récit s’écroule et s’achève enfin sans que rien ne vienne atténuer cette sensation de gâchis.

On peut comprendre la volonté de proposer un récit original, loin du schéma crime-enquête-résolution mais encore faut-il que l’intrigue tienne la route . S’éloigner de l’archétype de l’enquêteur acharné peut être aussi une bonne idée mais fallait-il vraiment aller aussi loin dans la destruction du personnage ?

On peut aussi regretter que les personnages féminins soient si mal écris. Prenons le personnage de la mère de la jeune disparue, on nous la présente d’abord comme une mère éploré mais parvenant miraculeusement à redresser la tête avant d’en faire une marâtre ignoble et imbuvable puis de lui prêter une affection toute nouvelle pour son fils lors d’un coup de fil qui donne l’impression d’avoir affaire à une autre personne, quoi qu’il en soit jamais l’auteure ne parvient à donner une réelle épaisseur à ce personnage. Quand au personnage de l’infirmière dans la troisième partie on est en plein dans le cliché de l’infirmière idiote qui ne rêve que de mettre le grappin sur le docteur, certes c’est un personnage secondaire mais il y avait peut-être matière à le nuancer.

En refermant le livre on reste avec la désagréable arrière-pensée que L’auteure n’a au final pas grand chose d’autre à proposer qu’un enchaînement de scène macabre sans réelle profondeur.

Note 5/10

Éditeur Robert laffont
Date de publication 9 février 2017
Langue français
Longueur du livre 372
ISBN-10 2266271644